‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 74 sur 290 · Blumlicld, ibiil., p. é.'i · texte numérisé non relu

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sons é.evées partout de nos jours en cette ile, et moins faites pour durer, à ce qu'il semble, que pour étonner le regard, comme si elles étaient en papier découpé' «.Et, se tournant vers le temps de Jamais, comme d'autres visitent le pays de Nulle Part, il regrettait l'époque des robustes ancêtres, à qui le luxe était indifférent, qui réservaient les oreillers aux femmes en couches et se contentaient, pour eux-mêmes d'une bonne bûche ronde sous la tête. Mais quoi? le confort s'est répandu; la « toison d'or » a produit ses effets; le simple fermier n'est plus un misérable, tremblant pour le lendemain; le prix des fermages s'est accru dans des proportions extraordinaires, mais le revenu du sol a augmenté encore bien plus. Non seulement les châteaux, mais les maisons campagnardes ont pris cet air prospère qui s'étend maintenant à tout le pays. Le fermier « a son dressoir bien garni de plats et brocs d'étain; il a trois ou quatre lits de plumes, autant de couvertures et courtepointes de tapisserie, une salière, un bol à vin et douze cuillers pour aller avec, le tout en argent ». Jadis un jeune ménage économisait sept ans pour acheter son premier matelas-.

Chose plus remarquable encore, non seulement le fermier sait lire, mais il a le goût de la lecture; dans ses bahuts il a des livres; le marchand de Londres, le petit détaillant même en ont aussi; l'explorateur et le pirate qui partent pour Meta incognita en emportent, et les compagnons de Frobisher se félicitent de l'absence de nuits dans les étés du nord, parce qu'ils peuvent lire sans chandelle, à leur récréance. Un maçon du temps d'Elisabeth, et qui

1. « Rather curious to the eie, like paper worke, Ihan substantiall for continuaace ». Description ofBrilaine, éd. Furnivall, p. 268.

2. Ibid., pp. 240, 241. Même témoignage chez Hentzner : « Tegumenta lectorum sunt tapetia etiam apud rusticos ». Itinerarium, p. 156.

figura dans les fêtes de Kenilworth, possédait des histoires d'Arthur, Isumbras, Gauvain, et beaucoup d'autres romans de chevalerie ; Gargantua, liobin Hood et des contes joyeux de toute sorte ; des poèmes satiriques ou charmants, comme VElynour Rummynge de Skelton ou la Nut Broivn Maid; des poèmes allégoriques comme le Vaisseau des fous de Barclay, des pièces de théâtre comme Jeunesse et Charité et Hickscorner; des chansons à n'en plus finir, imprimées sur feuilles volantes et « reliées par lui-même au moyen d'une corde à fouet' ». Que les lettrés deviennent noml)reux, ils auront un public immense, et qui ne sera pas fait seulement d'une cjasse choisie, mais comprendra toute la nation. Il faudra plaire, et se donner aussi quelque peine pour être compris. Clercs et bourgeois, fermiers venus à la ville, capitaines de navires à la veille de prendre la mer, se pressent dans les salles de spectacle, à Southwark, et se coudoient devant les boutiques de libraires au cimetière de Saint-Paul.

1. Faits et gestes du a caplin Gox... by profession a mason », dans Lane' fiam's Leller, 1575, éd. Furnivall, p. 28, et commentaire du même, pp. xii et 8.

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