‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 211 sur 239 · LES SUCCESSEURS DE CHAUCER · texte numérisé non relu

LES SUCCESSEURS DE CHAUCER

Ces poètes du déclin écrivent pour une société ellemême sur son déclin, et tous marchent ensemble, bercés d'une même mélopée, vers une mort commune, d'où sortira une vie nouvelle qu'ils ne connaîtront pas. L'ancienne aristocratie féodale et cléricale se transforme, disparait, se corrompt; nombre de grandes familles s'éteignent dans les guerres de France et dans les combats furieux des Deux Roses ; le populaire profite de ce que perd l'aristocratie. Le clergé, qui reste à l'écart des luttes militaires, est déchiré lui aussi de querelles intestines; il vit dans le luxe; les abus, signalés publiquement, ne sont pas réformés; objet d'en^^e pour le prince et de mépris pour le peuple, il se trouve dans la situation la plus dangereuse, et ne fait rien pour en sortir; les avertissements ne lui manquent pas; aucune dotation nouvelle ne lui \ient plus : il sommeille. A la fin du siècle il ne lui restera plus qu'une immense et fragile demeure, posée sur le sable et qu'un ouragan pourra abattre.

Comment innoverait-on quand on versifie pour une société finissante? Les successeurs de Chaucer n'inno-

ture, el à Musset, celui de la Quenouille de Barberiiie. — Sur les romans de chevalerie, y: o\r supra, p. 224; un très grand nombre déversions rimées de ces romans sont du XV siècle. — Ex. d'ouvrages pirux en vers, de cette époque : Th. Brampton , paraphrase des psaumes de la pénitence, 1414, Percy Soc, 1842; Mirk,Di</ie5o/"«/jari5^/)jv'eA^td.Peacock. E. E. T. S. 1868. rédigé vers 1450 : Capgrave ;i394-l4G4; Life ofSl-hatharine, éd. Horstinann et Fuinivall, E. E. T. S. 1893 (divers autres ouvrages édifiants, par le même) ; beaucoup d'autres spécimens du même genre sont encore inédits. — Ex. de chroniques : .\ndrew de Wyntoun. Onjgynal Cronykil of Scotla)id, acheyée vers 1424, éd. Laing. Edimbourg, 1872 et s., 3 vol. 8"; Hardyng (1378-1465 '!) Cîironicle in mètre, Londres, 1543, 8»; Hardyng vendit fort cher au brave Talbot qui s'entendait mal en paléographie, des chartes fausses établissant la suzeraineté de r.\ngieterre sur l'Ecosse; ces chartes subsistent au Record OlDce, la supercherie a été prouvée par Palgrave. Ces chroniques sont en vers de mirliton.

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vent pas: ils ajoutent leur œu^Te à ses œuvres et font des raccords; ils construisent à l'ombre de son palais. Ils rêvent les mêmes rêves en un matin de mai ; ils bâtissent de nouvelles « Maisons de Renommée » ; ils ajoutent un récit aux contes de Cantorbéry'.

Un don que leur a fait une fée méchante aggrave leurs torts à nos yeux : ils sont d'une incroyable fécondité. Ce qu'ils écrivent est médiocre, et la fée méchante, méchante pour nous, leur a accordé d'écrire ainsi sans peine, à perte de vue. Les œuvres de Lydgate ont défié jusqu'ici les efforts des sociétés littéraires les plus entreprenantes. VEarly English Text Society s'y est attaquée récemment; si elle achève l'entreprise, ce sera une preuve d'« endurance >> incomparable.

Lydgate et Hoccleve sont les deux principaux successeurs de Chaucer. Lydgate, moine du monastère de Bury-Saint-Edmond-, brave homme s'il en fut à ce qu'il semble, et laborieux, et fécond, surtout fécond, traite, sans exception, tous les anciens genres ; contes, lais 3,

1 r/ieS^o/'^o/T/ieftes, par Lydgate, voir, p. suivante, The taleof Beryn, avec un prologue où sont très vivement contées les aventures des pèlerins dans Cantorbéry et leur visite de la cathédrale (éd. Furuivall et Stone. Chaucer Soc. 1876-87,8"); Henryson ajoute un chant au Trollus [infra. p. 525). D'autres poèmes sont tellement dans le genre de Chaucer qu'ils luiont été longtemps attribués ; The Court of Love ; The Flower and the Leaf; The Isle of Ladies ou Chaucer s Dream, etc. On les trouvera dans l'édition Morris des œuvres de Chaucer. Tous ces poèmes sont du XV« siècle.

-Né vers 1370, à Lydgate près Newraarket ; séjourna à Paris, en 1426, mourut en 1446, ou peu après. Sur l'ordre chronologique de ses œuvres et sur sa versification , voir Lydrjaie's Temple of Glas. éd. J. Schick, Early English TextSociely, 1891, Introduction. Son Troy Book eslde 1412-20: sa Story ofThebes,de 1420-22; sa traduction de Deguileville, de 1426-30; sa Fait of Princes fut écrite vers 1430.

3 11 donna une version du fameux Lai de l'Oiselet (éd. G. Paris, 1884) : The Chorl and Bird

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