‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 87 sur 290 · A préface or rather a briefe Apologie of Poeirie · texte numérisé non relu

A préface or rather a briefe Apologie of Poeirie

et un Paslor fido, à Londres, en italien'; un aussi pour protester, s'indigner et réitérer, d'année en année, les objurgations des censeurs contre les diaboliques inventions italiennes, contre ces livres licencieux « qui remplissent les boutiques de Londres » et dont l'un fait plus de mal que dix sermons à la Croix de Saint-Paul ne font de bien 2.

Beaucoup de courants et de contre courants, un grand choc d'idées, les étrangers mieux connus, le vieux fond national rajeuni, la patrie excitant un enthousiasme sans exemple, les questions d'art littéraire, discutées avec l'ardeur qu'on réservait naguère aux réformes religieuses, aux taxes nouvelles et aux problèmes politiques, une émancipation générale et un éveil des esprits, même dans les basses couches de la société : plus nous étudierons les trente dernières années du siècle, plus ces tiaits finpprront le regard.

Un autre phénomène étonne le spectateur davantage encore : c'est la richesse, la variété, l'incroyable fécondité littéraire de ce pays, naguère si en retard, et dont les poètes principaux, représentant un demi-siècle d'efforts, avaient tout juste fourni à Tottel le contenu de son mince recueil. Tottel avait noué, pour les amis des muses, un bouquet qu'on pouvait tenir dans la main ; et maintenant les fleurs couvrent la terre, grimpent aux fa(;ades des maisons, enguirlandent les balcons, couronnent les toits, entourent les cheminées; elles poussent au bord de fosst's, entre les pierres des rues; il en sort de toutes pâles, mais

1. // Pastor Fido, de Guarini et Aminta, du Tasse en italien, Londres, 1591 (trad. anglaise du Paslor, par Djmock 1002).

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