Shakespeare as an Angler, par H. N. Ellacombe
ment , les conversations privées , les livres de toute sorte ; foule de ses vers ont passé en axiomes, et sont devenus proverbes; son nom est le plus familier de tous; une renommée aussi immense est un phénomène unique dans la littérature.
A parcourir les rues et les palais de Florence, regardant et se souvenant, l'impression gagne le voyageur que, dans cette ville de merveilles, tout a été senti, compris, exprimé. C'est ici que naquit Dante, c'est près de là (jue Pétrarque vit le jour; voici le Palais Vieux avec ses hautes fenêtres et ses rudes moellons en bossage, le Palais Strozzi carré comme un donjon avec ses portes immenses faites pour «les géants, la Loggia avec le Persée de Cellini ; et voici encore, au hasard des promenades, le printemps mouillé de rosée, éclaire do lueurs matinales de Botticelli ; les Titans de marbre de Michel Ange, les dessins de Vinci, des héros et des madones, un clocher en marqueterie de marbre par Giotto, des bambins mélancoliques par doUa Ilobbia; des princes et des empereurs, jeunes et heureux, traversant, pour allor adorer l'Enfant-Dieu, un parc où des anges aux ailes diaprées nourrissent des paons parmi les rosiers; des Vénus étendues sur leur lit de volupté, des gonfalonicrs an regard dur, des moines austères, des saints d'Angelico priant incessamment, sur la muraille, pour ces vivants qui ne les connaissent plus, et la fontaine de Neptune qui chante au soleil sur la place où fut le buciier de Savonarole...
A distance, une fois retourné vers le Nord, le doute vient, et parfois l'on se demande si l'Ame, l'esprit et le cœur demeurent aussi remplis que lorsqu'on quitte ce musée des pensées qui ont ému les hommes, l'œuvre de Shakespeare.