Ce sont les beaux vers
Whilom in youth, when flowred my joyfuU spring Like swallow swift, etc. (December) ;
sentiment national recevait satisfaction par léloge d'Elisabeth, et par l'imitation et la louange de Cliaucer(le Tityre du Calendrier) et de Piers Plowman. Enfin l'Angleterre n'en était plus aux ébauches rudes ou plates, des Barclay ou des Goog-e ; elle avait son propre recueil d'églogues, dû à un vrai poète, elle possédait une œuvre pareille à celles dont s'enorgueillissaient les autres pays lettrés; un Mantouan disaient les critiques, un Virgile môme, nous est né. Peutêtre tiendrait-il parole, et, comme il l'annonçait déjà, après les bergère, chanterait-il les prouesses des héros : pascita, r lira y duces.
Tandis que, « parti pour le pays des fées», le poète se préparait à hausser le ton, la gloire lui était venue. Tout ce qui comptait dans le monde des lettres ratifiait, à une ou deux exceptions près, le jugement des trois amis sur l'œuvre nouvelle. Tous voyaient en elle la preuve et le signe sensible qu'une grande époque s'ouvrait enfin pour l'.Vngleterre. I/Age d'or si hmgtemps attendu, l'âge d'or annoncé par Érasme, revenait enfin : Davies, Daniel, d'autres encore, le constataient expressément'. La principale exception, il est vrai, n'était pas sans importance, c'était Sidney, à qui le Calendrier était dédié et qui se contentait d'écrire, dans
corre8|)oniiant à ceux de Marot, dans son Èglogue au Roi sous les noms de Pnii ft Robin :
Sur le printemps de ma jeunesse folle, Je ressemblais l'arondclle qui voile, etc.
Selon la Globe t'dition des (ouvres de Spenser, 187i), il faudrait voir dans ces vers la preuve que l'auteur du Calendrier « bad wandered al bis ovsn sweet will aboul tbe biils and dales that surrounded bis rural home », p. xix. Le Dr. Grosarl estime de même que, si nous voulons ■ see [Spenser] as a boy, hird-nesting, hazel-nut and walnut pulling >, nous n'avons qu'à lire les vers : « 'Whilom in youtb » qui sont a acquainlanre-giving ». Dans la réalité, c'est la connaissance de Marot qu'ils nous font faire. Complète Works, I, p. 244.
1. Davies, davs son Orchestra, l.">96: Daniel, dans la préface de Philotas. Peacham. plus tard, répète la même cbose, dans son Compleal Gentleman. 1622, p. 95.
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son Apologie : « Il y a beaucoup de poésie dans ces églogues, et elles méritent en vérité qu'on les lise, si je ne me trompe » . C'était les louer bien faiblement, mais c'était aussi les juger à un point de vue trop absolu ; dans la réalité, sans doute, le Calendrie?' n'était pas, en lui-même, un grand chef-d'œuvre, mais c'est parfois une fort petite fleur qui marque l'avènement de la belle saison, et elle mérite plus d'attention que les reines-marguerites et les tournesols de plus tard.
Les imitateurs furent innombrables; il y eut alors peu de poètes, de romanciers ou de dramaturges qui ne touchèrent, de façon ou d'autre, au genre pastoral. La poésie eut même un efiet sur les mœurs : des seigneurs se flattèrent de mener, dans la réalité, une existence bucolique i. Les grands événements du jour qui avaient le plus de retentissement au cœur de la nation, furent accommodés en style champêtre ; les exploits d'Essex fournirent à Peele le sujet d'une ode pastorale ; la mort de Walsingham fut, pour Watson, le prétexte d'une églogue latine et anglaise-, la mort de Sidney (le berger Astrophel , le Ijerger Elphin) fut pleurée par tous les « bergers » dont les libraires de Saint- Paul avaient jamais imprimé les vers ; des pastorales furent composées en « hexamètres anglais » dans l'espoir de mieux se rapprocher des modèles antiques ^ ; les amou-
1. « Hère now wyll I reste my troubled mynde, and tende my sheepe like an Arcadian swayne... I will keepe companie with none but my oves and boves ». Sir John Harington, Kelston, 1603; dans Nugx Antiquas, 1804, t. I, p. 180.
2. An Eglogue gralulatorie, entituled to the right honourable and renowned shepheard of Albions Arcadia, Robert earle of Essex, 1589, par Peele; Works, éd. Bullen, II, p. 267 (les héros sont Piers et Palinode, noms empruntés à la cinquième églogue de Spenser). — Melibœus, an Eglogue upon the death of... Walsingham, 1590, par Watson, texte latin et texte anglais, Poems, éd. Arber, p. 139.
3. The cnuntesse of Pembrohes Yvycliurch, conteining the ... unfortunate death of Phillis; and Amyntas : Ihat in a Pastorale, this in a fu-
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ristes rimèrent d'innombrcibles sonnets pastoraux et quantité d'odes bergères dont les meilleures sont peut-être celles de Breton •. Drayton, grand admirateur de Spenser, Timita dans des églogues dont les héros parlent un peu de leurs amours, et beaucoup des affaires de l'État, sacrifient devant les autels de « Beta » et l'encouragent « à écraser du pied le monstre aux sept têtes », énigme dont le sens est que la déesse Elisabeth devrait renverser le pape qui règne sur les sept collines de Rome -. Comme Spenser, Drayton se souvient de Chaucer et l'imite dans sa jolie histoire de DowsabeP. Ses Nymphales sont encore une suite de scènes champêtres; la plus gracieuse nous ramène dans le monde ténu de Nymphidia, pour assister aux noces d'une petite fée et d'un petit sylphe,
fierait, both in English heiameters, 1591; la pastorale, d'après l'italien du Tasse (dont la pièce avait été jouée à Ferrare en 1572), l'autre, d'après le latin de Watson; préface défendant riiexamètre anglais; le tout par Abraham Fraunce. — Pans Pipe, (hree pniloraH eylogues in English hexaineter, 1595, par Francis Sabi<> -. si l'on itnprimail rt>s poèmes comme de la prose, peu de lecteurs, même latinistes, se douteraient que ce sont des vers.
1. The pttssionale Shepheard, par Nicolas Breton, 1604, poèmes lyriques, par un prétendu berger, en l'honneur de la bergère Aglaia; de jolies scènes et descriptions, en un style un peu menu, mais très gracieux. Works m verse and prose, éd. Grosart, 1879; choix de poèmes dans Bullen, Poetns... from Uomances... irith chosen poems of Breton, 1890; cf. infra, p. 867.
â. Beta, long may ttiine allars smoke wiih yercly sacrifice...
And thou under lliy feet maysl tread tliat foule seven-lieaded beast.
The shepht'firds Garland, 1593. Dans une préface, il défendit le genre politico-pastoral qui était le sien ; c'était pour lui, manière de parler » of most weigilty things » (folio de 1619. p. 432). — De Lodge, quelques églogues (médiocres) jointes à son Fig for Moinus, 1595. — D«' liarnlield, un Affectionate Shepheard, contnining the complaint of Dnphnis for Ihe love of Ganymede, 1594, dédié à Pénélope lady Kiche (la Stella de Sidney), malgré l'incongruité du sujet, que l'auteur pensa justifier suffisamment en alléguant que c'était « nothing else but an imitation of Virgill, in the second eglogue of Alexis u (préface de sa Cjfnthia, 1595). — Essais pastoraux divers chez Constable, Dyer, Sidney, Greene, Mariowe, Raleigh, en fait, chez presque tous les poètes du temps (voir aussi, infra, les sections consacrées au roman H au drame).