TRADUCTIONS DE POEMES PIEUX
le quatorzième siècle et , en revanche , les traductions anglaises se multiplient. Nous trouvons, par exemple, dès la première partie du siècle, des traductions en vers anglais du Château et du Manuel • ; une traduction en prose de cette fameuse Somme des Vices et des Vertus que frère Lorens avait composée en 1279 pour Philippe m de France et dont un exemplaire, enchaîné à un pilier de l'église des Innocents, restait ouvert à la disposition des fidèles ; un bestiaire , des écrits dévots sur la sainte Vierge, un Courrier du Monde, contenant l'histoire de l'ancien et du nouveau Testament-. Une foule
1 Version françaisedu Châteait .'éd. Cooke, Carmina Anglo-Normannica, 1852, Caxton Society ; \eTs'\oas anglaises (on en a plusieurs) : The mino7' poems ofthe Vernon ms., éd. Horstmann et Furnivall, Londres, E. E.T.S. 1892, S°,pp. 355,407; etWeymouth : Castell off Love... an early English translation of an old French poem by Robert Grosseteste^rhilological Society, 1864. Le Manuel des Péchiez et la traduction anglaise (très libre) qui en fut faite vers 1303 par Robert Mannyng, de Brunne (Lin- «"olnshire), ont été publiés par Furnivall : Handlyng Synne , Londres, Roxburghe club, 1862, 4° (foule d'histoires et d'exemples édifiants). Le même Mannyng (1260?-1340?), versifia d'après Wace et d'après Pierre de l^angtoft (Anglais qui avait écrit en français, supra, p. 124), une chronique qui va « du temps de sire Noé » jusqu'à É(\ouard I : The story ofEngland, éd. Furnivall, Londres, 1887 {Rolls), 2 vol. 8°. 11 est peut-être l'auteur d'une méditation sur la Cène imitée de son contemporain saint Bonaventure : Meditacyu))s on the soper of our Lorde,éd. Cowper, Early English text Society, 1875, 8'^ (en vers).
2 The Ayenbite of Inwyt or Remorse of Conscience , par le moine Michel de Northgate , éd. Morris, Early English text Society, 1866, 8°; rédigé vers 1340. — Voir encore : L".gends of the holy Rood, symbols of the Passion and Cross poems, in old English, of the XIth, XlVth and XVth centuries, éd. Morris, Early English text Society, 1871, 8°. — An old English Miscellany, containing a Bestiary, Kentish sermons, Proverbs of Alfred and religions poems of the XlIIth century, éd. Morris, même société, 1872. — The Religions po?ms of William de Shoreham, éd. Th. Wright, Percy Society, 1849 (sur les sacrements, les commandements, les péchés capitaux etc., première moitié du XIV« siècle). — Cursor Mundi, the cursiir o the world, éd. R. Morris, Early English text Society, 1874-93, 7 parties, rédigé vers 1300 , d'après VHistoria Ecclesias-
de légendes trouvent place dans le Courrier, celle de la croix par exemple, qui fut faite de trois arbres, cyprès, cèdre et pin, images de la Trinité. Ces arbres étaient sortis de trois pépins donnés à Seth par l'ange gardien du paradis et mis sous la langue d'Adam à sa mort; ils prolongent sur les monts leur existence miraculeuse et jouent un rôle aux grandes époques de l'histoire juive, au temps de Moïse, de Salomon, etc. Des légendes de même sorte agrémentent la plupart de ces recueils : quel bien eùt-on fait si on n'avait pas été lu? et pour être lu il fallait plaire : d'où l'emploi du vers qui charme F oreille, et l'insertion d'histoires romantiques agréables à l'esprit, car, dit Robert xMann^ng, dans sa traduction du Manuel des Péchiez, « beaucoup de gens sont ainsi faits qu'il leur plait fort d'entendre des contes et des vers, dans leurs jeux, dans leurs fêtes et autour d'un pot de bière »
A côté de ces traducteurs et adaptateurs, un écrivain, un peu plus original, Richard Rolle, hermite d'Hampole, remarquable par ses écrits anglais et latins, en vers et en prose ^ et plus encore par son caractère. Il est le premier sur la liste de ces prédicateurs laïques dont l'Angleterre connut un si grand nombre, qu'une crise intérieure ramena à Dieu et qui, apôtres volontaires,
tica de Pierre Comestor, la Fête de la Conception de Wace, le Château d'Amour deGrosieles,le,elc.{iiaien\sch,Inquiryintothe sources ofiheCursor 7nwndt;/6trf.,VIl6partie); aUribué àtortàJean de Lindbergh (Morris, préface, p. xviii). Cf. Napier, History ofthe Holy Rood Tree, E. E. T. S. 1894. > English prose treatises of Richard Rolle de Hatnpole, éd. Perry, Early English text Society, 1866, 8°; The Psalter by R. Rolle ofHampole {en prose, avec commentaire), éd. Braraley, Oxforil, 1884; Horstman, Yorkshire writers , 1895. Son principal ouvrage latin est le Stimulus Comcientix, traduit en vers anglais, peut-être par lui-même : The Pricke of Conscience, éd. Morris, Londres, Philological Society, 1863, S».