et s.; voir Shakespeare en France, pp. 48 el s
3> Original en français. Cohn, Shakespeare in Germany, Londres, 1865, 4°,
p. XXVlll.
lowe, de magnifique prestance *, autre Roscius, dit Nash, capable, par l'excellence de son jeu, de changer une mauvaise pièce en un drame à succès, qui fut le Tamerlan, le Juif de Malte, le Faust de Marlowe et qui, aimable de manières, pieux de sentiments et par-dessus tout habile aux affaires, s'enrichit et fonda ce fameux collège de Dulwich, hospice et école à la fois, qui conserve jusqu'à nos jours sa mémoire.
On peut affirmer, sans crainte de se tromper, l'excellence générale de ces compagnies d'acteurs; elle était probablement aussi grande, peut-être plus, que celle des troupes anglaises d'aujourd'hui : par la raison qu'il n'y a maintenant à Londres aucune école ou conservatoire de musique et déclamation, et qu'autrefois nombre de comédiens étaient enfants de la balle, avaient joué dès leurs plus jeunes ans, fils ou pages [boys) d'acteurs, employés d'abord aux rôles de femmes, ou bien anciens enfants de la chapelle royale ou de la maîtrise de Saint-Paul. Burbage était fils d'acteur; Field avait débuté dans une troupe d'enfants. Cette excellence des acteurs d'alors était notoire. Les Anglais en étaient fiers,- mais se désolaient de ce que ce mérite, comme tous ceux de leur littérature fût (malgré les troupes ambulantes) mal apprécié au dehors. Nash se moque d'une représentation à' Acolastiis à Wittenberg, où les personnages gesticulaient si follement qu'on craignait pour les chandelles suspendues sur leurs têtes^. « Nos comédiens, disait-il, ne ressemblent pas à ceux d'outre-mer » ; ils sont dignes et réservés ; leurs troupes ne sont pas faites de Pantalons, de Zanis et de courtisanes; « notre scène est plus dignement fournie que ne fut jamais celle de Rome, du
1. Voir son portrait à Dulwich, reproduit par Manlzius, Skuespilkunstens Historié, Copenhague, 1901, t. Il, p. 197.