‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 129 sur 290 · Slmnge Newes · texte numérisé non relu

Slmnge Newes

mon à Saint-André de Xorwich le plonge dans une de ces stupeurs mornes, accompagnées de remords, qui donnent le pressentiment des grandes conversions de l'époque puritaine. Il écrit ses confessions,' il pleure; il supplie ses compagnons, qui l'appellent « puritain, précisien », de ne pas imiter le Robert Greene d'autrefois. Mais le nouveau Greene ne tarde pas, lui-m<'me, à imiter l'ancien, et sa conversion ne dure guère. « Que me parlez-vous de l'enfer? si j'y vais, j'y serai en société de meilleurs que moi* ». Il mourut d'indigestion, le 3 septembre 1592, chez un pauvre cordonnier qui l'avait recueilli par charité. Ses humbles hùtes mirent sur son cercueil la couronne de feuillage des poètes, cette môme couronne qu'on a vue, il y a quelques années à Paris, orner seule la dépouille d'un compatriote de Greene, ambassadeur et ancien vice-roi des Indes, rappelant ce qui avait été aux yeux du mort la seule gloire enviable.

Greene se rattache expressément au cycle euphuistique; il nomme son modèle à la première page de ses livres; comme Lyly, il étale complaisamment un herbier et une ménagerie dignes des contes de fées ; il permet à ses principaux personnages de puiser abondamment, aux grandes occasions, dans son trésor de comparaisons mirifiques. Comme Lyly, il affiche, même dans ses nouvelles romanesques, des intentions didactiques; ce bohème tient à perfectionner les mœurs de ses contemporains. Comme Lyly, il plait à ses lecteurs par l'éloge de sa patrie, pourvue d'innombrables navires, riche en belles femmes, « fleur de l'Europe ». Aux avantages de Lyly, il ajoute le don de poésie, et les pièces de vers semées par lui dans ses romans comptent parmi les meilleures œuvres lyriques de l'époque. Capable d'obset-vation réaliste, ainsi qu'il parait aux scènes comi-

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