Midsummer Night's Dream, IV
2. « The title of this play is Cynthia's Revels, as any man Ihat hath hope to be saved by his book can witness ». InducUon de Cynthia's Revels, de Jonson.
3. Œuvres complètes, éd. Livet, t. II, Albion, caprice héroï-comique.
Il pouvait cependant arriver que la pièce déplût, l'auditoire sifflait alors, hurlait et miaulait; « Monsieur Miaou » était la terreur des acteurs et des poètes ^ dont quelquesuns, déjà, se munissaient d'une « claque » favorable, domestiquée par avance'^. Alors, comme depuis, les auteurs se plaignaient de la « fatalité » qui décidait du sort des pièces : « Les pièces ont leurs destinées... telle née aujourd'hui sera enterrée demain, enfant qui aura pu apprendre à parler, mais non à se tenir sur ses jambes ^ ». Les assistants gardaient rarement un silence continu; un vacarme assourdissant qui interrompt une bataille chevaleresque, rappelle à Spenser « les cris de femmes et clameurs de jeunes garçons qui, si souvent, jettent le désordre au théâtre* ». D'autres troubles étaient causés par les querelles des spectateurs du parterre, soit entre eux, soit avec les élégants assis sur la scène; ils adressaient des injures à ces privilégiés, leur jetaient à la tête les pommes qu'ils venaient d'acheter, et même leur crachaient dessus. « Contentez-vous de rire de ces sottes bêtes », disait Dekker à ses galants.
La pièce se déroulait, pleine d'événements terribles, tous d'ordinaire pris au sérieux et qui « faisaient, dit Hall, dresser les cheveux sur la tète ». Quand l'horreur était à son comble, que l'auditoire était devenu muet de crainte, un
1. 0 Monsieur Mew ». Induction de What you will. de Marston, i" éd.
2. Historio-Mattix. acte II, comédie composée vers 1599 (?) ; réimpr. par Simpson, Scfiool of Shakspere, t. Il, p. 33.
3. Thomas Heywood, prologue pour une reprise de son If you know not me, t*éd. 1605.
4. AU suddcnly they heard a tnmbloui noyés That secmd some perilous tumult to desine, Confusd witli woroens cries, and shouta of boyes,
Such as ihe troubled Tbeaters ofUmes annoyes.
tmitv Qiieene. lir. IV, cbanl m.
répit lui était accordé : « Voici qu'arrive par bonds un rustre g-rotesquement déguisé qui rit et grimace... le théâtre aussitôt retentit des rires joyeux et des applaudissements de la foule ». Perdus dans la vaste enceinte, les connaisseurs, les poètes, « groupés en parlement suprême, attentifs aux mots et aux gestes... murmurent leur verdict à Toreille du voisin. Malheur à l'expression qu'ils notent d'un noir crayon sur leur papier ^ » ! Us préparaient les discussions qui animeraient la taverne tout à l'heure. Alors, néanmoins, tout comme depuis, le vrai succès d'une pièce ne dépendait pas d'eux, mais de la foule et, déjà à ce moment, on le savait: les charretiers, les étameurs, d'une voix aussi bruyante que celle de personne « décident librement de la vie et la mort des pièces », disait Dekker. Ben Jonson suppliait seulement ses auditeurs de ne pas le « condamner par contagion », entraînés par l'avis du voisin'.
A la pièce succédait d'ordinaire une danse chantée qui détendait les esprits et obtenait de vifs applaudissements •'. C'était alors l'heure du souper, le repas par excellence qui se prenait à la taverne, et les tavernes de Londres étaient fameuses. Le Faucon, taverne et auberge, tout à côté des théâtres, la Sirène, la Mitre, la Têie de Sanglier dans la Cité, ne désemplissaient guère, La gaité y était tapageuse, la clientèle abondante, la dépense considérable : « Une consolation», dit le geôlier de Cymbeline à un condamné à mort, « c'est que vous n'aurez plus de paiements à faire, plus de notes de taverne à redouter ». Les étrangers en admiraient le luxe; ils notaient avec surprise 1-a présence d'artisans qui venaient, écrit un Français en 1558, « en une