‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 107 sur 290 · shephards, leave Cupidoes camp · texte numérisé non relu

shephards, leave Cupidoes camp

A god there Is, lliat guyds tlie Globe, etc.

Eglogs, Epytaphs and Sonetles, 1563; la préface usuelle : l'auteur a été imprimé par surprise. English Reprints, d'Arber, 1895. Ex. d'églogues antérieures : celles de Barclay; supra, p. 102.

3. The shepheardes Calendar conteyuing twelve ^glogues proporlionable to the twelve monethes, entitled to the noble and veriuous gentleman most worthy of ail tilles bolh of learning and chevalrie M. Philip Sidney, Londres, 1579; 2" éd., 1581 ; 5° 1597; Complète Works, éd. Grosart, t. IL Malgré le titre, la plupart des églogues n'ont rien à voir avec le mois qu'elles représentent. Le berger Hobbinol personnifie Harvey; Colin Clout et, dans la dixième églogue, Cuddie, personnifient Spenser.

4. Ex. : Cy est le compost et Kalendrier des bergiers 7wuvellement et

voit, dans un de nos Mystères, un pasteur faisant cadeau à l'Enfant Jésus de son « Calendrier de boys ». Le livre était dédié « à M. Philippe Sidney, modèle des lettrés et des chevaliers ». Il se présentait au public comme un orphelin, «< un enfant de père inconnu », disait le père lui-même dans sa dédicace ; mais un de ces enfants trouvés qu'entourent des langes de dentelles et qu'une croix d'or fera reconnaître. Les denteliers n'avaient pas épargné leur peine; le nouveau-né disparaissait sous les ornements. D'abord, Harvey avait permis à E. K. de lui adresser à lui-même une considérable « épltre dédicatoire » et explicative où il était traité de« très excellent et savant orateur et poète », et invité à étendre « son patronage » sur la nouvelle œuvre. Le voile qui cachait le nom de l'auteur était secoué, mais non pas levé, afin que le lecteur le remarquât et fût curieux d'en savoir plus. Un post-scriptum suppliait, d'ailleurs, Harvey de ne pas laisser plus longtemps dans les ténèbres les incomparables poésies antrlaises dont il était l'auteur, et (ju'attcndait « l'éternelle lumière » : le trio ne se ménageait pas les compliments'. Ensuite venait « l'argument général du livre tout

aiitremeiil roniposé que n'esloit pas avant... Et enseigne les jours, hvuves et minutes ties lunes nouvelles et des éclipses ... l'arbre des vices, l'arbre des vertus ... ensemble la p/iisique et régime de santé d'iceuLr bergiers ... leur astrologie ... et plusieurs c/ioses exquLses et difficiles à comgnoistre ; Paris, gr. in-8°, achevé d'imprimer, 7 janvier 1496. Contient ce qu'indique le titre -. bons conseils moraux ou pratiques, en vers et en prose-, enseigne à bien vivre et bien mourir : la vie normale est de soixanti'-(h>uze ans, dont trente-six pour croître et autant pour décroitre-, ceux qui meurent plus tôt ont mal gouverné leurs vies. Hois innombrables et très curieux. Cette publication continuée jusqu'au dix-huitième siècle fut traduite de bonne heure en anglais : The Kalendayr of Shyppars. Paris, 1503 (très fautive); l'achevé d'imprimer signale que l'œuvre est n lranslat>l of tlie franch i englysh ». Editions de Londres : 1506, 1510, 1528, 1556, etc.

1. Spenser, lui-même, profitant du pseudonyme, fait son propre éloge avec une ampleur et une insistance rarement surpassées. Dans la huitième é^logue, explosion d'admiration des bergers |>our un rhant composé par Colin (Spenser) sur Rosalinde. Dans la douzième, il confesse que, de l'avis de Hobbinol

entier », puis l'argument spécial de chaque églogue; enfin — quatrième rang de dentelles — une abondante glose interprétative, toujours par E. K., signalant au lecteur les passages où il convenait d'applaudir, interprétant les allusions aux « grandes affaires traitées allégoriquement », donnant le sens des mots difficiles et de beaucoup qui ne l'étaient pas, enseignant savamment ce que c'était que les Grâces et que Calliope, révélant, toujours pour piquer et charmer l'auditoire, les secrets de l'auteur, dont la Rosalinde n'est pas, comme il dit en ses vers, « la fille de la veuve du glen », mais» une dame de non médiocre maison ». A la bonne heure : il n'eût plus manqué que c'eût été vraiment une bergère! Surtout E. K. énumèreles modèles qu'a suivis le nouveau poète ; ce sont les plus nobles et les plus illustres : Bion, Théocrite, Virgile; c'est Chaucer le grand ancêtre, plus populaire que jamais, et dont Spenser imite le vieux langage, aux grands applaudissements de son commentateur i; ce sont aussi quelques modernes fameux, le Mantouan, Marot. Sur le compte de ceux-ci, E. K. insiste moins; il nomme Théocrite et Mantouan, mais place Théocrite au premier rang, à propos d'une églogue presque entièrement

(Harvey), les chants de Colin sont supérieurs à ceux du dieu Pan; les nymphes ont suivi Pan, mais :

The wiser Muses after Colin ran. (Vers 48.)

Le passage est imité de Marot, mais ce trait de vanité n'est pas tiré du modèle.

1. Mais non pas de Sidney qui blâma cette tentative, et moins encore de Ben Jonson qui déclara rudement que c'était « n'écrire aucune langue » (« Spenser in affecting the ancients writ no language ». Discoveries, CXVI). Mais E. K. approuva fort, voyant là une contribution à la grande tentative, alors si discutée, tendant à enrichir la langue. Au lieu de mots étrangers, Spenser lui restitue « such good and naturall English wordes, as hâve beene long time out of use ». Epistle Dedicalory. Sur le mètre de Spenser, comparé à celui de Chaucer, voir Legouis : Quomoclo Spensencs ad Chaucerum se fingens in Eclogis... versum heroicum renovavil ac refecerit, 1896.

traduite du Mantouan ^ ; il cite Marot pour une autre où Timitation est insignifiante; et, à propos de la douzième, directement inspirée et en partie traduite, du maître français, il ne dit rien ; c'est du reste, observe-t-il ailleurs, peu de chose que Marot et on doit se demander « s'il mérite le nom de poète ».

Annotée de la sorte, l'œuvre s'offrait aux regards aussi richement parée que les textes classiques les plus fameux. Cette manie n'était pas nouvelle : j'en ai exhumé un spécimen du treizième siècle-; mais elle s'était beaucoup répandue à la Renaissance; à l'exemple des auteurs anciens, les modernes étaient publiés avec des notes plus longues que leur texte ; Mantouan surtout avait eu cet honneur dans la grande édition de Jodocus Badius-^. Il semble que E. K. ait voulu égaler ce modèle; son intention était de continuer pour les œuvres futures du nouveau poète. « Mes rêves », écrit Spenser à Harvey, à propos de ses Visions, « peuvent former maintenant un volume à eux seuls, car la glose ou commentaire perpétuel qui les accompagne en fait un livre aussi important que mon Calendrier ». Mais le succès de celui-ci dispensa désormais Tauteur de tant de précautions ; ses Visions et le reste parurent sans « les excellentes remarques et nombreux traits d'esprit de E. K.^ »

Les douze pastorales de Spenser, coupées de quelques apologues (le Chêne et la Ronce, le Renard et le Chevreau), traitent les sujets usuels dans ce genre de composition, non

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