‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 90 sur 239 · MEDECINS ET JURISTES · texte numérisé non relu

MEDECINS ET JURISTES

plus célèbre encore , rédige une des plus anciennes encyclopédies qui soient. Son livre latin, qui fut traduit en plusieurs langues, dont il existe de nombreux et superbes manuscrits ', comprend : tout; depuis Dieu et les anges jusqu'aux bêtes. Barthélemi enseigne la théologie, la philosophie, la géographie et l'histoire, les sciences naturelles, la médecine, la civilité mondaine et Fart de servir à table. Rien n'est trop grand ou trop petit ou trop obscur pour lui ; il connaît la nature des anges et aussi celle des puces : « la puce mord plus aigrement quand il doit pleuvoir » ; et du diamant , « pierre d'amour et de réconciliation », et des songes de l'homme, K qui se varient selon la variation des fumées qui entrent en la chambrette de sa fantaisie » ; et de la migraine, qui \'ient de « chaudes fumées colériques, pleines de ventosités » , et de la lune , qui , « par la force de sa moiteur, met en l'air son impression et engendre la rosée », et de tout enfin ~.

Les juristes sont nombreux; par eux encore se fortifie l'action de Rome sur l'Angleterre ; ceux mêmes qui .se préoccupent le plus de maintenir intactes les lois et les traditions locales , sont obligés à chaque instant d'en appeler aux maîtres antiques; le droit romain est

traduit en anglais par Trevisa ea 1398, en français par maître Jean Corbichon, à la demande du sage roi Charles V, en espagnol, en hollandais. Rapprocher de lui Gervase de Tilbury en Essex, qui écrivit, lui aussi, sur le continent (entre 1208 et 1214) des Otia imperialia où il traite du chaos, de la création, des merveilles du monde, etc.; inédit, sauf des extraits p. p. Stevenson, Radulphi de Coggeshall Chronicon, 1875, 8" {Rolls, pp. 419 et s.)

1 Par ex. Ms. 15 E II et III au British Muséum ( miniatures de style riche; in fine : « Escript par moy Jo Duries [du Ries] et finy à Bruges le XXV« jour de may, anno 1482 »).

2 Édition de Paris, 1556, fol., liv. XVIII, chap. 87; liy. XVI, chap. 8; liv. VI, chap. 27; liv. VII, chap. 2; liv. VII, chap. 29.

à leurs yeux uue sorte de trésor fondamental et commun où l'on va puiser tout naturellement pour combler les \ides de la législation indigène. Comme pour la théologie, les premiers enseignements sont donnés après la Conquête par des étrangers : l'Italien Vacarius, amené par Théobald archevêque de Cantorbéry, professe le droit à Oxford en 1149. Puis Anglo -Normands et Anglais se mettent à codifier et interpréter leurs lois; ils écrivent des traités généraux; ils font des recueils de précédents et comprennent si bien l'utilité de la jurisprudence qu'elle a gardé jusqu'aujourd'hui, en Angleterre , une prépondérance unique parmi les nations modernes. Kanulphe Glanville , grand juge sous Henri II, écrit ou inspire un Traité des lois et coutumes d'Angleterre^; Richard, évêque de Londres, rédige im Dialogue de l'Échiquier ~, plein de sagesse, de vie et même d'une sorte d'humour ; Henri de Bracton, le plus illustre de tous, logicien, observateur et penseur, écrit au treizième siècle un ample traité ^ dont on fit ensuite plusieurs abrégés pour la commodité des juges ^ et que l'on consulte encore.

' Le Tractatus de Legibus et Consuetudinibus Anglix, éd. Wilmot et llayner. Londres, 1780,8", achevé vers 1187, estjpeut-êlre l'œuvre de son neveu Hubert Walter, à qui il l'aurait inspiré.

^ Dialogus de Scaccario, temps d'Henri II, texte dans Stubbs, Select Charters, Oxford, 1876, p. 168.

3 Henrici de Bracton de Legibus et] consuetudinibus Anglix, libri F, éd. Travers Twiss, Londres (Rolls), 1878 et s., 6 vol. S°. Bracton s'approprie quelques-unes des maximes et des dé(initionsles plus célèbres du droit romain : ce Filius hœres legittimus est quando nuptiœ demonstrant, » t. II, p. 18; le trésor est « quœdam vêtus depositio pecuniœvel alterius metalli cujus non extat modo memoria. » II, p. 230. Voir à ce sujet C. Giiterbock, Bracton and his relation to the roman law, traduit et aimot cp. Brinton Coxe, Philadelphie, 1866, 8°.

' Par Gilbert de Thornton vers 1292, par l'auteur du Fleta, même époque.

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