‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 261 sur 290 · They in Ibe deeps arc boil'd · texte numérisé non relu

They in Ibe deeps arc boil'd

Dooms-floy, divisé en doaze a heures » ou chants; strophes nbababer; r* partie, lGt4; le tout (dix ou douze mille vers), dans Itecreations wUh the Muses, 1637 (3° Heure, str. 91). Du même, un Jonathan inachevé, « an heroicke poème intended » :

Muse, Sound truc valour, ail pcrrcctions piirls...

Né en 1567, apparenté aux Stuarts, sir William Alexander, plus lard comte de Stirling, auteur de sonnets amoureux et de « monarchicke tragédies », devint, en 1026, secrétaire d'Étal |>our l'Ecosse. Il mourut dans la misèri> <>n 1640. Il donna une lin A l'.lrcadie de Sidney et retoucha la traduction des psaumes de Jacques 1" (voir supra, p. 497).

'2. The Historié ofthe perfect — curse.d — blrssed Man. Londres, 1629, par Joseph Fletcher, (1582?-! 637) recteur de Wilby {l'oems, éd. Grosart, 1869); même sujet que Milton, mais non. hélas, même génie :

Whcnas by curséd disobediencc Man lirst did Tall Troni |>erfecl innocence, Hc purchased to himselfe, and liis whole race The gain or«ndles8 pain, tlic loss or grâce... (Fletcher).

Of man's Rrst disoi>edience, and llie Truit or that forl)idden tree whoso m<>rtal tastc Brought death into tho world, and al! our vue... Sing, Hcavcnty Muse... (Milton.)

3. 1608-61. David's hainous Sinne, 1631, dans Poems and TrafulatioHs, éd. Grosart, Edimbourg, 1868.

Hier sur la Vertu : la Maîtresse de P hilare te; essais d'épopées pieuses par les deux frères Giles et Phinéas Fletcher.

Chez ces deux derniers surtout, l'hérédité spensérienne est très apparente ; ils doivent à leur maître la richesse et la variété de leur coloris (qui, malheureusement, n'est parfois que du coloriage), l'emploi de strophes analogues à la sienne 1, leur usage de l'allégorie et leurs personnifications des vices et des vertus, leurs prétentions morales associées à des procédés mondains. On retrouve dans leur œuvre, étroitement, étrangement associés, la manière de Spenser et l'idéal de Milton; le mélange est surprenant, parfois choquant : Dies irœ, De Profundis, chantés sur des airs de fête, aux sons d'une musique de boudoir, et d'ailleurs ne convenant que trop à cette époque de frivolités pimpantes et de sourdes rumeurs annonçant les cataclysmes prochains.

Avec une préciosité égale à celle qui devait faire imaginer, peu après, la carte du Tendre, avec un style surchargé d'images, une donnée coupée d'anecdotes et de comparaisons mythologiques, Phinéas Fletcher décrit, dans les douze chants de son Ile de Pourpre, les rivières, vallées et montagnes de cette grande île du royaume de Dieu, le corps humain ^. Il commence, selon le goût du temps, avant la naissance du monde, à la séparation de la lumière et des

1. Str. de Phinéas Fletcher : ababccc ; de Giles : ababbccc; de Spenser : ababbcbcc ; dernier vers de six pieds dans les trois cas, et les autres de cinq.

2. The purple Island or the Isle of Man, Cambridge. 1633. Ex. d'épisode antique : l'histoire d'Orphée, trè^ bien dite, au chant V. Phinéas Fletcher avait déjà publié un autre poème religieux (anti-calholique) : Locuslx vel Pietas Jesuitica; The Locustes or Appolyonists, Cambridge, 1627, première partie en latin, 2° en anglais. De lui encore, des écrits pastoraux (voir supra, p. 413). Works, éd. Grosart, 1869, 4 vol. Phinéas Fletcher, 1582-1650, recteur de Hilgay, Norfolk, et Giles Fletcher, 1588 ■M623, recteur d'Alderton, Suffolk, étaient fils du Giles Fletcher {supra, p. 259) qui avait écrit les Voyages en Russie et cousins germains de John Fletcher le dramaturge-, aucune parenté avec Joseph Fletcher le poète pieux.

ténèl)res, et traito du Paradis, du serpent, etc. Son allégorie n'est pas toujoui*s très claire; c'est exprès, pour pi(|uor le lecteur; mais il a peur aussi que le lecteur ne comprenne pas et ne se fâche ; et il met en note une explication : que d'ingéniosité perdue! « L'Ile repose sur une fondation solide, dure et compacte, dont la substance froide et sèche... » — Note de l'auteur : « Ce sont les os ».

Son frère qui, comme lui, se réclame expressément de Du Bartas et surtout de Spenser*, essaye, à son tour, de donner à la nation le <« Paradis regagné » que désormais elle attend : le poème s'appelle la Victoire du Christ et a pour sujet « notre Rédemption ». Vrai poète et d'une piété sincère, Giles Fletcher le jeune, gâte son œuvre par ses pointes, ses antithèses, ses comparaisons prétentieuses et surtout par un mélange de contraires inassimilahles. Qu'on veuille bien se rappeler la manière de Spenser, sa morale artificielle, ses indécences et ses sermons également destinés à un public élégant, on se convaincra aisément que nul ne saurait traiter en ce style le problème de la Rédemption et le drame du Golgotha^'. Uuand Fletcher décrit, après Spenser et le Tasse, sur le môme ton, dans le même style, le palais des voluptés terrestres, étend sur des

1. n Thrice-honoured Bartas, andour (I know no olher name more glorious Ihen his own) Mr. EJmund Spenser (Iwo blessed soûles) ». Préface àe Christs Victorie and TtHunip/i in Ileaven, and t'arlfi. over and a fier Dmlh. Cambridge, 1610. Complète Poems, éd. Grosarl, Londres, 1876, 8°.

i. So Philoiiiel, percli't on an aspin sprift,

Weeps ail the niglit her lest >irginitic, And sings lier sad taie to the mcrrio twig. Thaï daunces at such juyrull mlscrie Ne ever lets swccl resl invade lier ejc ;

But leaning on a thornc lier daintie chesl.

For feare sort slcepe sliould steale into lier brest Expresses in lier song greere not lo be cxprest.

CeUe comparaison est appliquée à la Vierge pleurant au pied de la croix! (3' partie, str. 66).

roses des femmes nues, « plus blanches que les murs d'ivoire de leur chambre » , fait retentir des chants d'amour copiés sur ceux de ses prédécesseurs et expose à ces basses tentations le Sauveur du monde, le moins croyant s'arrête et se demande quel blasphème serait plus révoltavit que les hymnes de ce dévot ^.

Les mêmes causes, la même combinaison de contraires inassimilables, amènent les mêmes effets dans l'œuvre de Wither. Ce brillant, bruyant et encombrant personnage, né sous Elisabeth, mort sous Charles II, souvent emprisonné, toujours en querelle, hargneux, exigeant, quémandeur, très doué avec cela, mêle, en des poèmes remarquables, tous les éléments caractéristiques des temps dissemblables que sa longévité lui permit de connaître. D'une incroyable fécondité, il attend encore, comme Lydgate, une édition complète. Peu avant sa mort, il dressa la liste de ses écrits et en compta quatre-vingt-six ; il se faisait tort d'une vingtaine 2. Il est sensuel, amouriste^ édifiant et puritain, à la fois, dans les mêmes écrits. Auteur de satires, de pastorales, d'un monologue psychologique à rapprocher des épîtres et complaintes de Daniel et de Drayton^, d'un recueil d'éjaculations et prières pour toutes les

1. Le « Bowre of Vaine Delight », et le palais de Panglorie sont décrits dans la 2® partie, str. 45 et s.; Spenser et son « Bower of Blis », le Tasse et son « Ile fortunée », sont imités de très près; mêmes tentations, mêmes « charmed beasts » qui sont des hommes transformés, même chant d'amour, même destruction finale par le représentant de la vertu.

2. Calcul de Sidney Lee , dans le Dictionary of Aational Biography. George Wither, 1588-1667, passe du parti du roi à celui des Parlementaires, publie, e. g., Wither's motto, 1621, Pair Virtue, ihe Mistress of Phil'arete, 1622, mais composé, dit la préface, « many yeares agone » (dans Arber, English Garner, t. IV; cf. Chapman : A coronet for his mistress Pfiilosophy, 1595); Hallelujah, 1641 (éd. Farr, 1857). Choix de ses œuvres : Juvenilia (etc.), éd. Gutch, Bristol, 3 vol.; Poetry of G. Wither, éà. Sidgwick, Muses Library, 1902, 2 vol. Sur ses satires et églogues, voir supra, pp. 380, 413.

3. An elegiac Epistle of Fidelia, 1615; complainte d'une amante abandonnée ; dans Arber, English Garner, VI, 167.

circonstances de la vie*, il est surtout lui-même dans sa pciradoxale Maîtresse de Philarète. Il oxpli([iip en sa préface son système qui est celui de rai'UK'o du Salut : foire servir au bien le goût du mal; mais l'application est moins réservée que celle d'aujourd'hui : « Ici seront décrits ces îittraits des femmes qui sont le principal objet des amours mondaines, afin que les lecteurs qui n'auraient jamais ouvert ce poème s'il avait été consacré à la vertu... trouvent le bien de leurs Ames là où ils n'attendaient que la satisfaction de leur sensualité ». Wither tient parole, plutôt trop, et ses lecteurs en auront pour leur ari^ent. Les chants d'amour, semés dans son poème (quelques-uns <le grande valeur littéraire), sont si nombreux et si parfaitrment applicables à toutes amours qu'on les a souvent séparés du reste et mis dans les anthologies, comme poésies amoureuses-. Il parle raison de temps en temps et même de manière si raispnnable qu'il nous semble ré-entendre notre vieil ami, l'omniscient Genius de la Confessio Amantis^. Mais Wither abrège et revient avec empressement à de moins graves sujets. Chez lui, les descriptions riscjuées abondent; nul amouriste n'a tant insisté. Titien donne du moins une robe à son Amour sacré; Wither en

t. Pour le le?er, le coucher, le beau temps, le mauvais, les insomnies, pour quand on part pour l'Amérique, « to settle in Virginia. New Englan*!, or like places ». Ce recueil n'est que inédiocrt*; par endroits même moins que médiocre. Quand des parents se rencontrent, ils sont invités à chanter, sur l'air du 133* psaume, des remarques non moins originales que celles-ci :

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As we obliged are! {HallelHJah, «d. K.irr. p. .'lOi.

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