‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 207 sur 290 · Acte II, se · texte numérisé non relu

Acte II, se

2. Le personnage parlant au sérieux, berné par le faux niais : a Friend! you ! pray you a word : Do not you follow the young lord Paris ? — Servant : Ay sir, when he goes before me », etc. TroUus, Ill-l. Sur le Jongleur d'Ely et les disputoisons médiévales préparante la comédie, voir supra, t. I, p. 458. Une vraie disputoison (défense du printemps et de l'hiver par un coucou et par un hibou) termine Love's Labours lost.

3. Well, your old vice still, mistake tlie word? Two Gentlemen, III-l.

7(M SHAKESPEARE, SON ŒUVRE DRAMAl IQUE.

que le poète fasse au bon goût est de prêter à un des assistants la remarque : « Les gens malades peuvent-ils donc jouer si finement sur les noms?... » Quant à supprimer ce badinage, il n'en pouvait être question *. La mort de Homéo inspire des jeux de mots au Prince de Vérone ^ et celle d'Antoine à Cléopâtre. Pour cela encore, à vrai dire, wShakespeare, avant tout homme de son temps, pouvait invoquer des précédents tirés de la réalité : condamné par un jugement inique, le puritain John Stubbes lit un calembour sur Téchafaud, au moment où le bourreau allait lui trancher le poing 3.

L'abus finit toutefois par amener quelque lassitude, chez le public même; dans la seconde partie de sa carrière le poète fut beaucoup plus sobre de ces plaisanteries que dans la première. Mais il garda jusqu'à la lin l'amour de ces images cherchées et forcées, qu'adorèrent, un temps, nos précieux et qu'exécra notre Boileau. Un poignard qui « rougit, le traître», semblait au législateur du Parnasse français, le comble du mauvais goût. Qu'eût il dit s'il avait lu Shakespeare dont les poignards ne se contentent pas de

i. Gaunt. — O, how Uiat name bciîts my composition!

Old Gaunt, indeed ; and gaunt in l>cing old, etc.

Onze vers sont consacrés à développer ce jeu de mots, après quoi le mourant en fait d'autres :

DeposinK thee bcrore thou wert posscss'd, Which art possess'd now to dépose thyscif.

Richard II, IM. Coleridge défend celle 8c»>ne el aHirine qu'il n'y a rien de plus naturel que ces caliMnbours à un tel nioinent, Lectures, éd. Ash<\ li*02, p. l.V).

3. Qui, s'aJressant au vieux Montagu, se permet ce remarquable trait d'esprit :

Thou art early up To see tlty son and lieir more carly do>\n.

3. « Praye for tac, nowe my calamitie is al hande », 3 noT. 1579, dans ftir John liaringlon, Nug.v AnliquT, 1804. t. I, p. 154.

rougir, mais se « culottent impoliment de sang^ »? Tybalt fend de son épée « l'air qui, nullement blessé , le siffle dédaigneusement ». Quand Juliette ferme la bouche, ses lèvres rougissent de pudeur à s'embrasser 2. Celles de César pâlissent et, « peureuses, abandonnent leurs couleurs» (leur drapeau)^. A la mort du héros, on eût dit que « le sang se précipitait aux portes pour vérifier si c'était ou non Brutus qui frappait avec si peu de bonté ^ », Clarence rêve qu'il se noie et tant d'eau l'étouife qu'il a peine à « roter son âme ^ ». Un fer rouge va crever les yeux d'Arthur, mais, par bonheur, le feu « est mort de chagrin » et le fer a « mis sur sa tête les cendres du repentir » ; si le bourreau ranimait la flamme, l'instrument du supplice « rougirait de honte ^ ». Ces gentillesses et beaucoup d'autres sont débitées par la victime : c'était un moyen de la rendre intéressante et de la faire aimer; moyen infaillible dont le poète se servit en faveur de ses personnages préférés, depuis Juliette, au début de sa carrière, jusqu'à Miranda à la fin', en passant par le prince Henri qui fait admirer par son vieux père l'ingéniosité de son style précieux et obtient ainsi le pardon du mourant dont il s'était, un peu hâtivement, approprié la couronne : « Tu as si habilement plaidé » ! dit le roi^. Tout cela, pour les habitués du Globe,

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