The Lady of pleasure, joué en
qui encombre les rues et culbute l'étalage des marchands , ces bibelots ruineux dont la maison se remplit, « cette immense psyché qu'on est obligé de mouvoir sur un affût comme une pièce d'artillerie » , le mettent de la plus méchante humeur. Après la scène avec le mari, les scènes avec les fats parfumés qui viennent faire la cour à Madame, ou bien avec le peintre, « un monsieur belge », chargé de reproduire ses traits (satire de l'engouement pour Van Dyck, qui avait fait courir tout Londres) ; ou encore avec les autres dames à la mode qui parlent frani^^ais, ouvrent chez elles des salons littéraires, « an academy of wit », et imitent, du mieux qu'elles peuvent, le style des précieuses leurs contemporaines. « Je vous prie, Madame, dit, en français, lady Bornweli, d'excuser l'importunité de mes affaires qui m'ont fait oll'enser par mon absence une dame de laquelle j'ai reru tant d'obligations ». Veut-on savoir comment se passe la matinée d'une belle personne de ce monde? « Nous nous levons, nous nous atiifons, puis nous posons pour le peintre, et c'est l'heure du diner.
— Et la prière?
— Prier n'est plus de mode ».
En face, le charmant tableau de la vie à la campagne autrefois^ — de la vie de tous les temps, en réalité, pour ceux qui ont su la comprendre : car, dans un cadre tout pareil, se déroulera un jour l'existence de sir Roger de Coverley.
Bornweli recourt à la méthode homéopathique et, feignant d'adopter les goûts de sa femme, surpassant toutes
We do not (now] invite thc poor o' tlic parisli To dinner, Ivccp a tahie for tlie tcnnauts; Our kitclicn does not smcii or l>cer...
Nor will three fidiers upon liolidays, Witli aid or baKpipcs, that r«U'd in tlie couniry To dancc, and plougli llic hall np wiili tlieir liob-nails Now make iny lady merry. tll-l.)
ses fantaisies, jetant par les fenêtres plus d'argent qu'elle, il parvient à la dégoûter de ses folies et à la guérir.
Des scènes licencieuses coupent et gâtent cette jolie pièce : cela va de soi; ce piment était indispensable, et le théâtre de Shirley en est saupoudré. Mieux vaut oublier ces taches et se rappeler seulement, au moment où le rideau va tomber, où les puritains vont fermer les théâtres, et où la splendide époque inaugurée sous Elisabeth va prendre fin, que Shirley eut le mérite de tendre la main, de plus près qu'aucun de ses contemporains, aux lettrés aimables et aux observateurs spirituels du dix -huitième siècle, à Goldsmith et Addison.