Pivrce Peiiilessf. — M'orkx, II, p
2. « DesUnie never (lefames her selfe but when she lets an excellent poet die : if Iher»' bec nny sparke of Adams paradized perfection yet einberd up in the brcastes of inortall mon. certaineiy God balli Iteslowed lliat his perfectcst Image on poels ». Jhrk }yil(n». — Works, t. V, p. 60.
3. Préface de ied. de 15«j4 de ses C/ihxl's Trnrs. — Works, t. IV, p. 6.
Blas que de son ancêtre Lazarille. Suffisamment instruit pour s'en faire accroire, il dupe les sots, se glisse parmi les habiles, se faufile à travers les dangers, à l'afFùt du plaisir, attrapant parfois des coups, mais repartant d'un bon pas à travers la vie, jamais abattu, persuadé que le monde est peuplé de bêtes naïves, prédestinées à servir de pâture aux ingénieux sans conscience. Il monte et descend l'échelle sociale au gré du sort, visite des pays divers, assiste à de grands événements réels, se trouve en contact avec des personnages célèbres : tant et si bien que cette nouvelle picaresque est aussi un roman historique. La scène s'ouvre au camp devant Tournay qu'assiège Henri VIII, et la première victime du méchant page est le cantinier de l'armée, sorte de Falstaff devenu sur le tard aubergiste : gras, crasseux, affaissé et maintenant sans défense; mais fier toujours de ses prétendus services et de sa noblesse « dont témoignaient les armes de ses ancêtres gentiment dessinées à la craie au revers de la porte de sa tente ». Le vrai Falstaff réunira un jour en sa personne l'esprit du page et les vices du cantinier. Jack visite les Pays-Bas, TAllemagne, Venise, Florence, Berne. Sir Thomas More, méditant son Utopie^ Jean de Leyde trainé à l'échafaud, le comte de Surre y joutant pour la l)elle Géraldine, Érasme, l'Arétin, Luther discutant avec Carlostadt, François P' vainqueur à xMarignan, figurent tour à tour dans le récit. A Venise, Jack enlève une Italienne, abandonne son maitre le comte de Surrey et se fait passer pour lui. Il assiste à la peste de Rome, mais ne dit rien des monuments, sujet archi-usé et rebattu maintenant pour le lecteur anglais : « Quiconque a seulement bu une bouteille avec un voyageur pérore sur leur compte » .
Des scènes d'un tragique intense, d'autres par trop noires, qui feront plutôt sourire que frissonner, sont mêlées aux aventures comiques; les personnages sont dessinés d'un
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trait net, dans leur pose naturelle, avec les détails de leur costume : le page se donne des airs sur le pavé de Londres, une plume au chapeau, « longue comme une flamme de navire » ; son manteau joue sur son épaule et dépasse son dos des deux côtés, <' comme des oreilles d'éléphant ». Sa fin ressemble à celle de Gil Blas : le fripon enrichi, estime le moment venu de prendre place parmi les gens honnêtes et rangés; il épouse sa Vénitienne, et, nous ramenant A l'armée d'Henri VIII, termine, dans les fêles du Camp du Drap d'or, la carrière la plus complète fournie en Angleterre, avant Defoe, par un personnage de roman.
L'école de l'observation des mœurs communes produisit moins d'œuvres que l'école arcadienne et romanesque; les préférences des lecteurs allaient incontestablement aux imaginatifs, jugés d'autant plus intéressants qu'ils étaient moins vraisemblables et plus distants des plates réalités. Jack Wilton n'eut, malgré son mérite, une seconde édition que de nos jours '. L'effort de Nash ne demeura pas cependant isolé. Tantôt on retrouve le genre qui lui était cher étrangement associé à une donnée arcadienne, comme dans Chetlle ', tantôt son talent de peindre la vie commune reparaît en des œuvres qui tiennent à la fois du roman, de la satire et de l'essai moral, comme chez Middleton et Dekker,
Ces deux-ci se rattachent expressément à lui. La principale nouvelle de Middleton est une réponse du diable à la Supplication que Nash lui avait adressée sous le nom de Pierre Sans-le-Sou. L'écrit appartient au genre picaresque;