‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 117 sur 290 · Uvre IV, chant li (l. VII, p · texte numérisé non relu

Uvre IV, chant li (l. VII, p

féconde. Gardons-nous de la plaindre et de nous indigner, car elle accouchera de la vertueuse Amoretta et de Belphoebé, qui est Elisabeth *. Spenser n'en est pas moins fort dur pour les « rimeurs impudents », auteurs de « lais sur les plaisirs d'amour- », pour les amouristes (caricaturés sous les traits de ParidelP), enfin pour les critiques qui pourraient le blâmer lui-même, vils animaux qui ne sont pas sans parenté avec la « Blatant Beast^ ».

Accoutumé aux libertés d'Arioste et de toute la poésie contemporaine, le public à qui s'adressait Spenser trouvait probablement un peu morose le ton sérieux du poète ; mais ce n'était pas un petit avantage que de pouvoir se dire, en revanche, que tout en contemplant ces belles choses, cette Séréna^ déshabillée pièce à pièce (en suite de quoi les hommes sauvages qui, d'abord, voulaient la manger, changent d'idée) , ces bosquets d'Acrasie , ces jardins d'Adonis , ces temples de Vénus, ils faisaient leur salut. Respice finem, disait Spenser; nous le voulons bien, mais encore une fois, avant d'arriver au but, quel chemin !

Rien de si contradictoire que les jugements humains. Un critique moderne , parfaitement sincère et du plus grand mérite, termine son appréciation sur la Reine des Fées en disant : « C'est une armure pour l'âme ». Et nous, infortunés, qui, pour nos démérites sans doute, n'avons pas été touchés de la grâce, tout éblouis que nous sommes de ces merveilles, et ravis de la musique du vers, mais las de tant d'inconséquences, de ce mélange de bacchanales et de sermons, avec si peu de vraie tendresse humaine, il nous semble étoufler; et ce n'est pas assez d'ouvrir toute

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