‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 203 sur 239 · DIABOLUS · texte numérisé non relu

DIABOLUS

Il est plus dur que n'est un fer.

Mais toi , Eve , tu es un être supérieur, délicat , ravissant à voir :

Tu es faiblette et tendre chose

Et es plus fraîche que n'est rose;

Tu es plus blanche que cristal ,

Que nief (neige) qui choit sur glace en val...

Pour ce, fait bon se traire à toi;

Parler te veux.

Et pour ces compliments , pour cette folie, pensait la foule, pour cette faute de notre mère commune, nous souffrons et nous peinons , nous faisons carême , nous sommes tentés, nous sommes faibles, et s'ouvre sous nos pas cette gueule horrible de l'enfer qui peut-être un jour nous engloutira tous. Eve , détourne-toi du serpent!

Plus grande encore était l'émotion causée par le drame de la Passion , le drame du rachat , dont tous les détails étaient familiers ; et l'indignation était si forte que les bourreaux n'échappaient pas toujours aux mauvais coups.

Le moyen âge est l'âge des contrastes; il ignore la mesure. On l'a déjà vu â propos de Chaucer; les plus habiles, pour arriver à une sorte d'équilibre , compensent^ comme Chaucer, des contes du Meunier avec des histoires de Grisélidis. Quand ils veulent être tendres, les auteurs des Mystères tombent, la plupart du temps, dans ces gentillesses par trop raffinées qui décèlent l'homme^ du peuple ou le barbare. Le sens de la mesure est un fruit de la ci\dlisation ; les hommes du peuple ne l'ont pas. Ces barbouilleurs de trottoirs qu'on voit dans les

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