Nicholas Wotton au roi, 12'août 1539, Ibid., MI
2. Letters and papers foreign and domestic of the reign of Henry VIII, t. XV, 1896, pp. 391,394.
3. « It shall be high treason by word or deed to accept, take, judge or believe thti said marriage lo begood ». 32 Hen. VIII, ch. xxv.
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et Gregory Cromwell fut admis, quatre mois plus tard, à porter le titre de baron Cromwell qu'avait eu sim père.
Il est dit dans le Prince^ au chapitre xvii, que quand le maître est oblige de tuer quelqu'un, il faut qu'il se garde de toucher à son héritage, « parce que les hommes oublient plus vite la mort de leur père que la perte de leur patrimoine * » .
Obligés de se conformer à la volonté du roi, l'archevêque et le ministre avaient réalisé surtout des changements politiques, les seuls auxquels tenait le roi. .Mais autour d'eux, dans le royaume et hors du royaume, quantité de réformés anglais, instruits, actifs et d'humeur indépendante, sans négliger la politique, se préoccupaient des questions de foi et attaquaient les anciens dogmes avec une ardeur furibonde. Us écrivaient et prêchaient sans cesse, au riscjue de se faire emprisonner et brûler; ils cherchaient à semer les nouvelles doctrines par leurs prédications peu mesurées et par les pamphlets que des typographes, ignorant l'anglais, imprimaient pour eux à la diable, à Bâle, Zurich, Strasbourg, Marbourg et même Paris ^. L'effet toutefois ne répondit que lentement à leurs etl'orls; ils effaraient les esprits par leur violence et le radicalisme de leurs thèses : les bons semeurs s'abstiennent de gestes désordonnés.
La querelle était d'ailleurs trop embrouillée pour que la masse du peuple comprit; il acceptait volontiers la Bible
1. « Gli buomini diincnlicano più presto la iiiorle del' padrc cbe la perdit^ del patriiDonio ». Il Principe, Rome, 1532, fol. Î2.
2. Début d'un traité de Hooper, imprimé à Zurich, l.'>47 : « For asmoucbe, as ail iiiigbtye God of bis infiiiit merc>e and Goddenys prep.iryd Ameancs wherby Adame and bis postérité... » Earltj icritings ofBùhop Hooper; Parker Society, p. iv.
longtemps désirée, mais non, d'abord, les nouvelles doctrines; il continuait à cultiver son champ, comme il avait fait pendant la guerre des Deux Roses, laissant les champions des partis contraires mener grand tapage et échanger force horions. Les apôtres du seizième siècle n'y manquaient pas; à la guerre, comme à la guerre! tous les moyens leur étaient bons : calomnies, potences et bûchers. Si le livre, au nom duquel on se battait, avait contenu le précepte : Brûlez- vous les uns les autres, on n'eût pu faire pis. On se brûlait donc les uns les autres, « en la manière accoutumée », disait le statut; il se trouvait, dans le même pays, des juges et des bourreaux pour Forest le catholique, comme pourBarnes le protestant. L'immense littérature en langue vulgaire consacrée à ces débats est encore aujourd'hui horrible à lire, tant elle est constamment haineuse et tant les paroles de paix y sont rares. Luther a donné le ton à la querelle; les disputants se traitent, à son exemple, de « sodomites », « pourceaux » et « charognes »; les plaisanteries sont lourdes et enfiellées; Luther appelait le pape « Satanicissimus Pater ^ »; on lui répond d'Angleterre sur le même ton; on lui parle beaucoup de sa femme, « cette prostituée ». Tout est de mise pour nuire à l'adversaire; il faut le tuer, si l'on peut, lui et sa doctrine; si l'on ne peut, les montrer ridicules et méprisables. Tactique, hélas! bien humaine; absurde mais d'efiét certain : on rend une doctrine responsable des ridicules de son défenseur; la doctrine paraîtra moins bonne si le défenseur a une verrue sur le nez. Pour prouver qu'il y a trois sacrements et non pas sept, on parle du dévergondage des frères; pour prouver qu'il y en a sept et non pas trois, on parle de Catherine Bora.