Writers of the metaphysical race ». Life of Cowley
de délices où Daphné ne résiste plus à Phébus, ni Laure à Pétrarque, — ni Célia à Carew'. Sucklinir qui vit et écrit coninic si l'époque du chevalier de Granimont était déjà venue, plaisante les femmes, leurs faveurs, les morts qu'on endure pour elles; ses dires ressemblent à ceux de l'inconstant Hylas dans VAstrée qui, sûrement, ne lui était pas inconnue 2. La meilleure œuvre que lui inspira sou esprit moqueur est sa Session des poètes où Apollon, décidé à donner le laurier au plus digne, écarte Ben Jonson comme trop présomptueux, Carew, parce qu'il prend trop de peine (raillerie et antiphrase probablement), et tous autres, y compris Suckliug même, et couronne enfin un riche Alderman : « car c'est une preuve de beaucoup d'esprit que d'avoir beaucoup d'argent^ ». Le groupe survivra aux tempêtes prochaines et, sans s'être tu un instant, ayant ses représentants au camp du roi avec Suckling ou dans les prisons des Parlementaires avec Lovelace; il continuera de se faire entendre, sans rien produire ^qui égale la
1. A Fly thntflew into my Mùtriss her vtje. — .1 Itapture. — Poems and Masque, éd. Ebswortb, Londres, 1893. Thomas Carew, secrétaire d'ainha.ssade en Kalte et en France, mourut jeune, usé de bonne heure, vers 163*.); beaucoup d'esprit et d'invention pittoresque dans son masque Coelum Britannicum, joué en 163[4]. Des similitudes ont été signalées entre The Uaplure et le chœur à la fin de l'acte I de VAminte du Tasse (Spingarn); mais l'Italien est singulièrement réservé à côté du poète Anglais.
i. Si l'on me dédaigne, je laisse
La cruelle avec «on dédain, etc.
Chanson d'Hylas, A.stréc, 1" partie, Paris, 1C15, t. I, p. 33.
3. Poems. Plays and other Reinains, 1892, 2 vol. Sir John Suckling, né en 1G09, mena une vie de galanterie et de déponse, se réfugia sur le continent lors de la guerre civile et s'empoisonna à Paris en I6i2 (?). Il écrivit quelques drames; dans l'un d'eux, Aglaura, joué en 1638, Orsames, « a young lord antiplatoaiquc », rJiante la jolie et fameuse chanson :
Why so pale and wan fond lover? (IV-l).
La plupart de ses œuvres ne parurent qu'après sa mort : Fragmenta Aurea, 1646. Même groupe : vers d'Herbert de Cherbury, mais inédits jusqu'en 1665.
grâce des petits poèmes empanachés ^ écrits par les premiers cavaliers, mais aggravant au-delà de toute imagination la licence et l'immoralité de leurs œuvres les moins retenues.
Loin de la Cour, mais près d'elle par les sentiments, religieux de profession et mondain de tempérament, Herrick, le meilleur de ces poètes secondaires, ami de Jonson et habitué des tavernes littéraires, est brusquement relégué aux champs par l'attribution d'une cure en Devonshire^. Il déteste la campagne qui l'éloigné de Londres, mais, poète né, il ne peut s'empêcher d'en éprouver le charme, et l'éprouvant, il l'exprime. Il le célèbre en vers exquis, simples et doux comme des modulations de flûte rustique. Nul faiseur d'églogues n'a mieux rendu l'attrait de la vie et des fêtes champêtres que ce lettré qui vivait en exil parmi les paysans et pleurait sans cesse le Strand et Cheapside. Wither, etPhinéas Fletcher, et Quartes, et même Browne^, et presque tous les poètes qui, de son temps, s'essayèrent dans le genre bucolique, sont factices en comparaison. Herrick est pastoral, suivant la manière des anciens ; il offre un mélange intime de réalités vues et d'impressions poétiques ressenties au spectacle de ces réalités. S'il n'a-
1. Type du genre, le ravissant : To Lucasta; Going to the narres, publ. en 1649, par Lovelace, 1613-58, brillant cavalier, riche, de bonne famille, qui laissa des vers amoureux (très réservés, par exception, pour l'époque) quelques poésies pastorales, des madrigaux et des chansons; le tout de peu de valeur, sauf la pièce ci-dessus et le célèbre petit poème : « to Althea, from prison » : les deux formant un total de quarante-quatre vers. Lucasta, the poems of Richard Lovelace, éd. Hazlitt, Londres, 1897, pp. 26, 117.
2. En 1629; pas mal de ses poèmes étaient déjà écrits; mais les meilleurs datent de son séjour à Dean Prior. Né en 1591, chassé de sa cure par les Puritains en 1647, il publia en 1648 : Hespei'ides, or the Works both humane and divine of Robert Herrick, Esq. Rétabli dans sa cure en 1662, il y mourut en 1678. Complète Poems, éd. Grosart, Londres, 1876, 3 vol. 8»; ou Poetical Works, éd. Saintsbury, 1893, 2 vol.