Ellis, Original Lelters, 2* série, t. II
2. Sandys à Burghley, 5 septembre 1572, Ellis, Original Lciters, II, m, 25.
3. Fotheringay, 2 février 1586-7. Letter-book ofsirA. Poulet, éd. Morris, London, 1874, p. 361. Il répondait à une lettre de sir F. Walsingham du 1" février, reçue le 2, à ciuq heures du soir, et réclamant une réponse « wilh ail possible speed » ; la réponse fut expédiée à six heures.
l'événement par de faux bruits : Marie s'est échappée ; elle a levé une armée , elle a mis le feu à Londres. Les masses auront pris leur parti de sa mort bien avant de savoir que ces fausses nouvelles n'étaient pas vraies '. Quant au fils de la victime, Elisabeth lui écrit, de sa main, pour déplorer « le fâcheux accident qui, bien contrairement à ses intentions », est arrivé; elle en est « innocente », ayant, sans doute, signé le warrant, mais croyant accomplir une formalité sans importance et non pour qu'il eût son effet. « Je ne dissimule jamais ; je n'ai pas l'esprit si bas... Vous n'avez pas au monde une parente qui vous aime davantage '^ ».
Prenant le plus de précautions possible et demandant peu îV la fortune, Elisabeth compte que ce peu ne lui manquera jamais : de là son indomptable confiance en elle-même et en sa bonne chance. Les événements lui donnent raison. Autour d'elle on craint l'Armada; elle ne peut croire à un réel danger; elle est sûre que, de fa<,'on ou d'autre, par l'effet d'opportunes temptHes , ou par le courage de marins, mai vêtus, mal nourris, qui mourront après de maladie et de misère, la gloire de Philippe et le danger d'Albion s'en iront en fumée : et il en fut ainsi.
« Certes, c'est une grande reine », disait, quelques mois avant, un bon juge, le pape Sixte-Quint; « si seulement elle était catholique, ce serait notre préférée ; voyez comme elle gouverne bien; elle est femme; elle n'est maltresse que de la moitié d'une lie, et elle se fait craindre de l'Es-
1 . Lettres du maire et des aldermen d'Exeter pour demander s'il est vrai que Marie Stuart se soit évadée, 3 février 1586-7; pour demander si Londres a été incendié, 4 février (dans Ellis, Original Letters, II, m, pp. 106 et s.). -L'exécution est du 8. Uans la capitale, la mort Ac Marie était instamment réclamée; dès que la nouvelle en tut connu», les habitants allumèrent des feux de joie, sonnèrent les cloches et tirèrent le canon. Calendar of State papers... in Venice, VIII, p. 484.