‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 155 sur 290 · Dans Jack Willon; Works, Grosart, t. V, p · texte numérisé non relu

Dans Jack Willon; Works, Grosart, t. V, p

temps de Roscius » ; et puisque l'Europe l'ignore, il va le lui apprendre dans un livre en latin*. Les allusions qui fourmillent dans le théâtre de l'époque, la fameuse leçon que donne Hamlet aux acteurs dans le drame de Shakespeare, les recommandations adressées, dans le Retour du Parnasse, par Kemp et Burbage (qui y figurent sous leur propre nom), aux étudiants de Cambridge chargés de jouer une comédie, montrent combien s'était perfectionné l'art histrionique. Rien n'était plus laissé au hasard ; gestes, poses, intonations étaient étudiés, voulus, appropriés à l'occasion; le tragédien ambulant qu'Hamlet reçoit à Elseneur, pâlit et verse de vraies larmes à la pensée des malheurs d'Hécube. « Quoi de plus comique », dit Kemp, au moment de commencer ses leçons aux apprentis acteurs de riJniversté, « que de voir jouer des écoliers? ils n'osent parler et marcher en même temps; ils attendent, pour ouvrir la bouche, d'être tout au bord de la scène, comme si, quand on se promène avec un camarade, on ne disait rien avant d'être arrivé à une barrière, une porte, un fossé, un endroit où il faut s'arrêter, ne pouvant aller plus loin^ ». Thomas Heywood constate, quelques années plus tard, que des pièces de toute sorte sont jouées à l'Université, et c'est un grand bien, dit-il ; les jeunes gens apprennent ainsi à parler, à marcher, à surveiller leurs gestes, à marquer la ponctuation, à bien prononcer, à éviter l'écarquillement des yeux ot la grimace des lèvres. Longue est l'énumération des défauts qu'ils évitent et que nul auditoire, apparemment, n'aurait plus tolérés au théâtre^.

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