‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 169 sur 290 · Tliis Word dananation terrififs not me · texte numérisé non relu

Tliis Word dananation terrififs not me

For I confound Hell in Elysium, Ny ghost l)C wilii llic old philosophers. But, leaving thèse vain trifles of mcn's soûls, Tell me... (1-3).

« Plus qu'une heure, et c'est la damnation perpétuelle!... l'horloge va sonner... Oh! si Faust pouvait demeurer en enfer mille ans, cent mille ans et à la fin être sauvé!... Que ne suis-je né créature dépourvue d'âme »! L'éloquence du monologue final est égale à l'attente; le théâtre anglais nofl'rait rien encore d'aussi grandiose et d'aussi tragique. Il n'offrait rien non plus d'aussi beau ni d'aussi doux que l'exclamation de Faust à l'apparition d'Hélène : « Voici donc le visage qui a lancé sur la mer des milliers de navires et brûlé les tours inaccessibles d'Ilion... Oh! tu es plus belle que l'air du soir brillant de la beauté de mille étoiles !... »

Le succès fut d'autant plus grand que le public croyait à la réalisation possible des inventions du poète ; un moraliste ennemi du théâtre assure même qu'à une des représentations, un vrai diable fut réellement évoqué et parut sur les planches ^ Peut-être eût-on de la peine à le discerner des faux, car ils étaient effroyables : <( Mon homme liton dans un écrit de 1604, était emperruqué à la façon des diables de Faust, quand on entendait craquer le vieux théâtre, à la terreur de l'auditoire ~ ».

Le Juif de Malte 3, c'est encore une manière de Tamerlan; le procédé reste le même : l'entassement. Ce qui est entassé pour l'effet ce sont les crimes, les atroces vengeances, les complots sanguinaires d'un monstre par trop noir. La scène est à Malte, parmi des catholiques que le poète déteste, des Turcs qu'il exècre et des Juifs qu'il abomine; ce ne sont qu'horreurs et monstruosités. Le Juif Barabas mène la pièce ; il fait le mal pour le mal quand il ne peut le faire pour son bien ; il corrompt l'eau des puits, achève

1. W. Prynne, Hislrio-MasUx, the Players Scourge, 1633. fol. B56.

2. Middlelon, The Blacke Booke, 1604. Works, éd. BuUeii, Vlir, p. 13.

3. Joué vers l.")90, souvent repris, autorisé pour l'impression en 159'» ; publié seulement en 1633, par Th. Heyvvood : The fanions Tragedy of the rich Jew of MaUa.

les malades qu'il rencontre \ empoisonne tout un couvent, fait sauter en l'air toute une armée. Envoyé à la torture il meurt en route, par le poison; son cadavre, jeté du haut des tours, tombe sur la scène; mais il se relève aussitôt : le poison était un soporifique. A la fin, le dernier, le plus féroce et le plus ridicule de ses plans échoue et, au lieu de ses victimes, c'est lui-même qui tombe dans un chaudron où il est bouilli à mort sous nos yeux : « un chaudron pour le Juif », lit-on dans les inventaires d'Henslowe -. Presque aucun repos; à peine, de loin en loin, quelqu'une de ces touches de rêve que Shakespeare nous rendra familières-'; partout la mort, les tortures, les grimaces hideuses et des combinaisons d'événements aussi invraisemblables que celles dont sont faits les cauchemars. On jutreait « machiavéliques » ces intrigues féroces; Machiavel passait maintenant pour le Méphistophélès de la politique, et les instincts du Juif étant diaboliques, Machiavel en personne avait, au début, présenté Barabas à lauditoire et récité le prologue.

Même moyen de plaire et plus facile encore dans le Massacre de Paris^ drame sombre s'il en fut, composé pour tirer parti de l'horreur inspirée par la Saint-Barthélemi. On eût pu croire qu'en un pareil sujet, la réalité suffisait : erreur complète; Marlowe y ajoute; on ne saurait se restreindre quand on procède par entasse uients. Catherine de

1. As Tor niyseir, I walk abroad o' niglils. And kill sick peo|ile Rroaning iinder «ails; Soinetiincs, I go about and poison wells, vclc, etc.! Il-i.

2. InvenUire de la troupe du lord Amiral en 15'.»8, Hfiisloire's Dinry, p. 274. Quanlilé d'articles dans cet inventaire se rapportent à des pièces de Marlowe. entre autres, n j dragon in fostes •> ; un dragon pour Faust.

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