‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 272 sur 290 · Vers 1603, Letters, etc., t. III, p · texte numérisé non relu

Vers 1603, Letters, etc., t. III, p

2. Conclusion de \ Advancement ofLearning; Worlis, III, p. 472.

qui mènent à elle* ». Et dans le « Discours Préliminaire » de l'Encyclopédie, d'Alembert écrivait : « Bacon est le gran<l homme que nous reconnaissons ici pour notre maître ».

En politique et en relig-ion, de même qu'en littérature, l'époque d'Élisabetti continuait; mais novembre maintenant avait succédé à juin.

Les mêmes partis étaient en présence; aucun d'eux ne se jugeait vaincu et ne renonçait à la lutte. Tous gardaient l'espoir de l'emporter un jour, peut-être par persuasion , peut-être par violence, peut-être par une conspiration des poudres, peut-être par une guerre civile et une révolution. F2xclus du pouvoir sous Elisabeth, les catholiques et les puritains, tout en s'exécrant, étaient d'accord pour saper cette institution illogique mais pratique, création récente, faite de compromis, qui n'avait pour elle ni l'antiquité vénérable de l'Église romaine, ni l'idéal inaccessible des groupements puritains : l'Église d'Angleterre.

L'Église anglaise, être de raison, continuait naturellement d'avoir pour elle les esprits raisonnables, les partisans du bon ordre et des hiérarchies régulièrement constituées. Privilégiée, seule dotée d'une existence légale, elle avait pour elle aussi, non moins naturellement, ses propres dignitaires : archevêques, évêques, doyens, chanoines, etc. qui laissèrent quantité de sermons et de traités pieux où abondent les beaux passages éloquents, mais aussi, les citations pédantes, les taches de mauvais goût et les fatigantes «litribc'i contre les adversaires de droite et de gauche. Parmi eux, au premier rang, le doyen de Saint-Paul, .lohn

t. Lettres xur les Anglais. Lettre XII.

Donne, fameux jadis comme poète licencieux et mainte nant comme prédicateur convaincu. Il s'use à prêcher ; le grand sceptique de naguère est devenu un apôtre sincère, d'un zèle inlassable. Aux approches du soir son cœur s'est assagi, son esprit s'est assombri*; clair, logique, sensé, il abonde en conseils pratiques, formulés en un langage pittoresque qui les grave dans la mémoire ; il pense, comme Hamlet, comme Raleigh, au lendemain de la vie et à ce que deviennent les cendres de rois et de manants ; tel qui croyait reposer en paix, « mêle sa poussière à celle des chemins et des fumiers ; elle va se perdre dans les marais » . L'orateur ne peut s'arrêter; épris de pittoresque, il roule lui-même dans le fumier et le marais du plus horrible mauvais goût, entraîné par ses dispositions naturelles et encouragé par les applaudissements des connaisseurs 2.

Le mauvais goût excitait l'admiration; comme toujours dans les périodes où il fleurit, il passait pour finesse d'esprit ; associé au pédantisme, il assurait la réputation d'un orateur. Lancelot Andrewes, doyen de Westminster, puis évêque de Ghichester, d'Ely, de Winchester, un des plus savants honmies de son temps et l'un des principaux collaborateurs de la version « autorisée » de la Bil)le, jouit d'une réputation immense ; le roi fit de lui son conseiller privé, ordonna la publication de quatre-vingt-seize de ses sermons, et il fut proclamé « l'étoile des prédicateurs » :

1. Le phénomène est surtout marqué à partir de l'avènement de Jacques 1"% il n'est pas encore d'Église et ne le fut que douze ans plus tard, mais il commence à écrire des poèmes sérieux, des « sonnets pieux »; il s'essaye dans la controverse religieuse, avec son Pseudo Martyr, 1610; enfui il reçoit les ordres en 1615. Voir plus haut, pp. 367 et 843. Worhs, éd. Alford, Londres, 1839, 6 vol. 8°.

2. « Misérable riddle when Ihe same worm must be my motber and my sister and myself. Misérable incest when I must be married to mine own mother and sister, and be botb falher and mother to mine owa mother and sister », etc., etc. Sermon à Wliitehall, devant le roi, 1630 (dernier sermoa de Donne); Works, t. VI, p. 287.

étoile de feu d'artifice qui ne brilla pas longtemps. Il semble incroyable qu'on ait pu admirer, ou même seulement écouter, de si pénibles successions de jou\ de mots, facéties, calembours, gentillesses, jongleries verbales, citations inattendues, avec développements indéfinis sur chaque mot, sur le mot ({ui est dans la citation, celui qui n'y est pas, celui qui aurait pu y être, mais a été exclu, et je vais vous dire pourquoi. Jamais le salon d'«Arthénice », ni même celui de « Sapho » plus tard, n'entendirent rien de si extravagant. Si l'on veut se rendre compte d'un style dont aucune description ne saurait donner l'idée, qu'on prenne le commentaire d'Andrcwes sur les mots non erant vires, dans le huitième sermon sur la Conspiration des poudres; l'interprétation est subtile, indécente, badine et surtout intcrminal)le ; on croirait voir un prestidigitateur tirant indétinimont d'un chapeau vide des objets ridicules, inutiles et encombrants : et nous sommes à l'église et un prélat o^^t en chaire'.

1. Le texte du sertnon était : << Venerunt lilii usquc ad parlum, et vires non erant pariendi ». Il jongle avec les mots parentes et patientes ; pepererunl et perientnl et, ({uant à l'appiicalion de son texte aux conspirateurs qui ne purent « enfanter » leur crime, il dit entre autres : n Now to the inother's part. T/ie children came to the Inrth, and : The right atid. the kindly copulalive, «ère. to the birth thetj came, and borne theyuere. In a kind conséquence, who would looke for olher? It is hère, venerunt. et tuni : thither they came, and no farther; therc slopped. id, in \ad partutn] is but usque ad. c-jrclusive; Ihat is, to it they came; through il they came not.

And why c^me ihey not? Uy mcani>s ;as hère set donne) of a non erant. Somewlial Ihere was not, tiiat would havc becne ; somowhat missing : a non erant there was, >\hatsoever it was.

What non erant was that»?... Il fait durer l'attente : ce n'était pas le terme propos; ce n'était pas l'occasion, car ils avaient leur « ccilar »; ce n'élait pas le inojen, car ils avaient leur |>oudre... u Thèse they had ail : yet non erant (saith the text). What non erant might thaï be »? Ces gentillesses, mêlées d'indécences médicales, impossibles à citer, sont prolongées pendant des liages. XCVJ Sermons... published hy His Majesties speciall comniand, Londres 16^2. fol. pp. 975 et s. {{" éti. 1628). Andrewes, I5r>5-162(> s'était daliord fait connaître par son traité latin Tortura Torti. IGOU, en réponse au cardinal Bellarmin. Trad. de ses Preces Privatx, p. Brighlman, 1903.

Grand renom aussi pour Hall, le satiriste, qui, devenu prêtre vers la fin du XVP siècle, avait salué l'avènement de Jacques I" par un volume de flatteries. Souple, fécond, instruit, ennemi des catholiques, hostile aux Brownistes, puritains et autres dissidents, il était partisan d'une hiérarchie dans laquelle il souhaitait fort s'élever : et il avait toutes les qualités, et il prit toutes les précautions nécessaires, pour n'y pas faillir. De cure en cure et d'évêché en évêché, il parvint au riche et important siège de Norwich. C'est là que les puritains le trouvèrent au moment de leur triomphe et ils se vengèrent en un jour, en le chassant de son palais et de sa cathédrale, saccagés avec un soin minutieux, de toutes ses polémiques passées i.

Ses copieux écrits ont les défauts de leur classe à cette date ; ses œuvres de dialectique sont pénibles à lire en raison de leur fiel et de leur âpreté^; non moins pénibles, les ripostes qu'il s'attire, de même que l'archevêque Usher, du poète polémiste Milton. Ses Contemplations, Saintes observations, Méditations dévotes et sermons sont rédigés en un style animé, coloré, souvent éloquent; mais il abuse du

1. 11 a raconté la catastrophe dans un remarquable fragment d'autobiographie : Bishop Hall' s Uard Measure, 1647. Les forcenés se formèrent, par ironie, en procession, endossèrent les vêtements sacerdotaux et, aux sons d'une musique infernale, tirée de tuyaux arrachés à lorguc, allèrent brûler sur la place du marché les dépouilles de la cathédrale et les livres contenant la liturgie autorisée. Si on ne savait de quoi il s'agit, on croirait à la description du pillage d'une église catholique par les réformés d'un siècle auparavant. Hall mourut en 1656; il avait réuni une première fois ses œuvres en 1621. Elles furent constamment réimprimées; éd. moderne: Works, éd. Peter Hall, Oxford, 1837-9, 12 vol. 8°. Voir svpra, pp. 379 et 868.

2. A humble remonstrance to the high court of Parliament, 1640, en faveur de la liturgie et de l'épiscopat; c'est le commencement de la fameuse ([uerelie de « Smectymnuus », nom formé de la double initiale de cinq puritains qui répondirent à Hall. 11 répliqua, ils ripostèrent; Milton s'en mêla, Usher aussi , chacun excita l'admiration de ses partisans, mais bien entendu, ne convainquit personne du camp adverse. Contre les catholiques, Hall écrivit A serions disuasion from Popery.

922 l'arrip:re saison.

procédé exclamatif et interrogatif; c'est être éloquent à bon compte : « 0 Dieu !... ô charité infinie!... Quelles malédictions contre Hérode! quelles torsions de mains! que de lamentations! que de cris dans les rues!... ô sanguinaire Hérode!... qu'avaient fait ces enfants?... Quelle probabilité y avait-il?.,. » La chasse aux idées saisissantes, l'interprétation et les applications forcées de chaque parole bil)liquc, le mènent aux ornières; il n'égale pas le mauvais goût d'Andrewes, ce qui n'était pas humainement possible ; mais il ne se prive guère d'images incongrues : « Ce n'est pas bien de dévorer les faveui*s de Dieu trop voracement; il faut les al)sorber de manière à pouvoir les digérer* ».

Autrement sincère et désintéressé, Ghillingworth cherchait moins à plaire et il évita, par récompense, le mauvais goût ({ui plaisait. Il fut d abord protestant, puis catholi- (jue, puis protestant avec de fortes tendances vers le rationalisme; il servit lui aussi la cause du juste milieu et de l'Église d'Angleterre, et sa défense fut d'autant plus efficace qu'elle était désintéressée. Filleul de Laud, il refusa longtemps d'entrer dans les ordres à cause des 39 Articles dont il lui semblait impossible de prouver l'autorité par la Bible et qui supposaient une sorte d'infaillibilité anglicane aussi inconciliable avec le libre examen que l'infaillibilité romaine. Le libre examen est le fond de sa doctrine, le dogme pour lequel il livre bataille, la base de sa grande «mvre : La Religion des Protestants, moyen assuré de salut-. Le ton est modéré pour l'époque ; il lui arrive bien de

1. Contemplations (dans l'éd. de 1714, 1. 1, p. 9 et t. U, p. 16). Un de ses traités est intéressant parce qu'il a le même sujet que le Pitgrim's Progras ; CH sont ses De.vout Méditations on tiro important subjects; mais Hall reste exclamatif et abstrait; nunyaa fut tout le contraire; simple et, malgré l'allé- Rorie, donnant l'impression de la réalité : de là sa juste renommée.

2. T/ie Religion of Protestants a safe way to salvalion. 1637; l'ouvrage

traiter son adversaire d'araignée suceuse de poison, mais ces écarts de plume sont rares. Il veut, avant tout, être juste et impartial : le soin qu'il y met rend, il est vrai, son livre d'une lecture fort pénible ; car, pour n'être pas taxé de rien escamoter, il reproduit intégralement le texte de l'adversaire, chapitre par chapitre, et, après chaque chapitre, imprime une réfutation détaillée, phrase par phrase ; et comme le livre du catholique à qui il réplique était luimême une réponse à un traité protestant, l'argumentation et les citations se traversent et pénètrent l'une l'autre, se rejoignent, s'entrecroisent, si bien que parfois, au milieu de tous ces lacets, malgré quelques l^elles clairières et de larges aperçus, la tête tourne et on ne sait plus trop où on en est. Peut-être la tête tournait-elle un peu à Ghillingworth lui-même, car il finit, après bien des hésitations, par accepter une modeste prébende pour laquelle il signa les 39 Articles, comme « articles de paix » lui dit-on pour cal mer ses scrupules, plutôt que comme articles de foi.

Dans le lointain, la tempête grondait; bientôt ce ne fut plus dans le lointain. Jacques P'" put toutefois achever son règne, sans avoir connu autre chose que de vagues iuquiétudes, ignorant les angoisses de la catastrophe imminente. Les qualités et les défauts d'Elisabeth s'étaient adaptés merveilleusement à ceux de son peuple et avaient assuré la grandeur du règne ; mais elle avait épuisé son système et tiré tout le parti possible de ses avantages. Le peuple qui étouffait, dont la représentation avait été quasi annihilée, devenait de plus en plus exigeant; il fallait le

étant de juste milieu excita une égale irritation parmi les catholiques et parmi les puritains et eut un grand retentissement. Capturé par l'armée du Parlement, exténué par la maladie, et, dit-on, par les exhortations d'un puritain acharné à le convertir, il mourut peu après, le 30 janvier Wi[i]. Works, Oxford, 1838, 3 vol. 8°.

924 LARRIKRE SAISON.

rassurer : c'est ce qu'avait deviné Bacon et ce que Jacques ne comprit jamais. Le premier Stuart n'avait pas la même bonne fortune qu'Elisabeth; ses qualités et ses défauts, moins grands, mais très réels les uns et les autres, ne cadraient pas avec les besoins du peuple et les nécessités de l'heure. Honnête et vertueux, Jacques considère que cela suffit; il ne donne aucun soin aux apparences; il laisse les gens se persuader qu'il préside aux ébats do la Cour la ])lus dissolue qu'on ait jamais vue et le rendre responsable des mœurs de ses favoris. Tout le monde est convaincu que, pour réussir près de lui, les grands mérites et les hautes vertus ne sont pas nécessaires; mais il no faut pas manquor de commander au bon tailleur des habits brodés, de plusieurs couleurs; il faut prendre soin de traiter légéromont de toute sorte de sujets et ne pas dire : « Ceci est bien ou mal; mais: si, dans Sa sagesse. Votre Majesté en tondtait d'accord, je penserais, quant h moi... » Surtout il faut faire la cour au favori du moment, Hobert (>arr, futur Somerset; protester que « les étoiles sont des bijoux qui conviendraient jaux oreilles de Carr » ; louer le cheval du roi, « qui surpasse Bucéphalo, est digne d'.Uoxandre, dont les yeux sont do fou ot qui a pour (juouo la cliovoluro do Bérénice* ».

Beaucoup des idées du roi sont justes et saines; il a horreur do répandre le sang; il souhaite la paix ; il a beaucoup lu ; il protège les artistes et les lettrés, les secourt d'une manière autrement efficace qu'Elisabeth; il a, en matière religieuse, des dispositions plus réellement tolérantes qu'aucun de ses prédécesseurs depuis cent ans. Mais ses qualités sont bien moins apparentes que ses travoi-s, ses ridicules et ses défauts, ot la partie la plus saine de la nation

1. Lord Thomas Howard à sir James Harington, 1611. dans Haringlon, .Vmgte Antiqvs^, 1804, t. I, pp. 390 et s.

voit en lui un pédant frivole qui perd son temps à la chasse et gaspille les ressources de l'État en fêtes païennes que Dieu réprouve^.

Plusieurs de ses discours au Parlement sont pleins d'humour, de bonhomie paternelle et de sages conseils. Mais, dans cette sagesse et cette bonhomie mêmes, les députés qui, en d'autres temps, auraient été charmés d'un ton si familier, sentaient percer le dédain. Ce roi paternel les traitait trop en enfants. Or les délégués du peuple se flattaient, tout comme le souverain lui-même, de parler au nom de la patrie et, puisant leurs pensées dans la Bible, d'être, eux aussi, inspirés de Dieu. D'autres, à une autre époque, eussent souri, mais eux s'indignaient en leur cœur quand ils entendaient le roi leur dire leurs vérités d'un air bon enfant : ils n'avaient pas envie de s'amuser. Soyez brefs dans vos discours, observait Jacques (au cours d'ailleurs d'une très longue harangue) : « Ce n'est pas ici le lieu de faire étalage d'éloquence et de perdre le temps à prononcer d'interminables développements oratoires, préparés d'avance ». Avec ce don d'observation qu'on retrouve partout à cette date et qui fait que les œuvres royales offrent grand intérêt au point de vue des mœurs 2, le roi décrit des habitudes qui s'étaient déjà glissées dans les

1. Voir, sur ces fêtes, Nichol's Progresses of King James I, Londres, 1828, 3 vol. 4".

2. Notamment son C outil erblnste to Tobacco: abus du tabac à l'ordinaire, à l'armée où tel soldat se passera plus facilement de pain que de tabac, à table oii les gens s'enfument à qui mieux mieux les uns les autres et mêlent l'odeur de leurs pipes à celle des plats ; dans les boudoirs où la femme aimée offre, avant toute cbose, « de sa belle main », une pipe à son galant. Workes of tlie moslhigh andmightie Prince, James, etc. Londres, 1616, fol. pp. 220 et s. Mais le roi se plaisait surtout aux questions abstruses, pour lesquelles il se croyait un don particulier : sorcellerie, explication de -l'Apocalypse, et autres pareilles {Dxmotiologie ; A Paraphrase upon the Révélation). A Oxford, il discute en latin sur la pierre philosophale : « An aurum artis opéra possit confici ». Nichol, Progresses, t. I, année 1605.

92*i L'ARRIERE SAISON.

parlements de son temps : les membres de rassemblée « devraient avoir, disait-il, scrupule à y venir faire parade de leur vivacité d'esprit, en attaquant, raillant ou l)lAmant, à propos de n'importe quoi, le prince ou le gouvernement, ou en accablant leurs collèg-ues de leui-s traits facétieux : à tout cela, Vordinaire ou le cabaret conviennent mieux que l'aug-uste enceinte du Parlement*». Mais l'heure se faisait solennelle et les parlementaires de Jacques 1" n'étaient décidément pas disposés à rire. Us l'étaient peu surtout quand ils entendaient leur souverain mêler à ses discours, avec la plus malencontreuse persistance, l'énoncé de ses théories absolutistes. Hommes de théories eux-mêmes, ce à cpioi les querelles religieuses avaient habitué le royaume entier, ayant g-rande foi dans les i(b''es, ils notaient avec inquiétu(b' et stupeur les déclarations du prince sur son « droit divin », et tenaient peu de compte des atténuations de fait qu'il ajoutait parfois à ses exposés de principes^. Roi de droit di\'in, Jacques se considérait comme étant lui-môme une sorte de personiiag:e divin qu'inspirait la sagreSse céleste, conviction dans laquelle le confirmaient les honmiag'es unanimes des grands, des prélats et des lettrés. « Rappelez-vous, écrivait-il à son fils, que Dieu a fait de vous un petit Dieu, et vous a appelé à vous asseoir sur son trône et à gouverner les autres hommes ». C'est du haut du trône même de Dieu (ju'un roi parle à ses sujets. Et, s'adressant aux représentants de la nation, au coure d'une séance solennelle en Parlement, il leur disait : <• Les rois ne sont pas seulement les lieutenants <le Dieu sur la

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