Taylor's Revenge
4. Shakespeare eut un moment dans sa troupe un clown à belle voix et multiplia pour lui les occasions de se faire entendre : dans All's well, dans Twelflh Night; cinq ou six chansons dans cette dernière pièce, une de cinq couplets.
à l'étranger, les professionnels de « l'agilité » étaient indispensables au succès des représentations. Par tous pays, à ce moment, une grande ardeur voyageuse animait les troupes d'acteurs; elles essaimaient de toutes parts. On en trouve de françaises en Allemagne, d'italiennes à Paris et à Londres (une d'elles accompagne Elisabeth dans ses déplacements en 1573 •); d'espagnoles et d'anglaises en France-; d'anglaises en Allemagne et en Danemark ; dans ce dernier pays, un ou deux acteurs, qui appartinrent ensuite à la troupe de Shakespeare, jouèrent à Elseneur devant le roi Frédéric H. .Mal comprises d'un auditoire qui ne pouvait suivre que la donnée générale des pièces, les troupes anglaises faisaient apprécier, du moins, la prestesse de leurs acrobates et la musique de leurs chanteurs. Le passeport donné à une de ces compagnies se rendant sur le continent en 1591, spécifie que les acteurs qui la composent exerceront en route « leurs qualités en fait de musique, agilités et jeux de comédies, tragédies et histoires ^ ».
Mais les troupes s'enorgueillissaient aussi de vrais tragédiens, qui avaient pris leur art au sérieux et Tavaient étudié dès l'enfance. Ceux-là se pénétraient de leurs rôles, mesuraient leurs gestes, enfin contrastaient par leur savoir histrionique et la dignité de leur déclamation avec les pitreries des bouffons. C'étaient, entre {lutres, Richard Burbage, fils du constructeur du Théâtre, et le « Hoscius » de son temps, que tous les auteurs souhaitaient avoir pour leurs pièces nouvelles et qui fut l'Hamlet, l'Othello, le Roi Lear, le Richard III de Shakespeare; c'était Field que Jonson égale àBurbage, AUeyn le beau-tils et associé d'Ilens-
1. Accoiinfs of (hf Berelx, éd. Cunninghain, S/iak. Soc,, p. 77.