‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 14 sur 290 · Prnedicat Aligerum merito Florenlia Dantem · texte numérisé non relu

Prnedicat Aligerum merito Florenlia Dantem

Ilalia et numéros Iota Petraclie tuos : Anslia Chaucerum veneratur nostra poetam, Cui vcneres débet patria lingua suas.

Commentarii, 1709, p. 422. II fait toutefois Chaucer plus riche qu'il n'est et lui attribue Piers Plowman, « Pétri Aratoris fabula ».

2. Commentarii de Scriptoribux Britannici.s, éd. A. Hall, Oxford, 1709, 2 vol. 8°; Ilinerary of John Leland, éd. Hearne, Oxford, 1710-12, 9 vol. ; Collectanea, éd. Hearne, Oxford, 1715, G vol.

ques pièces de circonstance, des poèmes latins annotés par lui-môme (la note était pour lui une hantise) sur la mort de sir Thomas Wyatt. le poète , sur la naissance du prince Edouard (les nymphes, les grâces, les océanides, les naïades, driades et oréades récitent, à tour de rôle,' leur compliment), sur les châteaux du roi, sur la paix, etc. *. 11 défendit aussi, dans un traité latin, emporté par le patriotisme et par son zèle d'antiquaire, l'authenticité des exploits d'Arthur : car l'effort des conquérants venus de France pour unifier les orig^ines a eu des conséquences durables; les Bretons sont des compatriotes dont les Anglais d'Henri Vlil sont fiers, et Leland confond ces « calomniateurs » qui affirment « témérairement qu'Arthur n'exista jamais »>, Arthur mon compatriote, « conterraneum meum' »!

L'admiration grandissante pour l'antiquité, ne faisait pas omettre l'étude des langues vivantes; le français, par une tradition séculaire et l'italien, par une mode plus récente, avaient surtout la faveur; l'espagnol était aussi connu de quelques-uns. Sans doute, le français n'était plus, comme au temps des Plantagenets, une langue semi-nationale ; et même on en était venu à supplier le descendant des princes angevins de la faire entièrement disparaître des documents officiels, comme un « ignominieux et deshonorant » vestige de la Conquête '■ : mais c'était toujours

1. Maeniae in mortem Thomte Viali iijiad.s imnminn iimiis, Lundres, l&i2, 4". li égale WyaU à Dante et à Pétrarque : « Anglus par llalis ». — Genelhlidcon illiistrLsximi Enduerdi principis Cnmbrix, Londres, 1543, 4° (suivi d'un « Syllabus et iiilerpretalin anliquarum diclionum u). — Kûxvciov ^ffjw, ryi/iiea C'an/io, 1M5. — l.audatin Pacis, 1546.

2. Axsfrlioinclydssimi Arliirii reyis Britannix, Londres, 1544. Sur cette fusion des origines, effectuée de propos délibéré, au temps de l'invasion française, voir supra, t. I, p. 115.

3. « Our coinmyn law ys wrylen in tl»e Trencli tonge and llierin dysputyd and touglit, \v\ch bcsyde tbat liytys aga>ne llie cominyn well, ys aiso igno-

un signe d'élégance et de mœurs polies que de s'en servir et c'était toujours la langue internationale par excellence. Un Grec qui visita Londres en 1545 note dans son journal que les Anglais n'aiment guère les Français, mais que cependant, « pour ce qui est de leurs mœurs et genre de vie, leurs parures et leurs vêtements, ils ressemblent surtout aux Français et se servent presque touâ du langage français' ». En même temps que les grammaires latines, des grammaires françaises étaient publiées à Londres; il y en avait une par Alexandre Barclay^ ; une autre, plus fameuse, dédiée au roi, par « Jean Palsgrave, Anglais, natif de Londres et gradué de Paris -^ », qui avait été jadis chargé d'enseigner le français à cette jeune et belle Marie, sœur d'Henri VIII, qui fut un temps reine de France, Palsgrave prend pour modèle la grammaire grecque de Théodore Gaza '* ; il énonce les règles de son mieux ; elles sont innombrables, terribles et obscures; il donne des exemples tirés des bons auteurs : Guillaume de Lorris, Jean le Maire, Alain Chartier; il inscrit la prononciation entre

mynyouse and dyshonowre to our natyon; for as much as Iherby ys testyfyd our subjectyoH to the Normannys ». T. Slarkey^Â Dialogue belwen Cardinal Pôle and Th. Lupset, éd. Cooper. E. E. T. S. 1871, p. 122 (Starkey mourut en 1538; son dialogue est dédié au roi).

1. The second book of the travels of Nicander Xucius of Corcyra, éd. Cramer, Carnden Socictij, 1841, p. 13. Même témoignage ciiez Paul Jove : « Aulœ siquidem et foro Gallicus sermo familiaris, adeo ut ad nobiliores etiam fœminas perveniat ». Descriptio Britannix, Venise, 1548, 4°, sig. d. i.

2. Hère begynneth the introductory to ivryte and pronounce Frenche, Londres, 1521.

3. Lesclarcissement de la langue francoyse, Londres, 1530, 4°. Par crainte de perdre ses élèves, Palsgrave avait interdit à son imprimeur, Pynson, de vendre le livre à qui ce fût sans son autorisation. Stephen Vauglian, envoyé d'Angleterre aux Pays-Bas, réclame l'intervention d'un non moindre personnage que Thomas Cromwell, le tout puissant ministre, pour obtenir ce « bijou de prix ». Ellis, Original Letters, 3° série, t. U, p. 214.

5. « Folowyng the order of Theodorus Gaza in fais grammer of the Greke tonge » (dédicace à Henri VIII).

:i4 L'EPOQUE DE LA RENAISSANCE.

les lignes et insiste beaucoup sur ce point, car les Français, dit-il, tiennent infiniment à être harmonieux. Pour être « arraonyous », ils emploient un procédé « inconnu A toutes les autres nations: ils font une sorte de modulation interne, c'est-à-dire qu'ils forment certaines de leure voyelles dans leurs poitrines et ne laissent pas le son s'échapper par leurs bouches; mais ils le font monter de leurs poitrines droit à leur palais, et ainsi, par réflexion, le son s'échappe par le nez ».

L'italien avait aussi ses adeptes, mais en moins grand nombre. Pétrarque, Dante et Boccace fig-uraient déjà parmi les livres donnés à O.xford par Humphrey de Gloucester; Leland fait l'éloge de Pétrarque et de Dante ; Thomas Cromwell, qui avait passé sa jeunesse en Italie, lit avec délices et profit le Prince de Machiavel; Bonner, le futur évèque, souhaite devenir « un bon italianiste » et rappelle à Crorawell une vieille promesse de lui prêter, A cette fin, les Triomphes de Pétrarque et « le livre appelé Corlegiano en italien ' ». Les meilleurs poètes du temps s'inspirent de Pétrarque et d'Alamanni, en même temps que de iMarot et de Saint-Gelais. On commence à traduire les classiques italiens (sous Elisabeth ce sera une rage); pendant le règne de Marie, sir Thomas Hoby traduit le Courtisan de Castiglione -, lord Morley traduit, sous Henri VIII, les Triomphes de Pétrarque, l'ouvrage le plus admirable qui soit « après l'Écriture sainte-' »; mais il a peine à trouver

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