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4. A. F. Leach, Some English plays anrl players. 1220-1548, dans Au Englis/i miscellany preseuted lo Dr. Ftirnivall, 1901, p. 228.

5. Rôle du Temps dans Triall nf Trensure. de la Mort dans Pride of Life, dans Everymnn, éd. Goedeke, Hanovre, 1865, ou Sidgwick, Londres, 1902.

Sur les Moralités anglaises et, d'une manière générale, sur les origines du théâtre anglais, voir e. y. A. Mézières, Prédécesseurs et contemporains de Shakespeare. 1881 ; Symonds, .Shakspere's predecessors, 1900; A. \V. Ward, A History of English dramatic LiUralnre, 1899, 3 vol. 8" (ouvrage considérable, tendance à juger avec trop d'iodulgenco : défaut aimable, si c'en est un); E. K. Chambers, Medixval Stage, Oxford, 19<»3, 2 vol. 8" (important). Cf. supra, t. 1, p. 465.

Principaux recueils de réimpressions : Dodsley, Old Playt, éd. HazliU,

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la vertu ; Nature y expliquait les mystères de la nature , et Satan conseillait de ne pas suivre ses conseils. Même à la fin du seizième siècle, on écrivait encore, de temps en temps, des Moralités pour un public que rien ne lassait, que tout intéressait et qui trouvait plaisir à deviner le sens d'une transparente allégorie. Dans le même moment, on put voir les habitués des théâtres lire l'affiche et se demander s'ils iraient à une Moralité de Wilson ^ ou à un drame de Shakespeare.

Ces pièces, où les qualités et les travers sont tirés à part et isolés, où les personnages s'appellent Avarice, Hypocrisie, Bon Conseil, eussent conduit tout droit à la comédie de caractères, si le tempérament anglais n'y avait, à la fin, mis obstacle. C'est que, précisément à cette période, l'Angleterre allait s'individualisant de plus en plus, se concentrant sur elle-même, se séparant de Rome, se donnant une religion à elle, et se convainquant de sa propre originalité et de sa propre grandeur. Son tempérament se développa donc en toute liberté, et il l'entraînait vers l'expérience plutôt que vers l'abstraction, vers l'étude des individus plutôt que des types. En France l'évolution s'acheva, et Avarice, Hypocrisie, Bon Conseil prirent place dans la littérature universelle sous les noms d'Harpagon, Tartufe et Éliante.

Dans les Moralités, par tous pays, une place avait été réservée, à côté des abstractions, à la vie réelle; les Mo-

1874 et s. 15 vol. ; Alois Brandi, Quellen des wellUchen Bramas in England vor Shakespeare, Sir A?,ho\x\%, 1898, 8" (trois moralités, trois interludes, deux drames sur la Réforme, etc.) ; Manly, Spécimens of the Pre-Shakespearean Drama, Boston, 1897, 8°; C. M. Gayley, Représentative English Comédies, from the beginning to Shakespeare, New York, 1903.

1. Par ex. son ûohiers Prophesie, 1594. Les Three Ladies of London du même, 1584, « as it liath been publiquely played » et leur suite : The three Lords and three Ladies, 1590, sont des Moralités satiriques qui eurent beaucoup de succès.

ralliés anglaises offraient, comme distraction, à l'auditoire, des rixes, des soupers à la taverne •, et les facéties d'un bouffon, le Vice : le Badin de notre théâtre. En France, une fusion harmonieuse de ces éléments hétéroclites se produisit peu à peu ; les abstractions devinrent moins abstraites, les vulgarités réalistes moins vulgaires ; et nos auteure s'achemiaèrent graduellement vers la grande comédie de caractères. A Londres, la part de la vie réelle s'accrut sans cesse; les trivialités et les menus incidents qui encombrent les existences ordinaires, encombrèrent aussi des pièces qu'on prétendait calquer sur le modèle vivant; les personnages abstraits disparurent, et la comédie de mœurs et d'observation demeura en possession de la scène. Mais un signe visible de l'ancienne origine demeura toutefois : l'habitude de donner aux personnages des noms qui sont des étiquettes; les faiseurs de comédie la prirent aux faiseurs de Moralités; Sheridan l'accepta comme Massinger : après Ambition, et Hypocrisie, on eut sir Giles Overreach et Joseph Surface. Cette coutume qui remonte si loin n'est pas encore entièrement abolie.

Souple et commode, comme tous les procédés allégoriques, la Moralité, aussi longtemps qu'elle resta supportable au public, fut utilisée, non seulement par les braves gens qui voulaient instruire, mais par les politiques et les énergumènes qui voulaient discréditer ou convaincre. Le journal n'existait pas; la pièce jouée ou seulement imprimée était un des moyens les plus efficaces pour vulgariser les idées. On discuta donc, en des Moralités faites moitié d'histoire et moitié d'allégorie, les rivalités internationales, les changements de religion, les ambitions de Philippe, les re-

1. Ex. dans The Iiilerlinle of (lie four Eléments, 1510 (?;; A goodUj enterliide of yalure, par Medwall, 1538; Tlie EnU-rliide of Youth. 1555, etc.

vendications du pape'. Les catholiques tournèrent celte arme contre les protestants, et les protestants contre les catholiques ; et les autorités, dont la formule était toujours, quel que fût le parti au pouvoir : paix et conformité, tâchèrent d'imposer silence aux railleurs. Roo mit Wolsey en scène et Wolsey mit Roo en prison : chacun sa manière. Plusieurs des pièces de John Baie, ses Trois Lois, son Roi Jean, sont, comme on a vu, des pamphlets dialogues contre le pape et les catholiques, où se mêlent histoire et abstractions ; déclamations vagues et dénonciations précises : Clément VII (( a payé sa tiare trois cent mille bons ducats de loyale monnaie ». Sous les traits du roi Jean, Baie décrit Henri VIII et lui donne raison dans la querelle de la suprématie, transportée sans cérémonie au treizième siècle ~.

Périodiquement les autorités s'inquiètent ; Edouard VI interdit les représentations théâtrales, parce qu'on s'y moque de « son très cher oncle » Somerset. Elisabeth, à peine sur le trône, constate qu'on traite au théâtre toute sorte de sujets qui en devraient être exclus et qu'on y tourne en ridicule le Book of Common prayer"^; elle prescrit de ne laisser jouer aucun drame où il soit question « d'affaires religieuses

1. Philippe II hàle les préparatifs de rArmada, à la réception de l'analyse d'une pièce anglaise où lui, le Pape et la religion catholique sont tournés en ridicule. Ni les ravages des Anglais aux Indes, ni l'entente d'Elisabeth avec le sultan « ne lui avaient causé une rage aussi forte ». Dépêche de l'ambassadeur de Venise au doge, 20 juillet 1586; Calendnr of Skile papers... in (fie archives of Veaicc, t. VIII.

2. Supra, p. 181. Du même, des pièces pieuses : Johan Baptysles; The Tempiacyon of oitr f.orde, 1538, etc., et d'autres compositions dramatiques dont il donne la liste dans son Catalogue, mais dont beaucoup [Prodilioncs Papis- (arum; De imposluris Thomx Beckeii, etc.) sont perdues. Spécimen de pièce catholique contre les protestants : A meryc enterlude entitled Respublico, 1553, jouée à Noël, la première année du règne de Marie; réimprimée par Brandi, Quellen des weltlichen Bramas, Strasbourg, 1898, p. 281 ; rôle d'Oppression « allias Reformalion ».

3. 1 Eliz. ch. II [Acl of mtiformUy). Prolhero, Select slalules, 1894, p. 16.

ou du gouvernement de l'État » ; ordre aux nobles de veiller <( sur leurs gens qui sont acteurs * ». Parmi ces nobles était Leicester, dont le premier soin, dès le commencement du règne, avait été de s'attacher une troupe de comédiens, destinée à devenir la plus célèbre du royaume.

Comme les autres pays du continent , l'Angleterre avait ses fêtes populaires, ses défilés pompeux, ses ballets de cour, tous amusements d'un caractère semi-dramatique et souvent coupés de vrais drames : Maij-^ames où figurait Robin Hood et où l'on jouait, quelquefois en plein vent, des scènes de sa vie légendaire ; défilés en costumes à l'occasion d'un banquet ou d'une fête de mariage ; veilles de la Saint-Jean ou de la Saint-Pierre, fête de Saint George -; entrées royales dans une ville, avec intermèdes appropriés, et scènes et dialogues mimés, visites du prince aux Universités, à un grand seigneur qui transformait, à cette occasion, son parc en un Olympe où les dieux de la fable sortaient des buissons, descendaient du ciel et dansaient sur l'herbe. Elisabeth ne se lassa jamais de cette mythologie. Leicester organisa pour elle les fameuses fêtes de Kenilworth où Hercule figurait en portier du chAteau, la Sibylle prédisait à la reine un règne glorieux, et un homme sauvage dialoguait avec Écho 2.

1. Proclamation du 16 mai 1559; Transactions de la New Shakspere Society. 1884, Appendice.

2. Sur les midsummerwiticliestt les midsitmmer pngeanh. les illuminations, les défilés, les chars emblématiques (pageanis), remisés a Lcadenhall en attendant l'anniversaire, voir Stow, Suvvny of Lnndon. éd. de 1603, pp. 103 et s., 154. 16t. Sur Saint George, Chambers. Medixval Stage, I, 210.

3. Paroles de Gascoigne et autres : Tin- princrlyr plmsures nt tlie courir (il h'fiielirorHi. 167(); Complele Poenis. 1869, t. H. Sur les solennités de ce genre, voir Nicliols, Progrrsscs... of QuecH F.liznhelh. 1823, 3 vol. -i" : fête mythologique sur l'eau offerte à la reine par le comte de Hertford; curieuse gravure de l."i91, reproduite, t. III. p. ICI. Mt'mes goûts en France : grandes tapisseries, conservées au musée des Arazzi de Florence, représentant des fêtes pareilles données par Henri [lllj à Fontainebleau.

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La ville de Norwich lui offrit une semaine de festivités quasi dramatiques, dépensant des sommes énormes en velours, soie et drap d'or. Le poète Ghurchyard, charg-é d'organiser les réjouissances, les a racontées avec bonne humeur, soulignant les réussites et confessant les désastres. Il avait préparé, pour l'arrivée, un concert exquis, « malheureusement gâté par la stupidité d'un sonneur de cloches », dont on ne put faire taire le carillon et qui empêcha de rien entendre. Un « excellent jeune garçon », vêtu à la turque , complimenta la reine qui daigna dire : « Cette invention est belle ». Un jour, Mercure « envoyé par Jéhovah », car Ghurchyard ne craignait pas de moderniser sa mythologie, arriva sur un char qui semblait fendre les airs, tiré par des oiseaux de carton sur des nuages peints. Un autre jour, une Moralité fut jouée devant la reine; on y voyait Chasteté s'emparer de l'arc de Cupidon et le remettre à Elisabeth, qui trouva encore que cette allégorie était belle. Autre Moralité le lendemain; puis spectacle sur l'eau; malheureusement les acteurs se trompèrent d'endroit, et ils attendirent trois heures durant la reine qui se promenait ailleurs et ne vint pas; gracieuse invention de nymphes des eaux, cachées dans un trou que voilait une toile verte, la toile retirée, les jeunes garçons costumés en nymphes, avec de fausses nattes dans le dos, devaient sauter de terre et danser, « de façon à reproduire, aussi exactement que possible, la danse des fées ». Malheureusement des torrents de pluie vinrent les inonder dans leur trou et la catastrophe fut si complète que la noble assistance, écrit le poète avec son imperturbable bonne humeur, « eut plus d'amusement à nous voir pareils à des rats noyés, qu'elle n'en aurait trouvé au spectacle «jue nous préparions* ».

1. À Discourse of Ihe Queenes Majesties entertainement... at Norwich Londres, 1578, 4°.

Les défilés en costumes et en masques égayaient, en Angleterre, les bals et les banquets, et très souvent, comme tous les autres amusements de ce genre, se résolvaient en représentations dramatiques. On peut voir un de ces défilés reproduit dans une peinture du seizième siècle conservée à la National Gallery de Londres, et représentant les fêtes du mariage de sir H. Union : procession d'amours et de divinités masquées, aux sons d'un orchestre, devant les convives. Shakespeare introduit dans la Tempête un défilé de ce genre; Spenser en a décrit un dans sa Heine des Fées '. Parfois c'étaient des pantomimes ou des ballets allégoriques, représentant un événement fameux de la fable ou de l'histoire; Brantôme en vit danser un, à la cour dWngleterre, qui avait pour sujet les Vierges sages et les Vierges folles : « Même la reine dansa et de fort bonne grâce et majesté royale », 1561.

Mais souvent aussi, les personnages prenaient la parole et on avait de vrais petits drames, écrits d'ordinaire dans la note précieuse et complimenteuse convenable en telles occurrences, pleins d'allusions aux vertus du souverain et accompagnés ou mêlés de danses en musique. Ces différentes variétés étaient appelées en Angleterre Masi/ues ou Mash's et correspondaient aux mommeries et momons-, aux « ballets héroïques », aux « comédies-ballets » et « tragédies-ballets » de la cour de France^. La. Psyché de Corneille,

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