‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 180 sur 290 · I know you are now, sir, a gentleman born · texte numérisé non relu

I know you are now, sir, a gentleman born

— Ay, and bave been so any time thèse four hours ». }yinter's Taie, V-2. Sur Justice Sliallow « ariiiitjero u, voir Mernj Wivvs, 1-1.

2. a This llugh Clopton builded also by the norlh syde of Ihis cbappell a praly bouse of brickc and lymbre, wlierin bc lived in his lattcr dayes and djed ». Lcland, HinCranj, éd. de 17'i5, t. IV, p. 6G.

3. Lettre d'Abrabam Sturloy, 2i janvier 159[8], à Richard Quiney, ce dernier étant à Londres. Déjà dans cette lettre la prise A ferme des dîmes de Stratford, que le poi'le devait réaliser sept ans plus tard, est mentionnée comme « a faire marke for him to shoote at, and not impossible to bitl ». Texte dans Halliwpll-Phillipps. Outlines, t. II, p. .".7, avec d'autres lettres où le poète figure uniquement en qualité de riche et influent capitaliste. Un de SCS moyens de réussir dans les entreprises auxquelles l'encouragent se» compatriotes, est R the frendcs lie can mako u.

Vers 1595 commence la période de maturité du génie de Shakespeare; elle dure jusque vers 1G08, comprenant d'abord une majorité de pièces joyeuses et triomphantes, et ensuite une succession de sombres tragédies et de drames amers. Vers le sommet de la vie deux pentes se rejoignent : la montée au soleil levant, la descente au soleil qui se couche.

Les premières de ces pièces sont toutes remplies de bonheur, de gaité, de turbulente joie. La mégère est domptée au milieu des éclats de rire ^ ; les bouffons, les grotesques, les personnages de la plus outrée et de la plus fine comédie savent que leur heure est venue et ils ne se privent pas d'en profiter; même dans les récits tirés de l'histoire nationale, la part faite à la comédie, au rire et à la joie est maintenant immense. Les scènes entre les hommes d'Etat et les chefs d'armée, les appels à la sagesse des archevêques, les graves discours, les apostrophes lyriques, alternent avec les scènes d'auberge et de grand'route, où l'immortel Falstaff, entouré de ses myrmidons, étale sa corpulence, sa gloutonnerie, son impudeur et surtout sa belle humeur jamais en défaut. Le drame où se joue, sous Henri IV, le sort de l'Angleterre et, sous Henri V, celui de la France, est associé à une grosse, forte et torrentueuse comédie, bouffante, tonnante, puante, avec gros mots, fines reparties, grossièretés, traits d'observation; gens, mots et lieux, sales, gras, abjects, mais mis à la scène, avec une fougue joyeuse, pro-

1. Taming of the Shrew, joué vers 1596-7, 1" éd. : l'in-folio de 1623; source : A plensant conceited historié, called The taming of a Shrew, 1594, dont Shakespeare suit, « induction » comprise, la donnée de très près. Allusions à diverses localités du Warwickshire, familières au poêle.

voquant un délire d'hilarité à faire envie à Rabelais ' . Ces pièces font appel, du reste, à un patriotisme de tréteaux aussi épais que devant; les adversaires continuent d'être pleutres, vantards, traîtres, etc. ; le Dauphin a tellement les mêmes défauts que celui du lioi Jean, qu'on <lirait ce même prince transporté négligemment d'une pièce et d'un siècle à l'autre. Pas plus maintenant qu'avant, Shakespeare ni son public, ne se demandent quelle gloire il pouvait y avoir à vaincre cet imaginaire ramassis de poltrons, si abjects que l'un d'eux se rend, au premier mot, à Pistol l'entremetteur et le lAche des lâches; et si mauvais soldats qu'ils ont dix mille tués, pendant que leurs advei'saires comptent seulement vingt-cinq morts. Le poète avait sous les yeux llolinshed qui mentionne les vingt-cinq morts et ajoute : '« Mais d'autres écrivains de plus grande autorité affirment que le nombre des tués anglais dépassa cinq ou six cents- ». Le dramaturge adopte le premier chill're, impossible sans doute, mais bien plus intéressant aux yeux de son public. 11 appuie, flattant les goûts de l'auditoire, sur le caractère édifiant de la guerre entreprise contre la France : ce n'est pas par soif de conquête qu'Henri V passe la mer, c'est par amour du droit; ce n'est pas sa faute s'il a droit à la couronne de France; ce serait une injustice que de ne pas faire valoir ce droit. Le roi insiste auprès de l'archevêque de Cantorbéry et lui demande s'il peut honnêtement, religieusement et généalogiquement faire cette guerre : «< A Dieu ne plaise que vous faussiez ou courbiez votre interprétation... Prenez bien garde... Au nom de Dieu, soyez

1. 1 et '! Ilenrij tV, joués probablement entre l.".9(i et 15*.»8, l"- éd. t.vjf*, UJOO; Henry V, joué vers L/JS, 1" éd. (très imparTaitej. IGOO. Sources : Holinshcd, cl la vieille pièce : The fainous viclories of Henry Vie fifth conlaining t/ie honourable. hatteU of Ay incourt, impr. 1598.

2. Édition de 1586-7, celle que suivait Shakespeare, t. III, p. 555.

circonspect... puis-je vraiment et en conscience soutenir cette revendication » ? — Sans le moindre doute, répond l'archevêque, et il rassure la conscience timorée du futur conquérant par des preuves de son bon droit aussi contestables qu'abondantes 1. Le fils de l'usurpateur part donc, l'âme en paix ; sa campagne sera profitable et morale ; on l'y verra s'enorgueillir de son humilité ~, rapporter sa victoire à Dieu 3 et déclarer, comme fit Elisabeth au retour de Drake, que le triomphe, complété cependant par un massacre de prisonniers''', a été obtenu « auxilio divino ».

Elisabeth ayant voulu, dit-on, voir Falstati' amoureux, Shakespeare écrivit les Joyeuses Commères de Windsor^^. C'est, à la fois, une très jolie comédie bourgeoise et une grosse farce caricaturale, se terminant par des aventures de pantomime et de féerie, comme l'histoire de M. Jourdain. Des bouffées de bon air des champs traversent la scène. Les habitudes de la petite ville, les mœurs des gens de province, le voisinage du château, la proximité de la cour, l'émoi causé par le passage des carrosses, et l'arrivée

Page 1