T/if Leopold Shahspere, p. lxiii
:<. .<< Thèse slran;;*; |X)en)S were an assemblage of st-parale ronlributions made by Iheir writcr lu the albums of bis friends, probably no Iwo of the latter bein^ favoured wilb idenlical compositions ». Halliwell-Phillipps, Ou(lines. t. 1, p. 173.
A LONDRES ET STRATFORD, LES SONx\ETS. 647
Shakespeare « peut être reléguée au rang- des êtres créés par sa fantaisie^ )>. A défaut des critiques, les poètes du moins sembleraient appelés à résoudre le problème. Qui, mieux qu'eux, peut révéler le secret d'un autre poète et séparer ce qui est procédé littéraire, de ce qui est cri du cœur? Mais là encore, nouvelle et plus fâcheuse déception. Pour Wordsworth, les sonnets sont « la clef qui ouvre le cœur de Shakespeare » ; pour Browning, c'est découronner Shakespeare que de croire à la sincérité des sonnets.
Il demeure, toutefois, que ces poèmes existent, qu'ils sont bien de Shakespeare ; et il est permis aux plus humbles de ses admirateurs de les lire sans parti-pris et de se faire à eux-mêmes une opinion de bonne foi. Ils y trouveront, un peu comme dans toute l'œuvre du maître, un mélange de merveilles et de laideurs; des perles et de la boue; des chants d'amour triomphant ~ ou désespéré, idéal ou bestial; des accents de passion si perçants qu'ils semblent biea venir du cœur, des détails qui n'auraient aucun intérêt s'ils n'étaient tirés de la réalité; et, avec cela, des concetti, des jeux d'esprit, des effets de virtuosité, des imitations d'autrui, la mise en œuvre de ces idées à sonnets qui, dans cette époque d'amouristes, traînaient partout^; bref un mé-
1. Life, par Sidney Lee, p. 123. Pendant qu'une moderne école de critiques tend à révoquer en doute la réalité des amours de poètes (amours de Sidney, supra, p. 349, de Shakespeare, de Ronsard), M. H. Longnon vient de fournir, à point nommé, la preuve inattendue que la plus fameuse des « Iris en l'air » du seizième siècle était tout ce qu'il y a de plus réel et terrestre : la Cassandre de Ronsard s'appelait Cassandre Salviati; inspiratrice du poète, elle en compte un autre dans sa descendance directe : Alfred de Musset {Revue (les questions historiques, !«'' janvier 1902). Elle était, soit dit en passant, aussi sombre de teint que la dame de Shakespeare :
Je veux mourir pour le brun de ce teint.