‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 186 sur 290 · Sonnet lx · texte numérisé non relu

Sonnet lx

6r»0 BIOGRAPHIE DE SHAKESPEARE.

revient incessamment à son aphorisme : se reproduire, c'est s'immortaliser.

La beauté physique est de telle importance qu'elle mérite tous les pardons; la laideur physique est la faute pour laquelle il n'est pas de rémission. L'ami et l'amie, à en jug-er par les vers du poète, semblent avoir été difleremment partaffés à cet égard, mais avoir eu les mêmes mœurs, et avoir été si bien faits pour s'entendre, qu'ils s'entendirent. Le poète dupé qui, comme Othello, aurait voulu, du moins, ne pas savoir, est tout indulgence pour l'ami ' : rien que de bien ne peut venir de la beauté; il est tout dédain, mépris et haine pour la femme qui, privée de beauté, a eu sûrement tous les torts et a dû être la provocatrice. 11 l'accable d'injures grossières, lui reproche ses cheveux comme des tiis de fer, son teint, son odeur, ses mœurs, et lui fait payer par ses sarcasmes le dégoût qu'il éprouve pour lui-même et pour la faiblesse qui toujours le ramène à sa diablesse noire, mariée comme lui, violatrice do vœux aussi sacrés que les siens-. C'est tout juste, par moments, si Villon parle avec moins de respect de sa g-rosse Marg-ot.

La note finale est une tristesse de lendemain de fête et l'appréhension d'un soir plus triste encore que le matin. A lui-même aussi, le poète rappelle le passag-e du temps, les rides venues, l'échec d'on ne sait quelles ambitions^, le regret de n'avoir ni la beauté de celui-ci, ni les amis de cet autre, ni l'art de ce troisième ; une vie passée dans un rang social médiocre, l'humiliation de dépendre des applaudis-

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