‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 179 sur 239 · B. VL 71, 103 : C. IX · texte numérisé non relu

B. VL 71, 103 : C. IX

en lumière de nos jours par Taine. Le poète lance à la poursuite des indolents, des insouciants, des empressés, qui font grand bruit et besogne nulle, un ennemi plus terrible et plus réel alors qu'aujourd'hui : la faim. Pierre se charge des gens sincères, et Faim des autres. Toute cette partie du poème n'est rien autre chose qu'une éloquente déclaration des devoirs , et c'est une des plus belles pages de cette « DÎAdne Comédie » des pauvres gens.

Langland parle comme il pense, impétueusement; il se fait en lui une sorte de dédoublement, il est la \Tictime et non le maître de sa pensée ; et sa pensée est tellement une entité à part, avec des vouloirs contredisant ses désirs, qu'elle lui apparaît dans les solitudes de Malvern, et des vers entendus depuis retiennent à la mémoire :

Je marchais un jour à pas lents, Dans un bois, sur une bruyère; Au pied d'un arbre vint s'asseoir Un jeune homme vêtu de noir Qui me ressemblait comme un frère...

« Dans une solitude sauvage » , avait dit le poète du quatorzième siècle, « sur la lisière d'un bois,... arrêté au pied d'un tiQeul contre lequel je m'appuyais,... il me sembla voir un homme de haute taille et tout pareil à moi-même. Il s'approcha et m'appela de mon vrai nom. Qui es-tu , dis-je , toi qui sais mon nom?

« — Tu le sais bien, dit-il, et personne mieux que toi.

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