MANUSCRITS PRINCIPAUX
tagne d'outre-Manche et s'y étaient fixés ' . Installés dans leurs « maisons isolées », s'ils en sortent, c'est pour l'action; s'ils y rentrent, c'est pour les rêveries solitaires, à moins que ce ne soit pour l'orgie. Toute leur littérature originale, comme celle de leurs frères et cousins du continent -, est faite de chants de triomphe et de
1 Les mss. contenant les plus précieux monuments de la liltérature anglo-saxonne sont les suivants :
Pour la poésie : le ms. de Dcowulf. au BritishMuseum(M5. Cottonnien, Vitellius A. XVJ, écrit à la fin du dixième ou au commencement du onzième siècle.
Le fragment du poème sur Waldhere. à la bibliothèque de Copenhague.
Le ms. à.'E\ç\^r [Codex Exoniensis), écrit au dixième siècle et donné en 1046 à la bibliothèque de la cathédrale par Leofric, premier évéque de cette Tille (poésies diverses .
Le ms. de Verceil (Vercelli, en Lombardie, Codex Vercelleasis , contenant des poésies diverses.
Le ms. de la Bodiéionne, Oxford ;Junius XI), contenant la paraphrase en vers de la Bible, attribuée pour partie à Cœdmon (écrituie du dixième siècle;.
Le ms. du psautier anglo-saxon de Paris (Bibliothèque Nationale, Lat. 8824), écriture du onzième siècle, 50 psaumes en prose et 100 en vers.
Pour la prose: Le ms. d'Épinal, contenant un glossaire latin et anglosaxon, huitième ou neuvième siècle.
Le ms. Hatton. 20, à la Bodléienne. contenant la traduction par .\lfred de la Régula Pasloralis de saint Grégoire (exemplaire de ^Verferth, évéque de Worcesterj.
Le ms. AQYAiujlo-Haxon Chronicle, version de Winchester, à !a bibliothèque de Corpus Christi Collège, Cambridge. (Ms. LX.XllI.
Les mss. des homélies d'.Elfric et de WuJfslan (Junius XXII et Junius XCIX) à la Bodléienne et le ms. des homélies de Blickling a Blickling Hall, Norfolk).
Pour les miniatures, voir spécialement le ms. des Lindisfarne Gospels, ms. Cotton Nero D.IV, au Bristish Muséum (huitième-neuvième siècle), ms. latin, avec des gloses anglo-saxonnes. Des spécimens de ces miniatures et divers autres échantillons du même art se trouvent dans J. G. Westwood, Facsimilcs ofthe Miniatures and Ornamenls of Anglo-Saxon and Irish ;h5s., Londres (Quaritch), 1868, fol.; et Palcographia sacro pictoria, Londres, 1844, fol.
- Tacite mentionne les éloges en vers que les Germains faisaient de leurs guerriers : « Célébrant carminibus antiquis ^quod unum apud illos memoriae et annalium genus est)... » De Moribus, chap. 1. Eginhard au
navrantes complaintes ; elle est contemplative et guerrière.
Ils ont à se battre contre leurs voisins, ou contre leurs \)arents d'outre-mer qui, à leur tour, veulent prendre File. Le chant de guerre garde chez eux une faveur persistante et conserve, faiblement atténués, ses caractères de fierté hautaine et de férocité. On en retrouve les cruels accents jusque dans les poèmes pieux écrits après la conversion et dans les pages monotones des annales nationales. Le moine anglo-saxon qui rédige dans sa cellule la chronique de l'année, sent, lui aussi, son sang brûler à la pensée dune grande victoire, et au milieu de la prose tranquille qui sert à l'enregistrement des éclipses de lune et des meurtres de rois, on voit tout à coup bondir les vers d'une ode enthousiaste et bruyante :
« Cette année, le roi .^thelstan, seigneur des comtes , distributeur d'anneaux aux guerriers . et son frère aussi, Edmond, le prince, ont g-agné à coups d'épée, dans la bataille, de la gloire pour leur vie à Brunanburh.... Les gens d'Ecosse et les rameurs du Nord tombaient pour mourir. Le champ ruissela du sang des guerriers, depuis le moment où le soleil au matin, radieuse étoile, glissa au-dessus de la terre, — flambeau lumineux de Dieu! — jusqu'à ce que la noble créature disparût à son coucher. »
Le poète décrit la défaite de l'ennemi, sa fuite et
neuTième siècle retrouvait les mêmes chants barbares parmi les Francs des Gaules : « Item barbara et antiquisslma carmina, quibus veterum regum actus et bella canebanlur... » Vila Karoli, chap. xxix, (éd. Ideler, Lebcn und Wandel Karl des Grossen, Hambourg et Gotha. 1839, 2 vol. 8", I, p. 89)