CHAPITRE VII
1. Le drame classique et ue drame suakespearien. — Deux systèmes opposés : l'un choisit, l'autre entasse. — L'un montre et l'autre
cache « ce qu'on ne doit point voir ». — Mais identité dobjet : plaire. — Plaire toutefois à des publics différents. — Shakespeare satisfait les goûts de son public sans chercher k les ré Former. — Insuccès relatif de Jonson, partisan des règles. — Quand les goûts de Shakespeare diffèrent de ceux de la foule, il sacrilie les siens. — Ce qu'aime la foule. — Complications, surprises, contrastes. — Indifférence à la Térité historique et géographique, à la » couleur locale », à la vraisemblance. — Fréquence des événements invraisemblables dans la réalité. — Manque de retenue; splendeurs lyriques hors de prof)os. — Le mauvais goût, moyen de plaire. — Facéties, disputoisons, calembours. — Minutieuses explications pour que le public comprenne. — « Je suis le traître » 683
II. Le don de vie. — Comment Shakespeare anime la claie brute ou le mannequin. — Puissance et étendue de ce don. — Une fois créés, ses personnages s'imposent et plaident leur cause. — Ne pas attribuer facilement à Shakespeare les opinions de ses personnages 709
III. Puissance dk\iiatique, mise en oeuvre de la matière première.
— Itecherche des sujets à succès. — La majorité de ses modèles sont d'anciennes pièces. — Sa bibliothè<iue théâtrale : elle contient surtout des ouvrages courants. — Son peu d'intérêt pour l'ancienne littérature anglaise. — Il préfère les données compliquées, et complique les données simples. — Importance pour son public de l'abondance des incidents. — Respect habituel du précédent, même incohérent ou invraisemblable "14
Recherche des effets et contrastes. — Grossissements et ainoiadrissemcnts. — Peintures [>oussées au clair ou au sombre. — Revêtement lyrique de la donnée mauvaise ou bonne. — Exemple du preraiter cas, Hainlet. — Caractère d'IIamlct, un compliqué, mélancolique, incapable de faire, les yeux ouverts, un acte violent.
— Claudius; la famille Polonius; incohérences et contradictions.
— Le paysage. — Exemple du deuxième cas. Othello, la pièce la mieux construite du théùtre shakespearien. — Développement inéluctable de la tragédie; Othello, lago et Desdémone 720
IV. Le comique. — .Mélange du grave et du plaisant, individus et non caractères.— Absence de règles. — Grossière et fine plaisanterie; caricatures et portraits. — « Wit combats ». — .<pemantus, Rosalinde, Béatrice. — La vie quotidienne, la province. — Falstaffà Londres et :\ Windsor. — Le juge Sliallow, les familles Page et Ford. — La lin de Falstaff 734
V. L\Ri.sMEET MIT LITTÉRAIRE. — Langage de Shakespeare : il n'est retenu par aucune règle. — Idéal et vulgarités, effets d'opposition.
— Choix et réserve cla.ssiques. contrastes shakespeariens. — Accents lyriques. — Variété de ton et do style. — Vocabulaire et accouplements de mots. — Les images. — Beaulôs, surcharge et
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mauvais goût 743
Le versnormalde Shakespeare.— Libération graduelle. — La rime et le vers blanc. — Les enjambements. — Le nombre des syllabes. 750
VL Renommée posthume. — Le « premier in-folio». — Mode de publication et contenu. — Vers liminaires. — Succès modéré. — Lent accroissement de la réputation de Shakespeare. — Louanges et remaniements :Dryden, Davenant, Shadvvell. — Tableaux de la littérature où il est omis. — Renommée grandissante au xviii" siècle, le Spectator. — Les éditions par Rowe, Pope, Theobald,
Johnson, etc. — La religion de Shakespeare, Garrick 752
Renommée sur le continent. — La France fournit les premiers adhérents au culte; journaux littéraires, Prévost, La Place. — Voltaire pour et contre Shakespeare. — Le Tourneur, Ducis; les romantiques. — Shakespeare en Allemagne, critiques, exégètes, traducteurs 756
Renommée contemporaine universelle. — Études au microscope. — La Renaissance italienne et le génie de Shakespeare 762