Sermons sur Jonas, 1550, Eai'ly Writings, 1843, p
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sique, qui régnait à Genève. Cette fusion de contraires, amalgamés tant bien que mal, et qui constitue l'Église « établie » (expression employée dès lt)03), convenait au plus grand nombre. L'expérience Ta prouvé; Elisabeth en eut le pressentiment ; mais on aurait pu s'y tromper, si violente fut l'indignation des partis extrêmes quand ces projets, d'abord difficiles à saisir, prirent forme et consistance.
Les trouble-fêtes étaient, en elTet, nombreux, bruyants, agressifs, hostiles les uns aux autres et prenant leur mot d'ordre au dehors, à Rome ou (icnève. Le collège ou séminaire anglais, fondé à Douai* en 1568, par le savant Allen, futur cardinal, envoie en Angleterre d'innombrables émissaires, instruits et énergiques, célébrant la messe en secret, réchauflant le zèle des croyants, nouant d'innombrables intrigues, répliquant aux pamphlets protestants, et mourant dans les supplices avec un courage contagieux.
Les extrêmes du parti protestant n'étaient pas plus faciles à régir; l'autorité avait peu de priso sur eux : ils ne reconnaissaient aucune autorité. Les évêqucs et archevêques de la nouvelle Église étaient, à leurs yeux, des imposteurs, munis d'un pouvoir que l'Évangile ne justifiait pas. Ils entendaient, eux, ne se soumettre qu'à la seule parole de Dieu; non pas à celle des prélats ou à leurs injonctions, avertissements et articles. Beaucoup avaient séjourné A Genève et avaient admiré l'église sans évoques dirigée par
1. Transféré à Reims en i:)"8, à la suite des troubles survenus dans les Pays- Ras et les Flandres; ramené en 1593 à Douai où il subsista, sans interruption, jusqu'à la Révolution française. Un autre collège anglais, organisé à Rome, avec l'assistance d'Allen, par le pape Grégoire XIII, et qui existe encore, envoya aussi en Angleterre quantité de ces « seminary priests w contre les(|uels sévissait une législation de plus en plus rigoureuse. Allen, •• le cardinal d'Angleterre u, brillant élève d'Oxford et frllow d'Oriel, auteur de nombreux traités, en anglais et en latin, en faveur de la religion catholique, mourut A Rome en 159f. Il avait été fait cardinal en 1587, en vue d'assurer le fonctionnement du catholicisme en Angleterre après le triomphe de l'Armada.
Calvin et une société civile toute pénétrée et imprégnée de religion. Ils trouvaient dans le Parlement, dans la Cité, à Oxford et à Cambridge, à la Cour même, de puissants appuis. Le grand favori de la reine, Leicester, était pour eux^ : ses motifs d'hostilité contre les prélats n'étaient pas tout à fait les mêmes que les leurs. Leicester aimait les puritains comme un chasseur aime ses chiens ; il les excitait contre la proie, comptant se l'approprier; et, à l'exemple des gens de Cour depuis le commencement du siècle, il souhaitait réduire les évèques à la pauvreté évangélique afin d'augmenter ses richesses mondaines. Le groupe puritain comprenait quelques-unes des lumières de l'Angleterre, tel Cartwright, latiniste, helléniste, hébraïsant, ou Whitaker, maître du collège de Saint-Jean à Cambridge. Leur force était grande, leur audace extrême, et l'on avait vu, dès la première heure, par l'exemple du fougueux réformateur écossais, John Knox, jusqu'où leurs exigences pouvaient aller. « Dieu nous préserve, écrivait l'archevêque de Cantorbéry, Parker, en 1559, d'une organisation comme celle que Knox voudrait établir en Ecosse, où le gouvernement serait aux mains du peuple- » ! Bien loin d'accepter les lois faites par autrui, les puritains entendaient imposer les leurs ; et rien de plus naturel puisque les leurs étaient celles de Dieu; qu'ils se flattaient de ne rien inventer, mais de tout
1. Il avait été d'abord pour les catholiques; il espérait, avec leur appui et celui de l'Espagne, pouvoir épouser la reine, appui qui aurait été payé du rétablissement du catholicisme en Angleterre, 1561. (Il était veuf, alors depuis quelques mois, de sa première femme, Amy Kobsarl.)
2. Parker à Cecil, 6 novembre 1559. {Correspondence of Parker, 1853 p. 105). Plus tard, en 1588, le puritain Udall fait parler un évoque anglican ainsi : « The puritanes in Scotland hadd got up their discipline and utterly overlhrowen ail the sovcraigntie of byshopps, by which they prevailed so mightilie that we feared our fall in England shortly to ensue ». The state of the Church of England, autrement dit Diolrephes, dialogue réimpr. par Arber, p. 7. Dans ce dialogue la doctrine puritaine est défendue par Paul, qui n'est autre que saint Paul lui-même.
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puiser dans la Bible, et que leur confiance en eux-nièmos ne faisait qu'un avec leur confiance en Dieu. Knox est sûr de lui ; ce qu'il dit, c'est Dieu qui le lui inspire : ce que disent les autres, c'est « Satan »qui le leur souffle. Tout est permis pour le service de Dieu tel qu'il l'entend ; il raconte, dans sa mémorable Histoire de la Réforme, le massacre du cardinal Beaton et ajoute en manière de conclusion : «Ces choses, nous les écrivons galment' ». Il rêve d'une Ecosse qui serait comme une immense Genève, dont Knox peut-être serait le Calvin. Et cela se conçoit, puisqu'il est en relations directes avec Dieu : « J'ai été désigné par Di<'U, dit-il à Marie Stuart. pour dénoncer les péchés et les vices de tous... Fréquentez mes sermons publics, et vous ne serez pas longue à comprendre ce que j'aime et ce que je n'aime pas dans Votre Majesté et dans les autres ». Ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas, voilà ce qui doit guider la conduite des rois et des peuples-. II entretient en son pays des troubles dont Elisabeth ne s'affligeait guère; mais l'exemple avait quelque chose d'inquiétant et ses doctrines donnaient à réfléchir. La dernière année du règne de Marie Tudor, et sans songer au lendemain, il avait embouché sa retentissante trompette et démontré, avec force citations bibliques, que le gouvernement des empires par les femmes était une monstruosité , contraire à la volonté divine : « Le même Dieu qui a refusé aux mains la parole, au ventre l'ouie, aux pieds la vue, a
1. «Thèse tbingis we wreat mearelie •. History nf the Heformatioun of'religioun within the reaime of Scotland. — Works, éti. Laing, Edimbourg. 1846, 6 Tol. 8», t. I, p. 180; l" éd. (incomplète), Londres. l.".8»i ou l.'iS?, 8". L'assassinat de Rizzioest, pour Knox. un « jti.st act, most worthy of ail praise ». Ibid., p. 235. L'ouvrage est pluliM un paniphicl qu'une histoire, et Knox s'en cache a peine. Les contemporains, les amis mi^me de Knox. trouvèrent qu'il pas^it la mesure. liuchanan écrit : « Asto muister Knoks, his Historié is in hys friendis handis, and thai ar in consultation tomitigat sum part theacerbite of certaine wordis », 6 août 157!. Ellis, Original Letters,3' série, t. III, p. 374.