Not sn (<|uotli lie) love most aboundeth tliere
For ail tlie >\ans and Windows tlierc are wril. Ail full of love, and love, and love ray dearc. (Vers T77.)
Colin Clouts corne home againe, 1595, dédié à Raleigh, en reconnaissance, des bontés « shewed to me nt my Intc being in England », daté de Kilcolinan, 27 décembre 1591. Dans Mother llubberd. il avait déjà décrit l«»s dégoûts du solliritcur, conrluant :
Thaï ourse God scnd unto minecnemie! (Vers 91 4.)
tre hymnes à la Beauté et à l'Amour humains et célestes. Les deux derniers hymnes sont des chants pieux; les deux premiers, composés bien avant, sont pénétrés de ressouvenirs de Platon, peut-être aussi de Lucrèce. L'Amour et la Beauté dominent le monde. Les corps passeront, les cheveux d'or tomberont en poussière; l'éternelJe Beauté rayonnera toujours. Allez à la Beauté, presque sûrement vous trouverez aussi la Vertu; c'est une exception rare et contre nature qu'elles soient séparées; l'Amour est une harmonie céleste*. La série des sonnets (ylmo/'e^^z) parait longue : on n'y trouve pas le feu , l'ardeur, la vie qui animent ceux de Sidney. Spenser sent évidemment ce qu'il dit, puisqu'il s'agit de sa chère Elisabeth, son second et définitif amour, la belle jeune fille qu'il épousa en 1594. seulement il n'en donne pas l'impression ; c'est l'artiste qui parle et soupire, un artiste à la plume facile, qui écrira plus volontiers quatre-vingts sonnets que cinquante '.
Mais l'épithalame est un chef-d'œuvre de grâce, de sincérité, d'harmonie ; là, pas une ligne inutile ; c'est un hymne inspiré, en un jour de bonheur, par une adoration émue; un poème tendre et amoureux, mélange intime de sacré et de profane, de réalisme et d'idéal. Pour plaire à son aimée, Spenser parvient à faire entrer dans ses vers toutes les images, les nuances, les idées, les allusions qui peuvent
1. Fowre Hymnes niade by Edm. Spenser, 1596. Les deux premiers avaient été composés, dit le poète, « in the greener times of my youtli ». Dans les seconds, il déplore ceux qu'il a pu écrire :
In praise of tliat mad fit whicli fooles cali love;
mais il publie néanmoins, avec les autres, ses hymnes en l'honneur dudit (( mad fit M.
2. Tellement que la jeune fille lui en fait même la remarque :
And when I sigh, slie sayes l know the art. (s. xviii.) Amoretti and Epithalamion, 1595.
la charmer: fleurs, couleurs d'aube, rayons de soleil, musique et chants d'hymen, blanche toilette de la mariée, grands cheveux d*or semés de perles et couronnés de verdure ; car, parmi les ravissants objets à offrir aux regards de son Elisabeth, il n'oublie pas son propre portrait à elle, au physique et au moral. Le réel se mêle à la fantaisie : « Dites-moi, filles des marchands de la ville, avez-vous vu jamais plus belle créature dans votre cité »? Voici la cérémonie à l'église, la fiancée qui s'avance, un peu hésitante, dans l'avenue des piliers enguirlandés, la grande voix do l'orgue, les chœurs, les paroles solennelles du prêtre à l'autel, le son des cloches.
A la maison, c'est l'heure du banquet, et le réalisme s'accentue : « Buvez, non pas à pleins verres, mais à pleins ventres ». Le jour commence à paraître long aux héros de la fête* : « Hâte- toi, planète resplendissante, vei-s ta demeure, dans l'écume de l'occident. Tes coursiers fatigués aspirent au repos, l^ voici donc enfin qui parait, dans le soir assombri, la claire étoile, aux rayons d'or; elle monte