‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 202 sur 239 · INTÉRÊT ET VALEUR DES MYSTÈRES · texte numérisé non relu

INTÉRÊT ET VALEUR DES MYSTÈRES

elles. A chaque période de la journée, elles rappelaient à tous des prières à dire ; et, même à ceux qui n'en disaient pas, elles rappelaient l'importance delà religion. Les existences étaient ainsi comme imprégnées de religion. Or toute la religion était expliquée , représentée aux yeux , rendue tangible dans les Mystères.

Les vers débités par les acteurs ne ressemblaient guère à ceux de Shakespeare ; c'étaient, la plupart du temps, des bavardages vulgaires, d'une prosodie barbare , où une allitération sans règles exactes se mariait à des rimes boiteuses; mais l'émotion était grande. Dans l'état d'âme où étaient les spectateurs d'alors, rien n'eût pu les empêcher de s'attendrir aux passages attendrissants, ni les méchants vers ni les « engins » ridicules; la cause de l'émotion était le sujet de la scène et non la manière de la représenter. Tout le passé de l'humanité était en jeu, et son avenir éternel. Aussi les acteurs étaient-ils parfois interrompus par les exclamations et les mouvements passionnés de la foule. A un drame représenté à la Comédie française il y a peu de temps, un spectateur a surpris ses voisins en s'écriant : « Mais signe donc! Est-elle bète!... » Dans le plein air de la place publique, à une époque où les mœurs étaient moins polies, bien des interjections de ce genre coupaient la représentation. Bien des apostrophes injurieuses ont dû être adressées à Eve écoutant le serpent. Et le serpent parlait (dans le drame d'Adam) un langage facile à comprendre , le langage de la vie quotidienne :

* DUBOLUS.

Je vis Adam, mais trop est fol.

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