‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 259 sur 290 · Supra, pp · texte numérisé non relu

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vait rien éprouvé il n'aurait rien dit, puiscjue, sans cesse, il regrettait Londres*. Il est, avec son contemporain Uandolph, autre amateur de tavernes et admirateur de Ben Jonson, à qui la vraie campagne anglaise inspira ses meilleurs vers 2, un des premiers chantres sincères de la vie paysanne en Angleterre, après la Benaissance. Il a célébré, en quantité de petites pièces, de mètres aussi variés que ceux de Bonsard, « les ruisseaux, les fleurs, les oiseaux, les bosquets, et avril et mai... et la jeunesse et l'amour, et les rosées et les pluies » — parce que leur grAce a été la plus forte. Il les a chantés en païen, contemplant les jeux champêtres comme eût fait Théocrite, et sencourageant, comme Horace qu'il traduit volontiers, aux plaisirs d'aujourd'hui par la crainte de demain. D'une immoralité triomphante et à peine consciente, il publie, dans le mémo v«dume, les libres poèmes, réunis sous le titre d'Hesperides, qui charmèrent les lettrés, et des vers pieux destinés à édifier ses paroissiens.

(Miez ce païen qui veut être enterré sous un gazon sans croix ni prières, pleuré seulement par Périlla, et <[ui <h''crit, en caricature, une église pour insectes, avec livre d'homélies, canons et articles de la foi, la note grave semble une fausse note. Chez la phqi.irf de ses confrères en poésie, c'est une note juste et elle se fait incossamment entendre; c'est encore un signe de l'époque, glas tintant au long des montagnes, dans tous les clochers. L'heure est sé-

i. Krolu tlie (lull confines of tlie drooping «est...

Ode sur son retour à Londres quand les Puritains lui donnèrent la joie de le chasser de sa cure.

2. Surtout son ode à .Vnlliony SlafTord : « Come, spur av.ay ■, et son églogue, une des plus sincères de la langue anglaise, n on the noble .^ssemblie« revived on Cotswold Hills hy Master Robert Dover » (sports cliainpétret). Poetical nnd dramatic MorÂJ, éd. Haziitt, 1875, 2 vol. 8"; t. Il, pp. 578, C21. Sur Kandolph dramaturge, voir chap. viti, p. 837.

rieuse, de grands problèmes sont agités et l'on peut déjà prévoir des solutions lugul)res. Les insouciantes chansons des poètes cavaliers sont véritablement hors de saison, comme les fêtes splendides données, à la veille des catastrophes, par la cour des Stuarts. Les contemporains, qui ne coim^issaient pas, comme nous, la fin du drame, la suspectaient cependant. La proportion d'oeuvres graves, pieuses et recueillies, produites par les poètes qui commencent d'écrire sous Jacques P'" est tout à fait remarquable, et fort différente de ce qu'on avait vu sous Elisabeth. Les purs cavaliers, le sourire aux lèvres, comme Suckling et Carew, sont rares. Drunmiond, qui avait déjà mêlé, dès sa trentième année, des <( poèmes spirituels^ » à ses chants d'amour, tourne à la mélancolie et pul)lie, en 1623, ses Flews de Sion, vers édifiants où l'homme d'aujourd'hui fait la leçon à l'homme d'hier, et son Bois de Cyprès, éloquente méditation sur la mort, en prose poétique. Cowley entreprend une Davidéide en douze chants, mais se décourage au quatrième, ce qui ne lui a jamais été reproché 2. Habington , un mondain , offre cette nouveauté de ne rien chanter que l'amour vertueux et d'élever, en vers harmonieux et élégants, (( un même autel à la Chasteté et à l'Amour » ; il grossit d'ailleurs son recueil de vingt-deux poèmes pieux 3. Thomas Heywood qui, voyant le succès des

1. Treize en tout, insérés, sous le titre d'Urania, dans le volume de Poems de 1016. Cf. supra, pp. 363, 365.

'2. I sing llie nian wlio Juilalis sceptre bore

In tliat riglit hand which lield the crook before...

Davideis, a sacred poem, publié dans le recueil de ses Poems, 1656, fol.

3. « And though I appeare to strive against the slreamc of best wits in erecting the self saine altar both to Chaslity and to Love, I will for once adventure to doe well without a pre[ce]dent ». Préface de Cast(tra, 1634. Les poèmes pieux sont inspirés de David, Isaïe, Job, etc., et furent ajoutés à l'édition de 1640; réimpr. par Arber, Westminster, 1895. William Habington, né en 1605, élève de Saint-Omer et de Paris, adhéra, lors des troubles, au parti républicain et mourut en 1654.

poèmes lascifs sur les amours des dieux, du iype Vénus et Adonis, les avait, au commencement du règne de Jacques I", transportés à la scène en des pièces injouables tant elles étaient immorales (mais qu'il aftirme avoir été jouées), publie maintenant un poème en neuf chants sur la Hiérarchie des Saints Anges et la Chute de Lucifer y 1G35, et demande pardon pour ses écrits de jeunesse.

Quarles, Herbeil, Sandys, (^rashaw, tous d'une dévotion sincère, laissent surtout des poèmes religieux : méditations en vers sur des sujets bibliques, églogues où les bergers discutent des problèmes de tliéologie. traductions des psaumes, endjlèmes allégoriques et édifiants , par Quarles, médiocre artiste, mais très lu, chez qui domine la note sombre*; collection de vers pieux par le bienveillant Herbert, anglican convaincu *, qui chante, avec beaucoup de sincérité et un peu de vraie poésie, les fêtes, les sacrements, les bonnes résolutions du vrai chrétien, et aussi le pavé de l'église, ses tombeaux, ses vitraux, sa musique, « la plus douce des douceurs » ; œuvres de Sandys, le voyageur, traducteur d'Ovide et aussi des psaumes, auteur d'un très beau poème éloquent, bref, serré «le texture, dédié Deo Optimo MaximOy action de grâces à l'être tutélaire qui Ta

I. Francis Quarles, 1592-1644, secrétaire du savant Usher, archevêque d'Arinagh. De lui, entre autres : A feast for Wormes, tel forth in a poème of the historyof Jonah, 16î0; Queene Ester. 1621; Sions Elégies; Job mililant. 16Î4 (et autres paraphrases bibliques); Divine fancies, 1632. Etnhlems, 163.*); The shepheards Oracle, delivered in certain Eglogues, 1644; Argalus ami l'urthenia, roman en vers écrit, par exception, en style « cavalier «; tiré de \.\rcadie de Sidney. 1" éd. 1622; 10* 1687. Complète Works, éd. Grosarl, 1874, 3 Tol.

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