‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 44 sur 290 · Elk> le fut |>ar le statut de 153i, 2G lien. VIII, ch. i · texte numérisé non relu

Elk> le fut |>ar le statut de 153i, 2G lien. VIII, ch. i

Henri avait mesuré sa force et l'impuissance d'autrui; débarrassé de Wolsey et de More, il avait en mains deux instruments admirables pour sa politique de bon plaisir : Thomas Granmer et Thomas Cromwell, souples tous les deux, l'un comme un jonc, l'autre comme une lame d'acier.

Granmer est l'archevêque à tout faire i. Sa conscience est sans voix ; il procure au roi toutes les commodités religieuses dont il peut avoir besoin. Des paroles prononcées à propos en faveur du divorce ont attiré de bonne heure sur lui l'attention du maître ; il avait recommandé un procédé pour sortir de difficulté et se passer du pape : l'appel aux docteurs des Universités d'Europe. Il était fécond en ressources, plus encore que Wolsey ; quel que fût l'embarras, il trouvait des procédés pour en sortir. De cœur avec les protestants, il accepte néanmoins les plus hautes dignités catholiques ; il épouse, au cours d'une ambassade en Allemagne, la nièce du réformé Osiander et ne se laisse pas moins conférer l'archevêché de Gantorbéry; il tait son mariage et cache sa femme, reçoit le pallium de Rome, prête les serments d'usage, mais déclare secrètement qu'il réserve sa liberté. Lors de son procès, ses juges sont fondés à dire : « Entendez-vous, braves gens, ce que raconte cet homme? Il fit une protestation, un jour, de ne jamais observer ce qu'il jurerait le lendemain. Est-ce là agir en chrétien^ »? Archevêque, primat d'Angleterre, il tend àla malheureuse Gatherine d'Aragon des pièges juridiques grâce auxquels il peut rendre contre elle, par contumace, une sentence qui fait de la reine une concubine et de sa fille une bâtarde ^. Puis il

1. The Remains of Thomas Granmer, éd. H. Jeakyns, Oxford, 1833, 4 vol. 8". Œuvres publiées par la Parker Society, éd. Cox, 1844 et s.

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