Why corne ye not to Court
4. Ex : De Piramus et de Tisbéjoa trouve dans ce fabliau 24 vers de suite
HISTOIRE LITTÉRAIRE. — T. Il 8
114 l'kpoqit: de la renaissance.
laquelle il était familier'. Ce bruit de grelots renchante; il perd sa route à courir après ces sonorités, mais c'est justement ce qui lui plaît ; rarement on vit pareil dévergondage; il recherche les assonances inattendues, les noms propres étranges, les vocables bizarres; il lui faut des mots et encore des mots; il en forge, il en emprunté à toutes les langues; ils jaillissent dans ses œuvres en litanies et en kyrielles, comme chez Rabelais; il lui est impossible de s'arrêter; les mots s'accrochent aux mots, il raisonne et déraisonne, dit des choses charmantes et des énormités, et noue de rubans bariolés des bouquets de ronces étoiles d'églantines.
Il emprunte à Catulle l'idée d'une élégie sur la mort d'un moineau ; c'est la fameuse pièce : « Lugetc, o Vénères Cupidinesque » ; le chef-d'œuvre de Catulle a dix-huit vers; le poème de Skelton, treize cent quatre-vingt-deux ; « Lugete, o Vénères!... » Et son écrit est fait de scènes familières où l'on voit « Cyb, notre chat féroce », trancher la tête du moineau-, de réminiscences classiques, de fragments du service pour les morts, et de quelques passages dignes de la Renaissance, où cet énergumène suspend son
rimant en er, dix en is ou «, etc. (Barbazaii et Mi^on, Fahliatix, t. IV, p. 367 h
1. 11 avait traduit à son tour, après Lydgate, le Pèlerinage de la vie humaine de Guillaume de Deguileville (m. 1360); faisant faire son propre éloge par Occupation, il lui prête cette remarque :
Owt of Frcnslte Into Englysshc proM or nianncs lyfe llie pcrcgrynacioun lie did tran!>l.ilc cnterpretc and disrlose. {Gnrlande of laurttl.) t. ... My disport and play
From ni<> was taken away By <:yl) oiir cat sauvage.
Tliat in a Turious ragr, (.aught Pliyllyp Ity (lie iicad.
And siew liiiii tliere starko dead.
Kyrie Eleison.
Chrùte Eleison.
Là deMoa, on prie pour son dme! — The boke of Phyllyp Sparoice.
souffle, retient les éclats de sa voix, vénère la maîtresse de l'oiseau et s'agenouille enfin devant la Beauté.
Tout sujet lui est bon, même les sujets héroïques; seulement il les traite à sa manière. Les Écossais ont été battus; il sera le premier à chanter la victoire anglaise, mais dans quels termes! L'œuvre des siècles,est demeurée vaine; le lauréat d'Oxford parle de l'ennemi vaincu avec les trépignements de joie féroce des anciens Scandinaves; les injures rejaillissent de vers en vers, en longs ricochets : grenouilles, cochons, chiens galeux! L'odeur du sang Fa grisé ; il sait à peine ce qu'il dit ; il reproche à l'ennemi d'être lâche — mauvais moyen de rehausser l'éclat d'une victoire — et, avec la même véhémence, d'être rongé de vermine. U fait des calembours; le duc d'Albany est un duck, un canard, un canard de fumier. C'est le ton d'Arthur apostrophant Colgrim vaincu, dans le Brut àw. vieux Layamon ' .
Puis ce sont des scènes brillantes comme des enluminures de manuscrit, des abstractions médiévales qui errent parmi des prés vus en rêve-; une satire générale de la société anglaise avec ses derniers grands prélats catholiques et ses premiers sectateurs de Luther 3, le tout décrit par Colin Clout, paysan décidé « à vider son sac », et que nous retrouverons dans l'histoire littéraire du pays; des fantaisies amusantes où le perroquet de la cour, représenté
1. Uowe the douiy duke of Albany...ran awage, éd. Dyce, II, pp. 74 et 73; il s'agit de la campagne de 1523; la pièce est dédiée à Wolsey, dans les termes les plus admiiatifs. Sur Layamon, supra, t. I, p. 222.
2. The Bowge of Courte (la bouche ou pitance de Cour), nom du navire de « Dame Saunce-pere » ; le poème est une allégorie en forme de rêve, avec Dred, Favel, Suspicion, etc. pour personnages. (1517?)