Yverdon, 1619, V, p. 876. (1° éd. Coligny
Londres. « Pourquoi faut-il, s'écriait Drayton, que la nature avare nous ait resserrés sur nous-mêmes, faisant que les nations étrangères n'aiment pas notre langue*? » — « Ah! si l'océan, écrivait Daniel, en vers éloquents et quasi prophétiques, ne bornait pas le renom de nos lettres aux limites étroites que trace autour de nous la mer, et si la mélodie qui s'élève de notre île harmonieuse pouvait être entendue jusqu'aux bords du Tibre, du Pô et de l'Arno, on verrait alors combien la musique montant des champs de la Tamise surpasse celle de Tltalie décadente... Quelle main rompra nos barrières, agrandira le domaine de nos esprits... plantera les roses d'Angleterre jusque sur l'Apennin? Le Rhin, la Loire, le Rhône connaîtraient alors nos chants et les merveilles de notre terre, et tous pourraient lui rendre un tribut d'admiration », goûtant les vers immortels de Sidney et de Spenser. « Mais si la fortune jalouse rejette ce vœu, n'importe; enferme, ô Neptune, des flots de l'océan, ce trésor dans nos terres; que ces douces richesses nous soient réservées ; qu'elles soient perdues pour les autres ''! »
En attendant, les conseils pleurent ; sans que le continent le suspecte, la nation a le génie ; elle a l'instrument : une langue admirable; il ne faut pas que les préceptes manquent. Prosodies et traités de littérature se succèdent, pleins d'enseignements, de faits curieux, de bons conseils