Ibid.y p
3. Il en publia, pour sa défense, un récit où il décrit, en style simple et énergique, tout ce qu'il a vu ou cru voir (y compris des huftres qui pousseraient sur les arbres, conformément aux assertions de Pline), et où il se garde d'omettre les inévitables flatteries à la reine, qui est « lady of ladies ». comme Dieu est a lord of lord» ». Discoverie of Vie large, rich and bewliful Eiw
Ses premiers vers furent des jeux d'esprit; ses derniers, le soulagement d'une âme oppressée que la vue des tragédies humaines avait fini par tourner vers la mélancolie. Dans sa jeunesse triomphante, il se plaisait aux gentillesses compliquées, du plus exécrable mauvais goût; il jouait avec les mots et les sentiments. Puis la pensée s'assoml)rit; une note de tristesse désabusée, perce, grandit, enfin emplit l'œuvre. Elle paraît déjà dans sa réponse au fameux : <( Come, live with me », de Marlowe. Pour lui, comme pour le Jacques d'^.ç you like it, la vie est une comédie, le monde est un théâtre, les acteurs feignent et mentent 1. Il envoie son âme à travers le monde dire ce qu'ils sont aux potentats, aux courtisans, aux gens de lettres, aux gens d'Église, avec ce refrain, à chaque strophe : (( et s'ils protestent, dis-leur qu'ils mentent », triste refrain, glas des vanités de la vie que lui-même s'apprêtait alors à quitter. Beaucoup de ses poèmes sont d'un homme à la veille de mourir sur l'échafaud ; et, avant d'y monter réellement, il vécut en effet, pendant des années, sous le coup d'un arrêt toujours exécutoire. La pensée est alors tantôt recueillie à l'approche du repos éternel; tantôt âpre et sarcastique au souvenir de l'incertaine justice humaine. Çà et là reparaît, jusque dans les plus beaux passages, l'indomptable mauvais goût des rimeurs d'alors.
Plus jeune de deux ans et destiné, lui aussi, à une fm tragique, mais sur le champ de l)ataille et non l'échafaud, Sidney, poète, ambassadeur, membre du Parlement, courtisan, soldat, est la figure la plus attachante de son temps ;
pire of Guiana, 1596, dans Works, éd. Oldys et Birch, t. I. Pour la fin de sa vie, voir infra, p. 887.