‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 89 sur 239 · LES GRANDS DOCTEURS · texte numérisé non relu

LES GRANDS DOCTEURS

teur subtil » ; Adam de Marisco , ami et conseiller de Simon de Montfort , le <( docteur illustre » ; Ockham, le « docteur invincible » ; Roger Bacon, le « docteur admirable » ; Bradwardine, le « docteur profond » et d'autres encore.

Scot agite les plus grands problèmes de l'âme et de la matière et, au milieu de maintes contradictions et obscurités, arrive à cette conclusion, que la matière est une : <( Socrate et la spbère d'airain sont de la même nature » ; presque à cette autre, que l'être est un^. Sa réputation est immense pendant le moyen âge ; elle baisse à la Renaissance et Rabelais, dressant la liste d' « aulcuns livres » remarquables de la bibliothèque de Saint- Victor, inscrit , entre le « Maschefaim des advocats » et la « Ratepenade des Cardinaux », les œuvres du docteur subtil, sous le titre de Barbouillamenta Scoti-.

Ockham, aux gages de Philippe le Bel — car l'Angleterre qui jadis faisait venir Lanfranc et Anselme peut maintenant fournir des docteurs au continent — fait la guerre à Boniface VIII et , se fondant à la fois sur saint Paul et Aristote , attaque la puissance temporelle des papes 3, Roger Bacon s'efforce de débrouiller le chaos des sciences ; il devance son illustre homonyme et classifie les causes de l'ignorance humaine ^. L'archevêque

de Rievaulx, douzième siècle, Beafi Ailredi Rievallis abbatis Sermones (et autres œuvres), dans Migne, t. CXCV. Cf. Romunia, t. XXIV, p. 122.

1 Élève d'Oxford , puis de Paris, où il professa avec éclat, mort à Cologne en 1308. Opéra omnia, éd. Luc. Wadding, 1639, 12 vol. fol. (Voir Histoire, littéraire delà France, t. XXIV, p. 404.)

- Pantagruel, II, chap. vu.

3 Les œurres d'Ockham (quatorzième siècle) n ont pas été réunies. Voir Summa totius logicx, éd. Walker, 1675, 8°; Compendium errorum Johannis papas, Lyon, 1493, fol., etc.

* Né dans le Somersetsliire, élève d'Oxford et de Paris, mort vers 1294;

Bradwardine , qui mourut à la grande peste de 1349', se restreint à la théologie et , dans un livre célèbre au moyen âge, défend la Cause de Dieu contre tous sceptiques, hérétiques, impies et mécréants, convainquant d'erreur Aristote lui-même-.

Salerne n'est plus seule à produire d'illustres médecins, ni Bologne d'illustres juristes. Une Rosa Anglica^ œuvre de Jean de Gaddesden , médecin de la cour sous Edouard II, a le plus grand succès dans l'Europe savante et enseigne comment on peut guérir la pierre en frottant le malade d'une pâte faite de grillons et de scarabées, piles ensemble , « mais en ayant soin de leur ôter d'abord la tète et les ailes ^ » . Une foule de recettes non moins précieuses sont consignées dans ce livre qu'on imprimait et qui faisait encore autorité à la Renaissance.

Barthélemi l'Anglais*, autre savant, plus universel et

composa : Opn$ majus; Opus ininus ; Opus tertium. Consulter : Opus majus, ad Clementem papam, éd. Jebb, Londres, 1733, fol.; Opéra incdita, éô^Bvevier [Rolls], 1859. Mention, dans cette dernière publication, de toute sorte d'inventions curieuses : les cloches à plongeur, p. 533 ; la poudre à canon, p. 536; des navires très rapides et sans rames,'; des voitures sans chevaux, dune vitesse prodigieuse : « Uem currus possunt lieri ut sine animali moveantur iinpetu insestimabili » p. 533. Études sur les causes des erreurs : autorité, coutume etc., dans V Opus majus, I.

1 Né à Chichester vers 1290, professeur à Oxford, chapelain d'Edouard III, De Causa Del contra Pelagium et de virlute causarum, ad suos Mertonemes, librilll. Londres, 1618, fol.

2 Conclusion du chap. i, liv. 1 : « Contra Aristotelem, astruentem mundum non habuisse principium temporale et non fuisse creatum, necpraesentem generationem hominum terminandam, neque mundum nec statum mundi ullo tempore finiendum ».

3 Rosa Anglica. Augsbourg, 1595, 2 vol. 4% 1. 1, p. 496.

•* Barthoiomœus Anglicus , appelé parfois , à tort, de Glanville. M. Delisle a démontré {Histoire littéraire de la France, t. XXX) qu'il vivait au treizième et non au quatorzième siècle. Il est difficile d'admettre avec M. Delisle que Bartiiélemi ne fut pas Anglais. Comme on sait qu'il étudia et vécut sur le continent, on ne peut guère expliquer son surnom que par le fait de sa naissance en Angleterre. Son De Proprietatibus Rerum fui

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