‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 36 sur 290 · Voir t. I, p · texte numérisé non relu

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et quoi qu'ait pu faire le roi. C'est une voix autorisée, un savant, un homme illustre qui parle; son œuvre ne reste pas en manuscrit pour l'édification du petit nombre comme celle de Starkey. Elle est imprimée et circule « avec privilège )) ; elle sort des presses de Thomas Berthelet, imprimeur royal ; elle est remarquable à toute sorte de titres : c'est une des pages les plus éloquentes que compte, à cette date, la prose anglaise : « Faites, dit Cheke aux mécontents, l'hypothèse que vous voudrez ; supposez que vous l'emportiez... Mieux vaut être tué que vaincre quand on se bat contre son roi. Mais imaginez cependant que tout vous réussisse. Pouvez-vous réussir si bien que beaucoup d'entre vous ne pleurent? Le vaincu pleurera, dites- vous? Croyezvous que le vainqueur ne pleurera pas aussi? Pensez-vous qu'il puisse y avoir de la joie dans le cœur de gens qui sauront que Dieu les hait et que le monde les abhorre? Trêve à nos divisions , trêve à nos divisions ! Voyez le bien que la concorde peut faire parmi les hommes. La concorde les a réunis alors qu'ils erraient, sans foyers, dans la crainte les uns des autres. La concorde a fait les lois, la concorde a bâti les villes... la concorde a introduit tous les métiers honnêtes... Tous ceux qui craignent Dieu, tous ceux qui veulent lui plaire diront comme moi : nous voulons la paix, nous ne voulons pas de dissensions; nous avons vu souvent le bien qui vient des disputes, le bien qui vient des changements. Nous avons été, à certaines époques, transformés de Bretons en Saxons, de Saxons en Danois ; les Normands ont été nos maîtres : nous avons perdu à chaque changement. Nous garderons notre force pour une autre saison, nous attendrons une meilleure occasion, nous ne saurions en tous cas en trouver une pire pour dépenser notre sang. Ne réjouissons pas nos ennemis en nous détruisant les uns les autres. . . Soyons unis ; Dieu sauve l'Angleterre telle qu'elle

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est! si tous les Anglais disaient ainsi, je suis sûr que Dieu répondrait : Amen* ».

De Londres encore, de son milieu marchand, de ses comptoirs sort le ministre qui contribua le plus à établir le pouvoir despotique du roi, ce « marchand aventurier » s'il en fut, Tliomas Cromwell,

Dans toute TEurope, à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, le besoin d'une réforme ecclésiastique se faisait sentir; ce besoin était à la fois politique et religieux.

Avec une ardeur de plus en plus grande, les peuples et les rois souhaitaient d'être maîtres chez eux et voulaient se soustraire à la domination de ce siège apostolique de qui,

1. A Pat tbe case as yoa woU, ymagine you liave the better hande, bave bc it, helter it is to l>e kylled tbanne to conquore, fighlyng agevitst yaur prince. Yel ymagin every Ihinge go on your side as yon désire. Can il chance 8o well l)ul many of you inust wayle? He Ihat is oTercome shall \\e\w ye saye. Trowe you Ihat Ihey shall laugh Ihal wynnePThynke you niyrthe can l>e within theyin thalevermore shall Ihynke God halelh them? the world abhorrelh Ihein? Lclle us agrée, lette us agrée, let us see wlial good concorde anionge^ mcn dolh. Concord brougbt them togelber, that wnndered without places ever in fere one of Ihother. Concord inade lawes, concord buiided ciliés... concord brought in ail honest crafles... Ail tiial feare God, ail that love bis favour wyl say as I do : >ve woll peacc, \ve woli no dissenlion, we bave ofl sene the good that comelh of rufllynge. the goud thaï coineth of cbaungynge. 'Wc hâve bcn soinc tyines tourned froin Brytones inlo Saxons, frouj Saxones inlo Danes. The Nonnans hâve ben our Governour.>. We bave ver chaunged for the worse. We woll kepe our strenglh for another season. We shall bave a belter tyme, a worse quarrell >ve can not bave, lo spende our blonde in. We woll our ennemies laugbe no( al our distrurlion... We woll be frendes, God save Englande as il is, if ail Englyshe inen say so to, I ain sure God wyl saye Amen ». .1 Hemedy fur Sédition ivlicrin are conleyned many thynges, concernyngc the true and loynll obeysnnce that rominens owe unto their prince and soveraygne torde the Kynge, Londres, lâ36, 4'. Du même : The hurt of Sedicion, Londres, 1549, 8".

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