‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 4 sur 239 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

vivante encore aujonrd'lmi en ses principales branches et qui ne montre nul signe de déclin. Aucun autre peuple d'Europe ne présente de phénomène semblable. Côte à côte, ou face à face, en paix ou en guerre, les deux littératures ont été, au cours des siècles, comme les deux peuples, en contact perpétuel; en dépit des querelles et des haines, maintes fois elles se sont vivifiées l'une l'autre. Ces actions et réactions ont commencé il y a longtemps; nous avons greffé en 1066 l'arbre sauvage de nos voisins ; l'arbre a produit des fruits qu'à notre heure nous avons cueillis. Les encyclopédistes s'en nomTirent, et les romantiques aussi; c'était, en un sens, reprendre leur bien.

Le devoir du voyageur parcourant des pays dont il existe déjà des relations est, sa'hs nul doute, de ne pas se borner à des descriptions d'ensemble, mais de s'attacher, en outre, plus spécialement, au genre d'observations pour lequel les circonstances l'ont mieux préparé. S'il a l'œil du peintre, il notera avec un soin et un détail particuliers les couleurs et les contours ; s'il a le regard du savant, il observera les stratifications des montagnes et classera les flores disparues. S'il a pour tout avantage, le hasard de circonstances qui lui ont fait habiter le pays, pendant de longues périodes, à diverses reprises, en contact avec la race, pendant les heures de calme et les heures de crise, il pourra se

Page 1