Ellis, Original Letters, F° série, t. II, p
2. Assej-lio septem Sacramentorum adversus Martinum Lutherum xdita ah invictissijïio Anglix et Francix rege et domino Ilybernise, Henrico ejus nominis octavo, Rome, 1521, 4° (et Londres, Pynson, 1521); en tOte, l'attribution d'indulgences au lecteur, la lettre de Léon X accordant au roi le titre de Défenseur de la Foi, l'épître dédicatoire du roi au pape, et une préface.
3. John Clerk à Wolsey, 1521. Ellis, Original Letters, 3* série, t. I, p. 256.
la fin du volume, de la main du roi, et qui étaient de Wojsey'. Le livre sera envoyé par le pape lui-même à tous les rois de la chrétienté; chaque lecteur gagnera dix ans diudulgence, Henri sera le modèle des princes, le « Défenseur de la Foi ». Voulant, dit le pape, « orner ta Majesté d'un tel titre que les chrétiens de tous les temps comprennent la reconnaissance que nous épouvons pour le cadeau ollert par ta Majesté, surtout à un pareil moment. Nous, qui occupons, après saint Pierre... ce siège sacré d'où émanent tous les titres et toutes les dignités..., avons décidé d'accorder à ta xMajesté le titre de Défenseur de la Foi... ordonnant à tous les fidèles de donner ce titre à ta Majesté, et, lorsqu'ils Lui écriront, d'ajouter au mot Roi, les mots Défenseur de la Foi ». Seule, de toutes les injonctions papales, celle que formulait ainsi Jean de Médicis, du haut du « siège sacré d'où émanent tous les titres et toutes les dignités », est encore obéie en Angleterre.
Henri est fort pieux; il consacre beaucoup de temps aux affaires de religion; « il entend trois messes chaque matin les jours où il chasse, et cinq les autres jours » ; mais, en véritable prince de la Renaissance, il s'intéresse à toute chose, à la guerre, à la marine, aux découvertes lointaines, à la. musique; il joue de plusieurs instruments, chante à livre ouvert, compose des chansons, airs et paroles-; il s'oc-
1. Ce que montre une lettre de '^'olsey au roi, lui laissant « the choys«' of cerlyne versis to be writtcn in the booke to be sent to the Pope of jour itwn hande, with the subscri|)(ion of your name ». Ellis, ibid., p. 2r>9.
7. Ms. addit. 31922, au British Muséum : recueil de chansons, avec musique, par NV. Cornysshe, D. Coo|x>r et autres. Quelques-unes seraient de « The Kjngf n. VIII ■•; lune d'elles est en français (ou peu s'en faut} :
Adew madam et ma mastres, A dcw mon solas et mon joy.
(fol. 14). François I" était aussi poète et musicien, ce qui contribuait à entretenir ces goûts chez Henri VIII. Voir Poésies du Hoi François I" (un morceau de musique en far*siinile). éd. riiam|X)llinn-Figear. Paris IsiT. i-.
LA RExNAlSSANCE EN ANGLETERRE. 39
cupe de médecine, protège et retient en Angleterre l'Italien Gemini, vulgarisateur de la science de Vésale, et qui a « parfaitement dessiné dans son livre tous les os, articulations, veines, artères, nerfs, muscles, chairs, tendons et ligaments du corps de l'homme^ ». Il invente lui-même des recettes contre la peste : on prend une poignée de soucis, une poignée d'oseille, etc., etc., et on guérit, « s'il plait à Dieu- »; il suit, du reste, pour son compte, une autre recette qui consiste à quitter rapidement les villes où se déclare le lléau. Il recherche les curiosités des pays lointains; un navire vient de l'Inde et lui apporte « d'abord deux chats musqués, trois petits singes, un singe-marmouset... de plus une caisse de noix de l'Inde qui en contient quarante plus grosses que le poing d'un homme, et trois pots de terre peinte appelée Porseland (porcelaine) ^ ». Il envoie, au cours de son règne, quérir des artistes étrangers : <( Il se délecte maintenant, écrit l'ambassadeur de France, en peintures et broderies, ayant envoyé gens en France, Flandre, Italie et autres pays, pour recouvre maîtres excellents en cet art, et aussi musiciens et autres minis-
1. Dans sa dédicace à Edouard VI d'une traduction anglaise de son ouvrage (publié d'abord en latin, à Londres, en 1545 : abrégé de Vésale, rédigé à la demande du roi), Gennini affirme qu'Henri Vllï lui avait rendu ce témoignage en propres termes. La traduction est l'œuvre de l'auteur lui-même, assisté par le savant Nicolas Udall : « As I am not my selfe so perfeict and experte in Ihe Englisbe lounge that 1 dare waraunt or trust myne owne dooynges 1 bave used the studious peines of Nicbolas Udall and certain other learned men », Compendiosa totiits anatomie deUneaiin xm cxaraia, perThomam Geminnum, Londres, 1553, foi. (en anglais). L'ouvrage de Vésale {supra pp. 8,24) renfermait de superbes gravures sur bois que (îemini n'a guère fait que transporter sur cuivre. L'abrégé «le Gemini fut Iraduit en français par J. Grévin : Portraicts anatomiques, Paris, 1509, fol. Cf. The. Anatomie of the Bodic of vian, bu Thomas Vicanj, 1548; éd. F. J. et F. Furnivall, Earhj Engl. Text Soc. 1888.