‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 124 sur 290 · Britannia's Pnstorals, livre II, chanl i, ver · texte numérisé non relu

Britannia's Pnstorals, livre II, chanl i, ver

3. Thtile or Vertues Historié, 1598; Spenser Society. Manchester, 1878, 4".

4. Britannia's Pnstorals, s. d. mais 1613; 2* livre 1616; il laissa en ms. un fragment du troisième livre. Poenis , éd. Goodwin et Hullen, Londres, 1894,3 vol. Browne, de bonne famille, né à Tavislock en 1590 ou 1591, élève d'Oxford, inscrit à l'Inner Temple, grand ami de Oraylon et de Selden, se maria deux fois; sa deuxième femme e$t la Coelia de ses sonnets. De lui encore, des épilres, des élégies, des visions imitées de Spenser [qui fut en tout son modèle), des chansons, une ballade humourislique dont quelques traits sont dignes de Goldsmilh : Lydford Journey (II, p. 305). Il mourut probablement en 1645.

5. Il se rattache fortement, dès ses premiers ters et par de fréquentes allusions, k l'ancien groupe des « laudatores patrùe ». L'Angleterre est son vrai sujet :

Thus, dear Britannia, «ill l sing or tliee; et t'U en fait, en réalrté, une Arcadie, c'est pour suivre l'usage.

passions amoureuses, ce sont ici les mêmes campagnes, les mêmes bois que chez Spenser; où les essences de tous les climats prospèrent à la fois : oliviers, cèdres, pins, ébéniers, myrtes, lauriers , noyers et même « lotus » ; les mômes paysages fleuris, gracieux, colorés, mais arbitraires; la Tavy du poème, chère à l'auteur (né à Tavistock) , longuement décrite, pourrait couler tout aussi bien en Arcadie. Comme Spenser, Browne nous fait passer, des prés et des forêts, aux maisons abstraites et aux cavernes allégoriques habitées par Désordre, Vérité, Remords, Repentir, Oubli. Remords a pour portière Remembrance ; chez Repentir on rencontre la « modeste nymphe Humblessa » ; Vérité, chassée d'une abbaye, y voit entrer les sept péchés capitaux : c'est la Reine des Fées, et c'est aussi Piers Plowman, qui recommence. Même les manies de Spenser sont imitées : son habitude de ne pas donner tout de suite le nom des personnages, d'en oublier un qu'on retrouvera très longtemps après; l'immanquable scène de viol n'est pas omise; l'éloge de la patrie revient fréquemment. Mais, à la différence de Spenser, et cà la différence de YAstrée^ parue peu avant, l'élément chevaleresque est exclu ; et certaines touches, rares encore^, rappellent que, malgré tout, les temps changent, que malgré son désir d'imiter, Browne appartint à une autre génération que Spenser, et fut contemporain de poètes qui fleurirent sous Charles 11 : quand il naquit, Spenser venait de commencer la publication de la Reine des Fées; quand il mourut, Dryden avait quatorze ans.

La renommée de Spenser, à qui Thomas Warton consa-

1. Par exemple, des vers d'une ironie cinglante que n'eussent pas désavoués Dryden ou Pope, comme celui-ci :

The way to lose a place is to deserve it.

Book III, soiig 1 (t. II, p. 45).

cra une savante et minutieuse étude en 175i', et en l'honneur de qui une société littéraire, a été fondée au dixneuvième siècle, n'est pas moins brillante aujourd'hui qu'autrefois. Mais un phénomène particulier s'est produit, et n'est d'ailleurs que le développement normal de ce qu'on avait pu constater dès le premier jour : son poème, entant que poème, et morceaux éclatants mis à part, était si bien fait pour un pays et un milieu spéciaux qu'à la différence du Tasse et de l'Arioste, si souvent traduits, il n'a jamais été mis intégralement en aucune langue étrangère. Il continue d'enrichir, comme il fit dès la première heure, les anthologies, mais, parmi les compatriotes même du poète, dont aucun ne lui refuse, certes, le titre de grand classique de la littérature anglaise, il compte aujourd'hui beaucoup plus d'admirateurs que de lecteurs.

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