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l'heure, pour écouter la chanson de la mer, voir se coucher le soleil et contempler les montagnes lointaines qui « se changent en nuées à l'horizon ^ ».
Une nourrice , un portier, un colporteur, un patron de barque, un page apparaissent en leur réalité, spécialisés, ayant leurs intérêts à eux, qui ne se confondent pas avec ceux du héros, insistant pour nous entretenir de leurs affaires qui souvent n'ont rien à voir avec le drame. C'est que ce ne sont pas des personnages de théâtre, ce sont des personnages de vie réelle. Shakespeare ne leur dicte pas leurs discours ; mais les laisse parler ; souvent ils en abusent; ils savent que l'évocation sera brève et que leur « petite vie » sur la scène sera encore plus courte que les petites existences terrestres ; ils déchargent leur coeur et plaident leur cause tout d'une fois, d'un tel entrain qu'ils en sont encombrants et que la marche de la pièce en va devenir incertaine. C'est un des inconvénients du système. Il arrive à Shakespeare de laisser si bien chacun s'expliquer et se défendre qu'on ne sait plus où on va, ni à qui s'intéresser, ni qui aimer. A trop vouloir faire comprendre l'individu, il risque de nous faire perdre le fil de son drame. Pour toute conclusion alors, le poète retire sa main et le personnage s'efl'ondre, bois et carton, dans la coulisse. Ou bien encore il l'emmène et on ne le reverra plus, ou il le tue. Shylock, si juif et qui a si éloquemment défendu sa juiverie, retombe à la fin, marionnette chrétienne, dans le coffre aux accessoires. Le roi Jean parle si bien au commencement de la pièce qu'on ne peut comprendre comment il agit si mal à la fin. Bertram donne si ouvertement de si bonnes raisons qu'il est difficile de blâmer, au début de Tout est bien, son refus de la main d'Hélène ; entre Ri-