Migne, Patrologix Grxcx, tomus CLXI, col. xcv
2. Budée écrit à Lupset : « Recommande moy à Linacer qui est une lumière d'Angleterre quant aux bonnes lettres, qui ne sera, comme j'espère, moins nostre que vostre, car certes il est un homme entre bien peu de ceulx ausquelz bien volunliers si je puis je me donne à congnoistre » (en latin, dans l'édition de Bâle, 1518, de l'Utopie de More, traduite par Le Blond : Utopie, Paris, 1550). Voir dans Paul Jove, un grand éloge des universités et des savants anglais : Descriptio Britanniœ... ex tU>ro... de imperiis... cogniti orbis, Venise, 1548, 4», sig. d. i.
3. Caractère de Colet d'après Erasme, lettre « Jodoco Jonœ Erphordiensi ». Epistolx, Londres, 1642. col. 705. Il donna à son école un caratère semi-la'ique et confia « à l'honorable compagnie des merciers de Londres » le soin de l'administrer.
qu'au dix-neuvième siècle'; Érasme, plusieurs traités savants qu'il rédiffe en témoig'naju'"e de reconnaissance et d'admiration pour Colet et pour l'Angleterre. L'humaniste hollandais félicite Colet pour cette fondation, « de beaucoup la plus belle et la plus magnifique » qu'on ait encore vue *. Wolsey crée à Ipswich une école qu'il dote richement et, à Oxford, un collège, le collège Cardinal appelé le collège du Roi à la chute du ministre, aujourd'hui « Christ Church ») où s'achèvera l'éducation des élèves d' Ipswich. Il règle lui-même tous les détails, il choisit avec soin les professeurs pour enseigner « à la jeunesse Britannique la littérature la plus élégante » et former, en même temps, le caractère des élèves. Il y aura huit classes; dans la première, on fera des travaux préliminaires; dans la deuxième, on étudiera Caton ; dans la troisième, on lira Ksope et Térence; dans la quatrième, « Virgile même, de tous les poètes le chef... dont les poèmes devront être lus d'une belle voix sonore qui en fasse ressortir la majesté ». Puis viendront Cicéron, Salluste, César, Horace, Ovide. On suivra,
1. Joannis Coleti Theologi,'olim decani dici Pauli, xditio, unù cum f/uihusdfim G. Lilii grammntices nidimmlia, Londre», 1534 (un exemplaire lu Dritish Muséum ; compilé originairement en 1509; contient notamment les conditions d admission à l'école, diverses prescriptions religieuses, une lettre de Colet à Lily, « an introduclyon of tbe partes oT s|>ekyng for cbyldren and yonge begynners in to latyn speche ». — Abxoliitissimus de orto oralionis partium construedone lihellus, Strasbourg, 1515; contient une lettre de Colet : n Guiiielmo Liliu ad Dirum Paulum Ludi moderatori Piimario k, datée 1513; une lettre d'Érasme disant qu'il a corrigé le a De ronstruclione lil>ellus », écrit par Lily à la demande de Colet; enfin le traité lui-même. Linacre rédigea en an^lai8, 15'.tl, une grammaire latine que Buchanan traduisit en latin, 1533 [Rudimenta Grammntices Th. Linacri ; Hucbanan, Opéra, 1725, t. I, p. CM), et dont on fit grand usage en Angleterre et sur le continent.
"i. De dvplici copia rerhorum ac rerum Commentarii duo. — a Lector, eme, lege et gaudebis ». Dans sa lettre-préface k Colet. datée de Londres- 1512, Erasme dit : « Ego sane non ignarus, et quantum Anglia* debeam publiée et quanlopere tibi priratim ftim obnoxius , oriicii mei sum arbitra» tus lilerariuiii alicimw! munusculum ac oroamenlum scholo! tuas con ferre ».
de classe en classe, les diverses parties de la grammaire de Lily. Le champ d'études est assurément remarquable à cette date, pour une école préparatoire. Il est si vaste que le cardinal, en maître avisé, craint le surmenage et prescrit des distractions, afin que « l'esprit des élèves ne demeure accablé par trop de lectures et une tension immodérée ». Il ne s'est pas décidé à la légère, il a mûrement réfléchi; l'éducation classique de la nation lui parait une œuvre sainte : « Notre propre avantage n'a pas été l'objet de nos peines, mais bien l'avantage de la patrie et de tous nos concitoyens^. » Érasme célèbre en style enthousiaste le mérite de ces méthodes et en même temps l'influence heureuse exercée par le savant évêque Fisher à Cambridge ~. La dernière chose à laquelle pense Wolsey, lors de sa chute, est son collège; il sait qu'il ne peut rien espérer pour lui-même, mais il voudrait que, du moins, son collège survécût : '.< Prosterné en larmes aux pieds de Votre Majesté, je recommande, en tout respect et humilité, à votre inépuisable charité le pauvre collège que Votre Grâce m'a permis de fonder à Oxford, dans le zèle et l'aff'ecfion
1. Rudimenta grammatices et docendi methodus, non iam scholx Gypsuichianx per reverendissimum D. Thotnam Cardinalem Eboracensem féliciter institutx quam omnibus uliis totius Anglie scholis presnipta, Londres, 1529,4»; contient une lettre de Wolsey, « ex sedibus nostris, A. D. 1528, cal. Angusti » ; un programme d'études (précautions contre le surmenage : « Cavendum erit ne immodica contentione ingénia discentium obruantur aut lectione [perjlonga defatigentur »). Enfin, Wolsey emprunte à l'œdilio de Colet les rôgles d'admission, les articles de foi et la grammaire de Lily (en prose anglaise).
2. Il admire le soin donné, non seulement à l'instruction, mais à la formation des caractères : « Magis autem exosculor egregium ac prorsus heroicum animum Thomae Cardinalis Eboracensis, cujus prudentia scbola oxoniensis, non solum omni iinguarum ac studiorum génère, verum et moribus qui deceant optima studia condecorabitur. Nain cantabrigiensis academia jampridem omnibus lloret ornamentis, praeside Joanne Episcopo Roffensi ». 151'J, « Guilielmo Montjoio », Epistolarum... Libri XXXI, Londres, 1642, fol., col. 369.
4<-, LÉPOglK l'I, LA RENAISSANCK.
qu'Klle éprouve pour les bonnes lettres, la vertu et la propa^'^ation du savoir* ».
Plusicui-s autres collèges sont créés au cours du règne : Brasenoseel Corpus Christi k Oxford; StJohns, Magdalen et Trinity à Cambridge, lieux de retraite où pourront se réfugier les clercs amis de l'étude quand les monastères auront disparu. « Quel plaisir, écrira de Caml)ridge l'helléniste, sir John Cheke, de pouvoir éviter les plaisirs, et que d'honneur il y a à fuir l'angoisse des honneurs! Ce qui me manque le plus, c'est de la toile peinte pour mettre entre mes rayons et mes livres... Il m'en faudrait trente yards, choisissez vous-même la couleur ». Et le célèbre et charmant Roger Ascbam, élève de Cheke et précepteur d'Elisabeth, secrétaire d'ambassade et professeur de grec, le meilleur prosateur du temps, avec More, écrit, au retour de ses voyages : « Ayant maintenant quelque expérience de la vie chez nous et au dehors... j'estime «ju'il n'y a pas en Angleterre de vie tranquille ni, ii l'étranger, de vie de plaisir, valant l'existence qu'on peut mener au collège de Saint-Jean, dans la familiarité de la Bible, Platon, Aristote, Démosthène et Cicéron - ». En outre des collèges, de nombreuses « grammar schools » sont fondées, réorganisées ou dotées, et .servent, comme on peut voir par le programme de Wolsey, à la diffusion de ce que nous appelons aujourd'hui l'enseignement secondaire.
L'outillage se perfectionne. Quelques textes classicjues, latins et grecs, sont publiés en Angleterre sous Henri VIII, ils sont toutefois peu nombreux; on fait encore venir de l'étranger presque tous les livres de ce genre. Diverses