‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 183 sur 239 · B. XIII · texte numérisé non relu

B. XIII

terminé, sans contours , dans les passages mystiques où il discute avec de nuageuses abstractions, autant le style devient nerveux et bref lorsqu'il retourne aux réalités , autant il est éloquent et superbe aux moments d'émotion. Dans ces derniers cas, il forgera un mot nouveau ou en pliera un ancien, au risque de le fausser, plutôt que de laisser un vide entre l'idée et l'expression ; il lui faut l'adhérence absolue, que les deux ne fassent qu'un. Si les marchands étaient honnêtes ils ne « charpenteraient pas si haut * » (ils ne se construiraient pas de si belles maisons). Ailleurs, dans les passages réalistes, les termes les plus bas.de la langue, les images grossières et appropriées au miheu se multiplient sous la plume du poète de telle manière qu'il ne saurait convenir d'en donner des exemples.

Son vocabulaire est le vocabulaire normal de la période, le même , à peu près, qiie celui de Chaucer. On a reproché à ce dernier d'avoir, en imitant le ton de la Cour, donné droit de cité , dans la langue anglaise , à ([uantité de mots français. Le reproche est injuste, car Langland , qui certainement n'imitait pas le ton de la Cour, en emploie à peu près la même quantité.

Le dialecte du visionnaire est composite et offre un mélange de formes diverses , celles qui dominent toutefois sont celles du dialecte du centre « Midland »; c'est à peu près le dialecte de Chaucer, « East Midland, » le- ([ucl, survivant aux autres, est devenu par la suite la langue anglaise définitive.

La prosodie de Langland diffère entièrement de celle de Chaucer et par là le visionnaire se rattache plus

• «c Thei Umbrede nol so hye. » A. III. 76.

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