‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 18 sur 290 · The Scholemaster, éd. Arber, p · texte numérisé non relu

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2. 1540. François I" avait institué, en mars 1530, des cours indépendants de ceux de la Sorbonne et confiés à « des lecteurs royaux », litre qu'adopta également Henri VIII; de cette institution sortit le Collège de France. Lefranc, Histoire du Collège de France, 1893, pp. 102 et s.

leçons publiques et gratuites, a expliqué tout Homère et tout Soi)hocle par deux fois; tout Euripide et presque tout Hérodote », et en aurait expliqué davantage, n'était sa malheureuse querelle avec Tévêque de Winchester, Gardiner, sur la vraie prononciation du grec^ L'ardeur à s'instruire est si grande qu'elle produit maintenant, comme en Italie, des discussions impétueuses. Gardiner l'emporta d'abord, mais dut, pour cela, user d'autorité et édicter des châtiments comme s'il se fût agi de délits contre l'ordre public -. Cette chaleur nouvelle frappait les étrangers, peu préparés à trouver, si loin vers le nord, une culture classique si avancée. L'un des représentants les plus célèbres de la Renaissance, sceptique et railleur, qui n'épargna rien ni personne, se moqua des princes et des prêtres, des religions et des institutions, sans pourtant rompre définitivement avec aucune puissance, et qui, comme Voltaire, ne garda jamais intacte qu'une seule croyance, sa foi dans les belles-lettres, citoyen du monde, compatriote de quiconque pensait, Érasme, fit en Angleterre des séjoui*s prolongés. Tout le charmait dans l'ile, jusqu'au climat môrae-^ son désir de

1. Lettre (en latin) à lirandesby, 1542-3, Whole Works, 1. 1, p. 25. Ascham, en ?rai humaniste de la Renaissance, et à la différence de Pétrarque qui préférait les Latins aux Grecs, juge que les Grecs l'emportent sur tous, anciens et modernes; c'est à leur école qu'il faut s'instruire : n Now, li>t Italian and Latin il self, Spanishe, French, Douch and Knglishe bring forth llieir lerning, and recite their authors, Cicero onelie excepted, and in onc or two moe in Latin... if tliere be any good in them, it is either lerned, borowed or slolne from one of those worthie willes of Atbens ». Scholemaster, éd. Arber, p. 60.

2. EUis, Original Letlers, T série, t. II. p. 208. Sur le nMe d'Érasme dans la question, voir Gennadius, hrasmus and the prnnunrialion of Greek (Xineteenth Century, l*"" janvier 1896), dur pour Erasme. Pour le rôle de sir Thomas Smith, voir son traité De recta et emendata lingiix Graccxpronuntiatione... Epistola, Paris, Robert Eslienne, 1568, 4° (daté de Cambridge, 12 août 1512).

3. « Cœluin tum amœnissimum, tum saluberrimum hic offendi ». Lettre de 1497; Epistolarum... Lib ri, Londres, 1642, col. 308.

plaire était si vif qu'il se pliait aux manières de la cour ; il apprenait à saluer, à sourire, à monter à cheval, « pas trop mal », à chasser même, « et invita Minerva haec omnia^ »! Les lettres anciennes sont cultivées avec tant d'éclat dans ce pays qu'il n'ira plus en Italie que par curiosité. « J'écoute mon ami Colet et il me semble entendre Platon même... La nature a-t-elle jamais rien formé de plus fin, de plus doux, de plus heureux que l'esprit de Thomas More?... On ne peut imaginer combien dense et fleurie s'élève ici la moisson des connaissances antiques ^ ». La table du roi est devenue une école de savoir; toujours comme celle de François \" : « La table du roi [de France] était une vraie école », disait Brantôme; « et était reçu [à sa cour] qui venait, mais il ne fallait pas qu'il fût àne ou qu'il bronchât, car il était bientôt relevé de lui-même ^ ». Henri VIII, écrit Érasme, surpasse tous les anciens empereurs romains, César, Auguste, Trajan, Sévère; « il me semble assister à la naissance d'un nouvel âge d'or^ ».

L'Angleterre a, en efi'et, non seulement des grammairiens et des professeurs, mais encore des humanistes dont le renom se répand à l'étranger. Le plus illustre fut sir Thomas More.

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