PREFACE. V
rendre utile en diminuant peut-être dans son livre la part de l'esthétique pure et de la théorie, et en s'appliquant à donner l'impression, précisément, du contact, de la continuité de vie, de la familiarité avec le peuple dans son présent et son passé, son sol, ses villes, ses institutions, ses salons; tâche assurément difficile et délicate; mais malgré de trop justes appréhensions, c'est celle-là et non une autre qu'il de^Ta s'efforcer de remplir, et c'est par là qu'il pourra rendre cpielque service. Ce qu'il écrira alors ou essaiera d'écrire ne sera pas à proprement parler une « Histoire de la littérature anglaise », mais plus exactement une « Histoire littéraire du peuple anglais ». Le rôle de la nation y tiendra nécessairement plus de place ; diverses manifestations de la pensée insulaire, écartées dans d'autres ouvrages, y seront décrites; les âges où cette pensée s'exprima en d'autres langues que l'anglais ne seront pas omis, comme si tout travail intellectuel s'était à ce moment effacé dans l'ile. On verra de plus près se former le génie de la race et se constituer peu à peu le peuple anglais que nous connaissons. Il faudra pénétrer au « Chapter House » de Westminster et voir comment la nation pense et parle dès le temps des Plantagenets, conmient elle prend conscience d'ellemême ; il faudra demander aux philosophes et aux réformateurs compte des théories qu'ils ont répandues.